Gare au manga

Tokyo Babylon : Les sciences occultes au service des problèmes de la société

À l’été 1990, les femmes du studio CLAMP signent un nouveau coup d’éclat dans le monde du manga en débutant dans le magazine Wings l’une de leurs séries fondatrices : Tokyo Babylon. Le manga s’est poursuivi principalement dans la revue saisonnière South avant de s’achever à l’hiver 1993 avec une fin délibérément ouverte puisque l’intrigue se poursuit dans un autre titre du studio, X. Cependant Tokyo Babylon est un manga qui se suffit à lui-même. Sous fond d’exorcisme, de fantastique et de maîtrise du Yin et du Yang, les autrices se sont servies de leur média pour prendre la parole et pointer du doigt des problèmes de société.

Tokyo Babylon met en scène Subaru Sumeragi, un jeune exorciste de 16 ans, chef de sa lignée, qui se sert de sa maîtrise du Yin et du Yang pour venir en aide à des gens. Il s’agit pour lui d’un travail qu’il est contraint d’exécuter, quand bien même il préférerait devenir vétérinaire ou s’occuper des animaux dans un zoo. Il est souvent collé par Hokuto, son extravertie sœur jumelle qui prend soin de lui, et Seishiro Sakurazuka, un homme de 25 ans qui prétend l’aimer. Ces trois personnages vont cohabiter dans la série pendant une année afin de vivre des aventures ésotériques au cœur de Tokyo, un temps partagé sur 7 volumes de l’édition originelle, qui est l’occasion pour CLAMP de passer des messages forts sur notre monde. Dépassant le cadre de la trame principale du manga, nous allons nous intéresser aux sujets sociétaux que le studio aborde au sein de Tokyo Babylon ainsi qu’à la manière dont ils sont transmis.

Tokyo Babylon - Bannière

Lire la suite « Tokyo Babylon : Les sciences occultes au service des problèmes de la société »

Neer

GRAVE, de l’eroguro dans le cinéma français ?

Grave est un film réalisé par Julia Ducournau, une inconnue au bataillon qui se démarque clairement des réalisateurs français actuels. En effet, ce film est une œuvre singulière qui se trouve à la croisée des genres : entre film de genre, thriller, comédie et film d’horreur, il est manifestement difficile de coller une étiquette dessus. Et ceci n’est pas pour déplaire la rédaction de Nostroblog. Quitte à analyser cette œuvre, autant prendre un angle original à l’instar de son parti pris en le mettant en lien avec l’eroguro, courant artistique japonais alliant érotique et grotesque.

Dès lors, de quelle manière Grave témoigne-t-il d’une alliance entre l’érotique et le grotesque ?

grave film.jpg

Lire la suite « GRAVE, de l’eroguro dans le cinéma français ? »

Gare au manga

La gazette du manga #3

Elle est de retour ! Les nouveaux lecteurs du blog ne la connaissent pas tant il n’y a pas eu de numéro depuis longtemps (la dernière est sortie en août 2015, quand même). Laissez-moi donc vous présenter La gazette du manga. Il s’agit d’un coin où je parle de l’actu du manga en filtrant uniquement les choses qui m’intéressent. Le but est non seulement d’informer sur des sujets trop souvent omis par les gros sites mais aussi et surtout d’y apporter mon point de vue et mes commentaires. Maintenant que vous savez tout, c’est parti pour les news !

akira-moto
en moto s’il vous plaît (et sans le tome 2 d’Akira)

Lire la suite « La gazette du manga #3 »

Salles obscures

Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2016 : bilan

Kinotayo est un festival de cinéma japonais contemporain, qui produit une édition par an depuis 2006*. Tous les films, datent de l’année et demie écoulée, sont présentés au public parisien et en région. Comme beaucoup d’autres festivals, c’est l’occasion de voir des films que nous ne verrez nulle part ailleurs, ni distribués dans les salles, en DVD. Pour cette édition, neuf films en compétition ont été sélectionnés, et deux films ont pu être vus hors-compétition.

