Meloku

River’s Edge ou les Contes cruels de la jeunesse

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » a écrit Rimbaud pour parodier le romantisme niais qui frappe souvent cet âge fantasmé qu’est l’adolescence. Dans River’s Edge de Kyoko Okazaki, on ne peut donner plus tort à cet adage. Ici nulle trace d’insouciance, de légèreté ou d’ironie. La flottante ivresse rimbaldienne cède la place à une matière noire et visqueuse qui est celle de l’ennui et du vide. C’est que dans ce manga polyphonique, on est bien trop grave, bien trop sérieux dans la superficialité même. Les protagonistes de cette histoire sont des adolescents plein de contradictions, déjà malmenés par la vie, qui semblent avoir grandi trop vite, et qui se sont rendus compte qu’il n’y avait rien après, sinon directement la mort. Sous le signe du banal et du sordide, la manga nous fait l’anatomie d’une jeunesse sans illusions engagée dans le chemin tortueux de l’autodestruction. Pourtant dans cette violente descente aux enfers, Kyoko Okazaki arrive à faire que, malgré tout, l’on puisse s’attacher à ces personnages qui nous bouleversent dans leur cruauté comme dans leur désespoir.

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Gare au manga

Le manga et l’art de l’histoire courte : sélection de one-shots

Parmi les évidences liées au manga, il est en une qui est souvent incomprise ou contestée : la richesse des œuvres courtes. On parle notamment des titres conclus en un tome, que l’on nomme communément en France « one-shot », quand bien même cette appellation fait aussi et surtout écho aux mangas qui ne durent qu’un chapitre. Bref, beaucoup de lectrices et lecteurs se demandent comment un titre aussi court peut être dense et ont du mal à comprendre pourquoi un manga qui ne dure qu’un seul volume serait plus profond qu’une série qui se poursuivrait en une vingtaine. Et c’est normal, car dans l’inconscient collectif, il est admis qu’une série courte est soit une œuvre de jeunesse soit un titre qui n’a pas connu le succès escompté et qui a été annulé.

conseil manga one shot

Mais la réalité est autre. De nombreux artistes dans le monde du manga se complaisent dans la création de nouvelles et autres récits courts, dans lesquels ils peuvent s’épanouir artistiquement ou encore se focaliser sur des thématiques précises sans en dériver. Mais tout de même, cette spécificité de la vision du manga en France est étrange. Si on l’appliquait à l’audiovisuel par exemple, personne ne s’étonnerait qu’un film durant une heure et demie soit aussi riche, ou du moins différemment, qu’une série de huit saisons. Et les répercussions sur le manga sont importantes, car de nombreux éditeurs hésitent de plus en plus à publier des one-shots car ils sont régulièrement boudés par le lectorat, entre les préjugés sur leur intérêt et la mauvaise visibilité en librairie.

S’affranchir de la pensée commune n’est pas évident, et faire ce pas vers des récits plus courts et souvent plus intimes que ceux qu’on a l’habitude de lire peut mener à d’incroyables découvertes mais aussi à quelques déceptions. C’est pourquoi on vous propose un petit guide de cinq one-shots sortis récemment en français, se trouvant donc facilement en librairie, et qui méritent le coup d’œil.

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Gare au manga

Kids on the slope : l’espace pour exprimer les sentiments

« La peinture et le jazz ont des points communs, j’en suis sûre. La peinture joue sur l’espace, le jazz joue sur le temps. Mais c’est toujours exprimer ce qu’on est dans le lieu présent et l’instant actuel, ici et maintenant. »

En empruntant ces mots à Junichi, Yurika dévoile au lecteur quelque chose qu’il peut retrouver dans le manga de Yuki Kodama : à travers ses compositions, l’auteure joue sur la distance et la gestion de l’espace afin de mieux lui faire comprendre ce que ressentent les personnages. Après avoir évoqué la notion de s’ouvrir au monde, nous allons nous plonger dans les dessins de Kids on the slope à travers quelques exemples pour en comprendre l’essence.

