Gare au manga

La maison aux insectes et Le vœu maudit : les histoires courtes de Kazuo Umezu

Publié en France chez Glénat dans le milieu des années 2000 avec des titres comme L’école emportée et Baptism, Kazuo Umezu est un mangaka que nos chers éditeurs francophones ont rapidement délaissé. Et pourtant, l’auteur a profondément marqué l’histoire du manga en redéfinissant dès le début des années 60 le genre horrifique. Si l’artiste a imposé son style pour effrayer, ce qui aura marqué des générations de lecteurs dont certains deviendront eux-mêmes mangakas (Junji Ito, Hisashi Eguchi ou encore Minetaro Mochizuki sont des exemples (que j’affectionne) parmi d’autres), il a aussi exploré la science-fiction et l’humour absurde.

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Il faut attendre 2015 pour que la maison d’édition Le Lézard Noir remette Kazuo Umezu au goût du jour grâce à la publication de La maison aux insectes. Un recueil d’histoires courtes qui en appelle d’autres, puisqu’il est suivi par Le vœu maudit dès l’année suivante. L’éditeur a la ferme intention de continuer à publier les mangas du maître et c’est La femme serpent qui sera le suivant sur la liste. En somme, et ce n’est pas pour me déplaire, on est en train d’assister à la naissance d’une collection rappelant ce qu’ont fait les éditions Tonkam pour Junji Ito.

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Gare au manga

La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 2

Vous vous souvenez de mon article sur la nouvelle garde du manga alternatif ? Mais si, rappelez-vous, j’y parlais de trois artistes qui ne dessinent pas en suivant les principaux courants du manga. Des auteurs qu’on peut qualifier d’alternatifs, voire même d’avant-garde. Dans cette chronique j’avais présenté Inio Asano, Atsushi Kaneko et Shintaro Kago, une sélection très masculine en somme. Alors il est temps de rééquilibrer les débats, de mettre en avant trois femmes qui sont elles aussi des figures importantes de la nouvelle garde du manga alternatif. Attirer la lumière sur des mangakas modernes au féminin c’est bien gentil mais quitte à prendre le précédent article à contresens, allons plus loin : évoquons des mangakas qui ne vivent pas au Japon.


Junko Mizuno

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Vivant désormais à San Francisco, Junko Mizuno s’est faite remarquer dès la fin des années 90 grâce à son style alliant un design kawaii à un ton trash. Très influencée par Aubrey Beardsley, l’artiste est avant tout une illustratrice dont le style est reconnaissable au premier regard. Dans ses mangas, Junko Mizuno aborde certains thèmes de manière récurrente. Celui de la femme, d’abord, toujours en première ligne. Ses personnages féminins marquent autant par leur force que leur potentielle cruauté, mais aussi par l’érotisme qu’elles dégagent. L’auteure aime représenter des femmes nues à tel point qu’elles s’imbriquent naturellement dans ses compositions. Et derrière ses femmes, on trouve des décors à base de paysages de contes et même de bonbons. On pourrait les qualifier de kawaii, voire même de girly. Sauf que là, on est chez Junko Mizuno : les éléments mignons sont un prétexte pour contraster avec la grossièreté absurde son univers.

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Gare au manga

Analyse graphique de l’œuvre de Kazuo Kamimura

Dans l’article du jour, nous allons nous pencher sur le travail graphique d’un auteur de bandes-dessinées japonaises : Kazuo Kamimura. Nous allons chercher à comprendre pourquoi sa manière de dessiner en a fait un mangaka au style inégalé, un maître de son art. Pour ce faire nous commencerons par voir les sources de son inspiration, contrastant avec celles de ses contemporains. Ensuite, nous étudierons la mise en scène spécifique à ses œuvres. Nous analyserons également les thèmes récurrents à ses dessins. Et pour finir, nous nous attarderons sur le rapport entre les thématiques de ses histoires et la composition des planches.

Mais pour l’heure une question me brûle les lèvres : Kazuo Kamimura, c’est qui ?

kazuo kamimura photo
Kazuo Kamimura, en compagnie de l’actrice Meiko Kaji et du chanteur Julie ; qui interprètent à l’écran les protagonistes de Lorsque nous vivions ensemble.

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Humeurs

Oui, vos mangas sont racistes, homophobes et misogynes

J’ai lu en diagonale, car ne connaissant pas le personnage et étant peu attiré par la longue liste d’exemples qui ne me parlent pas, un papier qui parlait d’un personnage de fiction des années 90 et qui était affiché comme « misogyne et homophobe ». Je me suis alors posé la question : « tiens, c’est pas la première fois que je vois quelque chose comme ça, est-ce vraiment utile de remuer des cadavres ? » Évidemment la personne ne cherche qu’à créer du buzz et du clic, un peu l’inverse d’un billet Nostroblog. Mais après réflexion, a-t-on en effet le droit, voire le devoir selon certains, de vouloir faire justice à des oppressions témoignées dans des fictions ? Au nom de cette croisade récente que connait notre ère (informatique) contre les inégalités, est-ce réellement utile et productif de chasser la sorcière à la retraite ? C’est une question intéressante à laquelle j’essaierai, avec les moyens du bord, de répondre.

Contexte ! Impossible d’instaurer de débat sans contextualiser. C’est comme demander leur avis à des adolescents sur la peste noire en 2015 : la moitié ne comprendraient pas la question et la réponse des autres serait un vague « bof, je m’en fous du moment que le Burger King est ouvert après le ciné ». Contexte, donc.

Nous sommes au Japon, un pays réputé pour ses sushis, ses geishas et… ses mangas, le carrefour culturel de l’Asie, à mi-chemin entre tradition et modernité. Non, je vous arrête tout de suite, c’était une blague et on va parler sérieusement. Le Japon : pays connu par ses clichés dont vous abreuve la télévision, mais surtout peuple méconnu et profondément touché par un malaise social permanent. Compétition dès le plus jeune âge (à l’école, à la maison, dans les clubs d’activité péri-scolaire), taux de suicide élevé, mal-être d’une jeunesse qui ne comprend plus ces mœurs d’une époque révolue, à l’ère d’une mondialisation qui leur fait miroiter la vie « relâchée » des occidentaux (ils font pas les 35h là-bas) ; et j’en passe. Et c’est dans ce méchoui de mauvaises choses que l’on retrouve le traitement de la femme. Des gens bien mieux éduqués que moi sur ce sujet en parleront avec davantage de précision et de détails, donc je ne vais pas lancer de discours sur la position de la femme dans la société japonaise. Or, comme beaucoup d’entre vous ont cliqué sur le petit lien de pub Twitter, vous me connaissez peut-être un peu, et vous savez que j’aime lire des mangas et regarder des séries d’animation japonaise. Beaucoup. Que je m’abreuve un peu tout le temps de cette culture japonaise, plus ou moins actuelle, et que je parle couramment le japo-non, mais j’aimerais bien. De ce fait je vais baser l’intégralité de cet article sur ma bonne vieille mémoire, de brèves recherches encyclopédiques (internet) en cas d’hésitation, et par conséquent si jamais je dis une connerie, venez me chercher à la sortie des cours pour me casser la gueule. Ou simplement en commentaire de ce billet de blog. D’avance, oui, les propos et pensées émis dans cet article sont miens et non pas ceux de ma voisine, bien qu’elle soit plutôt bruyante, entre nous, ni même des autres membres de ce blog.

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