*Celle de 2016 a été décalée début 2017.

affiche-11e

Lire la suite « Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2016 : bilan »

Gare au manga

Tokyo Kaido : un monde qui ne vous comprend pas

Publié entre 2008 et 2010 dans le magazine japonais Morning, Tokyo Kaido sort en France chez Le Lézard Noir d’après une traduction de Miyako Slocombe. L’auteur à l’origine de ce manga en trois volumes est bien connu dans nos contrées, puisqu’il s’agit de Minetaro Mochizuki que nous avons déjà eu l’honneur d’interviewer et que nous admirons de Dragon Head à Chiisakobé.

Tokyo Kaido manga.jpg

Tokyo Kaido marque un tournant important dans la carrière de l’artiste. Lassé des œuvres commerciales et des contraintes éditoriales, il se tourne vers des récits plus intimistes. Pour marquer cette nouvelle orientation, il change la graphie (mais pas la prononciation) de son nom à partir de cette série, 望月峯太郎 devient alors 望月ミネタロウ. Aujourd’hui nous allons donc nous intéresser à bien plus qu’un manga : à la renaissance de l’un des plus talentueux auteurs de bandes dessinées.

Lire la suite « Tokyo Kaido : un monde qui ne vous comprend pas »

Laboratoire imaginaire

Les Pommes Miracle : un manga d’alerte et d’espoir.

Il est toujours agréable de feuilleter un manga qui véhicule un message d’espoir. Les Pommes Miracle fait parti de ceux-là : on peut cultiver des pommes ou tout autre végétal de manière naturelle au XXe et XXIe siècle : sans pesticides ou engrais. Il ne manque plus que les OGM pour arriver à faire bondir les grands manitous des entreprises de biotechnologie agricole et d’agrochimie. Durant ce court article, je vais tirailler ma pensée entre les faits qui ont lieu dans le manga et ceux de la vie de tous les jours. Le plus dur est de ne pas plonger dans le passionnel et l’étalage de faits…

i-have-a-dream
L’amour entre un homme et ses vergers.

Lire la suite « Les Pommes Miracle : un manga d’alerte et d’espoir. »

Gare au manga

Quand le manga s’empare des problématiques LGBT

Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses personnes qui n’ont rien de mieux à faire que s’occuper de la sexualité des autres. Pour elles, un couple se compose d’un homme et d’une femme, et tous les schémas différents sont considérés comme anormaux, voire contre-nature. Oui l’homosexualité fait peur, à tel point que certains voudraient que cela reste un sujet tabou. Ces mêmes personnes manifestent contre le mariage pour tous, sont outrées par des campagnes de prévention mettant en scène des couples gays, peuplent les réseaux sociaux de commentaires homophobes pour expliquer pourquoi leur sexualité vaut plus que celle des autres.

Parce qu’on a aimé une personne de son sexe, parce qu’on est mal dans sa peau et qu’on désire changer de sexe, on peut se faire oppresser, agresser, tuer ! Le quotidien peut vite devenir une horreur, d’autant plus que les homophobes n’ont plus peur de revendiquer leur haine.

le-manga-lgbt

Alors dans cet article on va parler de mangas, comme d’habitude. Et plus précisément, nous mettrons en avant la manière dont certaines bandes dessinées japonaises traitent de l’homosexualité ou du changement de genre. Il s’agit d’un billet engagé qui n’a pas pour objectif d’aborder des œuvres qui dénigrent la communauté LGBT. Il a plutôt vocation à pousser à la réflexion et analyser comment des auteurs abordent le sujet. L’heure n’est pas à la victimisation. Et si ça dérange l’homophobe qui sommeille en vous : tant pis.