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Gare au manga

Kids on the slope : s’ouvrir au monde

Débutée en 2007 dans les pages de la revue mensuelle Flowers, Kids on the slope est la première série de Yuki Kodama, auteure jusque-là cantonnée à des histoires courtes. Succès d’estime dont la reconnaissance arrive en 2012, soit l’année de la fin de sa publication, grâce au gain du Prix Shogakukan et a une adaptation en série d’animation réalisée par Shin’ichiro Watanabe.

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Il faut dire que l’œuvre a de quoi marquer les esprits. Brillant par la justesse de ses relations entre les personnages, le thème du jazz dans le Japon de la fin des années 60 et le divin coup de crayon de Yuki Kodama, Kids on the slope regorge de qualités afin d’attiser la passion des lecteurs. Plus finement de par leur traitement, des thématiques d’ordre social ou culturel sont abordées à travers le manga. Elles sont en retrait tant les protagonistes et leurs états d’âme occupent le devant de la scène, quand bien même elles font partie d’eux. Cet article a donc pour objectif de se pencher sur la manière dont l’auteure nous convie à élargir notre horizon et s’enrichir d’autres cultures.

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Gare au manga

Ces 13 mangas que j'attends en français

Si Eck, Enwyn et Bobo le font, pourquoi pas moi ? C’est dans cette optique que je me décide à présenter des mangas qui mériteraient d’être publiés en français.  Choisir, c’est renoncer. Sauf que moi je choisis de ne pas renoncer. Du coup je ne vais pas lister ici-même trois ou quatre séries comme mes collègues, mais bien treize. Ouais, parce que les tops 10 c’est pour les petits joueurs (puis ça porte bonheur treize, non ?). Bon, au final j’ai quand même dû renoncer à quelques titres, car j’en attends bien plus que treize… J’ai donc décidé de me fixer une règle pour concocter cette liste : présenter uniquement des mangas d’auteurs qui ont déjà été publiés en France.

Et si certains éditeurs me lisent, qu’ils ne fassent surtout pas les timides et qu’ils piochent allègrement dans cette liste. C’est cadeau.

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Humeurs

Collusion de la sémantique et du marketing dans la distribution du manga

S’il y a bien une chose dont chaque passionné se revendique, c’est d’avoir son propre jargon lié à son univers. Les philatélistes auront alors leur vocabulaire, les modélistes aussi, et donc naturellement les otaku pareil. Et comme nous sommes une sale race comme une autre, nous sommes fiers de posséder un petit dictionnaire nippo-français inintelligible du grand public. Vocabulaire qui sonne comme des insultes aux oreilles des non initiés, qui eux vont plutôt rigoler en répétant des blagues à base de sushi ou sudoku, ne repoussant ainsi pas les limites de leur connaissance ni les frontières de leur ouverture d’esprit. Et c’est dans cet imbroglio de noms qui résonnent tantôt dans un japonais respectueux tantôt dans un franponais douteux que nous allons nous attarder sur l’exemple du seinen avant de poser la problématique liée au titre.

genshiken manga débat seinen

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Manga

Le remue-méninges de la séduction

Le voici, le voilà, le Setona Mizushiro nouveau est arrivé ! Nonai Poison Berry, devenu Brainstorm’ Seduction chez nous (n’oubliez pas l’apostrophe, c’est important) est le dernier titre de la mangaka. Dernier au sens littéral, puisqu’elle n’a pas encore commencé de nouvelle série et que son petit mot à la fin du dernier tome de Heartbroken Chocolatier laisse entendre qu’elle ne compte pas s’y remettre de suite (et ne comptez pas non plus sur une reprise prochaine de Black Rose Alice, le responsable éditorial de la mangaka n’y croit pas (source : SHK sur le forum Mangaverse)).

Brainstorm Seduction lecture tome 1

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Avis d'un bédéphile, Raismith

Les genres de mangas sont-ils voués à disparaître ?

Shônen (jeune garçon), shôjo (jeune fille), seinen (jeune adulte homme), josei (jeune adulte femme), yaoi (mise en scène de relations homosexuelles masculines), yuri (mise en scène de relations homosexuelles féminines), kodomo (enfant) : voici la très grande majeure parties des types de classification de manga.

