Gare au manga

Kids on the slope : l’espace pour exprimer les sentiments

« La peinture et le jazz ont des points communs, j’en suis sûre. La peinture joue sur l’espace, le jazz joue sur le temps. Mais c’est toujours exprimer ce qu’on est dans le lieu présent et l’instant actuel, ici et maintenant. »

En empruntant ces mots à Junichi, Yurika dévoile au lecteur quelque chose qu’il peut retrouver dans le manga de Yuki Kodama : à travers ses compositions, l’auteure joue sur la distance et la gestion de l’espace afin de mieux lui faire comprendre ce que ressentent les personnages. Après avoir évoqué la notion de s’ouvrir au monde, nous allons nous plonger dans les dessins de Kids on the slope à travers quelques exemples pour en comprendre l’essence.

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Gare au manga

L’Enfant et le Maudit : l’image comme vecteur de poésie

Les joueurs du récent The Last Guardian le savent, la poésie ne se ressent pas uniquement en lisant des poèmes, elle peut se cacher dans les images. Dans ce jeu vidéo de Fumito Ueda, on incarne un jeune garçon faisant la rencontre d’un animal fantastique. S’ensuit une épopée quasi-muette d’une splendeur telle que le spectateur actif devant son écran pourra sans mal s’émerveiller et qualifier l’œuvre de poétique.

l'enfant et le maudit manga

« La poésie, on ne sait pas ce que c’est, mais on la reconnaît quand on la rencontre », disait Jean L’Anselme. Et ce terme de poésie, quand bien même il peut paraître galvaudé, c’est justement ce qu’évoque une œuvre mettant elle aussi en scène l’histoire d’une rencontre : L’Enfant et le Maudit ; un manga d’un artiste se cachant sous le pseudonyme de Nagabe, publié au Japon depuis 2015. Dans cet article, nous allons nous intéresser à ce titre atypique selon la question suivante : de quelles manières L’Enfant et le Maudit dégage-t-il de la poésie ?

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L’ère des Cristaux : l’art de la narration par l’image

Après avoir remporté le prestigieux Prix Tezuka dans la catégorie de la nouveauté avec Mushi to Uta, Haruko Ichikawa débute en octobre 2012 sa première série dans les pages de la revue Afternoon de Kodansha : L’ère des cristaux. En France, le manga est publié depuis janvier 2016 par les éditions Glénat et c’est Anne-Sophie Thévenon qui se charge de la traduction.

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Il s’agit d’une œuvre de science-fiction se déroulant dans un avenir si lointain que les humains ont disparu. La Terre est peuplée de gemmes humanoïdes livrant une lutte acharnée contre les Séléniens. On suit l’histoire à travers le regard de Phos, un cristal ne pouvant pas prendre part à la guerre du fait de sa fragilité. Ainsi le manga est intéressant à bien des égards. Non seulement on peut y voir des similitudes avec la religion bouddhiste, mais en plus de nombreux thèmes y sont développés : l’immortalité, le regard des autres, le sens de la vie, la place dans la société et bien d’autres. Néanmoins c’est autre chose qui nous intéresse aujourd’hui. En ouvrant un volume de la série, l’esthétisme de Haruko Ichikawa et sa science de la mise en page frappent aussi bien par leur éclat que leur originalité. A partir de ce constat, nous allons analyser les dessins de L’ère des cristaux.

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