Lire la suite « Quand le manga s’empare des problématiques LGBT »

Le tatami de Nostroblog

Jugem je t’aime, Suiyoubi no Campanella et Specific au micro de Nostroblog

Tokyo KaranKoron (Go Nin No Entertainers), Biskaidan à deux reprises (BiS Kaidan et BiS Kaidan 2), Passepied (Makunouchi-ISM) et Charisma.com (Ai Ai Syndrome)… Les groupes nippons de qualité se pressent sur les disques microsillons du label messin Specific Recordings. Dernier groupe en date et pas des moindres à se laisser parcourir le sillon sur la platine : Suiyoubi no Campanella (水曜日のカンパネラ) avec la compilation Jugem’ je t’aime

« Jugemu (寿限無) est un des contes les plus populaires du rakugo, une forme de théâtre humoristique japonais. L’histoire raconte celle d’un père à la recherche d’un prénom qui apporterait longévité et chance à son fils aîné qui vient de naître. Ce dernier alla alors chercher conseil auprès d’un prêtre qui lui suggéra de nombreux noms sensés permettre à l’enfant de vivre sous les meilleurs auspices, dont Jugemu (littéralement « vie infinie »). Incapable d’en choisir un seul, le père décida de donner à son fils la totalité des prénoms proposés par le prêtre (liste de prénoms qui se trouvent d’ailleurs être gravés sur la face B de la compilation). Un jour, Jugemu tomba dans une rivière. Un camarade de classe s’empressa d’aller prévenir la mère du jeune garçon, mais le temps qu’il prononce son nom complet, il était trop tard, Jugemu s’était noyé. Plus tard, un autre petit garçon, baptisé Choi (« court instant » en japonais), connut le même sort, mais put être rapidement sauvé. C’est ainsi que, depuis ce jour, toutes les mères de ce village donnèrent des noms courts à leurs enfants. » nous raconte ainsi la belle pochette de Jugem’ je t’aime.

Lire la suite « Jugem je t’aime, Suiyoubi no Campanella et Specific au micro de Nostroblog »

Gare au manga

Ces 13 mangas que j'attends en français

Si Eck, Enwyn et Bobo le font, pourquoi pas moi ? C’est dans cette optique que je me décide à présenter des mangas qui mériteraient d’être publiés en français.  Choisir, c’est renoncer. Sauf que moi je choisis de ne pas renoncer. Du coup je ne vais pas lister ici-même trois ou quatre séries comme mes collègues, mais bien treize. Ouais, parce que les tops 10 c’est pour les petits joueurs (puis ça porte bonheur treize, non ?). Bon, au final j’ai quand même dû renoncer à quelques titres, car j’en attends bien plus que treize… J’ai donc décidé de me fixer une règle pour concocter cette liste : présenter uniquement des mangas d’auteurs qui ont déjà été publiés en France.

Et si certains éditeurs me lisent, qu’ils ne fassent surtout pas les timides et qu’ils piochent allègrement dans cette liste. C’est cadeau.

Lire la suite « Ces 13 mangas que j'attends en français »

Gare au manga

L'art de Jiro Taniguchi

Jiro Taniguchi et moi, c’est une histoire un peu particulière. Une sorte d’attirance et de répulsion réciproques. Au sens propre déjà, car oui, le mangaka me fuit. J’ai fait plusieurs déplacements pour le rencontrer (Bruxelles, Angoulême) et au final, je ne l’ai jamais vu. Peut-être connaît-il mon avis sur la majeure partie de sa bibliographie ? Des récits sans grand intérêt, mal rythmés, chiants quoi ! Et pourtant résumer ma relation à Jiro Taniguchi à ça serait omettre à tel point certains de ses livres m’ont marqué, Quartier Lointain et Un zoo en hiver en tête de liste.

Vous l’avez bien compris (enfin j’espère), dans cet article je vais parler de Jiro Taniguchi et plus précisément de son artbook.

art de jiro taniguchi

Lire la suite « L'art de Jiro Taniguchi »