Death Note en couverture du Weekly Shônen Jump
Death Note en couverture du Weekly Shônen Jump

La règle est simple : un magazine de prépublication, un genre attribué et basta. Death Note, manga à tendance anthropo-sociologique, est publié dans le Shônen Jump : c’est un shônen. Chi – une vie de chat, manga kawaii montrant un petit chat qui s’amuse de tout avec un vocabulaire d’enfant est publié dans Morning : c’est un seinen. Chihayafuru, manga bourrés d’effets rosaces comme dans plein de séries shôjo et mettant en scène des jeunes qui se surpassent dans un jeu à compétition comme dans pleins de séries shônen est publié dans Be Love : c’est un josei. Si vous fréquentez les forums et les réseaux sociaux, vous avez peut-être un peu débattu avec d’autres internautes qui ne sont pas d’accords avec votre vision de la classification d’une série. « Il faut l’acter maintenant : il n’y a pas de bagarre dans Death Note, ni de surpassement de soi, mais c’est quand même un shônen ! » ou au contraire « ce n’est pas possible que Chi soit un seinen, ça saute aux yeux que c’est un manga enfantin ! ».

La réalité est plus nuancée.

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Gare au manga, Meloku

Reiko the Zombie Shop : RIP the Horror !!

Comme vous l’aurez compris grâce au titre, aujourd’hui je vais vous parler de Reiko the Zombie Shop, l’un des manga les plus barrés qui m’ait été donné de lire. Ce josei à la croisée des genres (j’y reviendrai) est signé de la main de Rei Mikamoto. C’est malheureusement le seul manga de l’auteur à être paru en France. Les onze tomes du manga sont disponibles dans toutes les bonnes librairies !! En fait, non. Plus maintenant. Reiko the Zombie Shop a été retiré du commerce. Mais si vous trouvez ce manga en occasion, dans une convention ou si, par miracle, votre libraire les a en stock, foncez dessus. Au japon, une édition kanzenban en sept opus (que je pense me commander prochainement par pur fanboyisme) et une série télé sont disponibles.

reiko the zombie sho

Et après ma petite introduction aux allures de conclusion, je vais vous concocter un petit résumé du soft. Grâce au pentagramme situé sur sa main gauche, Reiko Himezono peut faire appel aux pouvoirs du grand Satan afin de faire revenir un mort à la vie. C’est avec son don de Dieu (je n’ai pas trouvé meilleure expression pour le coup) que la lycéenne va se faire un peu d’argent de poche. Et oui, réveiller les morts c’est un taff comme les autres. Par contre, une fois réveillés, les morts ils sont pas beaux, violents et plutôt balèzes. Bien sûr, ça c’est l’idée de base de ce manga carrément génial et innovant.

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Gare au manga, Meloku

Sohta et la chocolaterie

Chose promise, chose due. Je vais vous parler de Heartbroken Chocolatier. Alors Heartbroken Chocolatier c’est quoi ? Déjà, pour commencer, il faut savoir que c’est un manga. Ce petit livre a été écrit et dessiné par Setona Mizushiro. Souvenez vous, c’est la demoiselle qui a fait L’infirmerie après les cours, un shojo sublime au pitch bizarroïde. Cerise sur le macaron, Kaze nous a offert (au prix de 6,50 euros) le premier tome trois jours avant la Saint Valentin 2010.

Heartbroken Chocolatier c’est l’histoire d’un jeune homme, niais (ou Sohta, c’est selon), qui s’est fait pigeonner en beauté. Il est tombé fou amoureux de Saeko qui a joué avec ses sentiments en retournant avec son ex. La petite Saeko est fana de chocolat, donc Sohta, toujours trop bon trop con, part travailler dans une boutique de chocolat à Paris. 5 ans plus tard il revient au Japon et ouvre Choco la vie, sa propre boutique. C’est alors qu’il revoit Saeko qui lui demande… de préparer les desserts de son mariage. Bim, dans ta face Sohta ! Afin d’essayer de reconquérir le cœur de la jeune fille, le gentil Sohta va devenir un homme froid et inaccessible. Tant bien même que j’ai hésité à nommé ce billet Doctor Sohta and mister Prince. Mais non.

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