Lire un manga quand on y connait rien #1 – Le mari de mon frère

Il n’est pas tous les jours évident de faire partie de Nostroblog. D’abord parce que je suis l’un des rédacteurs les moins productifs, le plus mainstream et surtout je suis très très loin de la mangasphère. Si je me délecte de certains dramas qui se déroulent entre diverses rédactions, je concède aisément ne rien connaître de ce médium. Toute la connaissance que j’ai acquise, je la dois surtout à Nostroblog que j’ai rejoint il y a presque 3 ans. Pour vous situer mon niveau en terme de lecture, j’en suis resté à Leviathan et Nozokiana.

Depuis 3 ans, je lis mes camarades et je tiens à jour un google doc avec une liste assez maboule de titres à acheter. Jusqu’à présent aucun euro n’est sorti de ma poche pour réduire la taille de cette liste. Sans doute parce que le jeu vidéo et le cinéma prédominent dans mon budget loisir. Et aujourd’hui la tendance s’inverse puisque le jeu vidéo me lasse et j’ai envie de me remettre à lire. Déjà très centré sur les Comics, j’ai enfin décidé de varier le plaisir et de sauter le pas pour me remettre à quelques mangas.

Vision artistique de ma quête

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La gazette du manga #3

Elle est de retour ! Les nouveaux lecteurs du blog ne la connaissent pas tant il n’y a pas eu de numéro depuis longtemps (la dernière est sortie en août 2015, quand même). Laissez-moi donc vous présenter La gazette du manga. Il s’agit d’un coin où je parle de l’actu du manga en filtrant uniquement les choses qui m’intéressent. Le but est non seulement d’informer sur des sujets trop souvent omis par les gros sites mais aussi et surtout d’y apporter mon point de vue et mes commentaires. Maintenant que vous savez tout, c’est parti pour les news !

akira-moto
en moto s’il vous plaît (et sans le tome 2 d’Akira)

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Rendez-vous à Udagawachou : regards sur le travestissement

Présentée en France au 43e Festival International de la Bande Dessinée lors d’une exposition dédiée à la naissante revue de prépublication de mangas Hibana, il aura fallu attendre décembre 2016 pour que Hideyoshico soit enfin publiée chez nous. Et avec quel titre ! Rendez-vous à Udagawachou, un manga en six chapitres (et une courte histoire bonus) parus dès 2012 dans le magazine On Blue. C’est certainement son œuvre la plus emblématique. Son retentissement au Japon fut tel que, outre divers prix, elle a été adaptée en film en 2015, sous la direction de Noriko Yuasa.

Rendez-vous à Udagawachou est un boy’s love, c’est-à-dire un manga mettant en scène une relation homosexuelle masculine. L’auteure est connue pour ses romances gays, si bien que l’éditeur français Hana Yaoi continue à la publier avec des titres comme Gentleman et Sadistic ou encore Nennen Saisai. Mais elle ne dessine pas uniquement des BL, comme pouvait en témoigner la présentation de Romeo ga Rival (une comédie entre un jeune asocial et un cheval) à Angoulême. Elle est également active dans le milieu amateur avec ses nombreux dojinshi dédiés à L’attaque des Titans ou même une sublime histoire dans l’univers de Yotsuba.

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Au cœur de son manga, Hideyoshico s’empare de la thématique du travestissement. Ce sujet fort faisant le charme de Rendez-vous à Udagawachou, il convient de s’attarder dessus et de l’analyser selon une question : que nous dit ce manga sur la représentation du travestissement ?

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Magic : the Gathering

Ce n’est un mystère pour personne, j’aime beaucoup les jeux de cartes. Si c’est le manga Yu-Gi-Oh de Kazuki Takahashi qui m’y a initié, ce n’est pas celui auquel j’ai consacré le plus d’heures de jeu. Aujourd’hui, je vais vous ennuyer avec Magic : The Gathering (Magic : L’Assemblée en français), le jeu de cartes édité par Wizards of the Coast (WOTC) (ce sont les mêmes qui ont fait le jeu de cartes à jouer et à collectionner Harry Potter que j’aimais beaucoup mais qui n’a pas fait long feu, oui, oui).

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Illustration par Chippy

[Note : dans cet article, j’aborde plusieurs points pas forcément liés entre eux si ce n’est par leur appartenance à Magic.]

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Gengoroh Tagame & le manga gay

Gengoroh Tagame fut (et est encore à vrai dire) l’ambassadeur du manga gay en France et dans le monde. Au Japon, il a été le premier à mélanger pornographie homo et sadomasochisme dans un même manga. En effet, en plus de dessiner des messieurs musclés ou bien en chair mais pratiquement toujours poilus, le mangaka a aussi un style de récit bien à lui, rempli de BDSM (acronyme mixant plusieurs abréviations en une : Bondage & Discipline, Domination & Soumission, Sado-Masochisme), de violences sexuelles et de tortures physiques (on est à ça près de l’eroguro)(voir le futur article de Meloku pour plus de précisions sur le sujet #TEASING). Pour faire bref, ses histoires sont souvent assez dures, parfois horribles, et finissent rarement bien (euphémisme).

Note : je n’emploie pas le terme « bara » (le « hentai homo ») contrairement à l’usage habituel en Occident, puisque, comme l’explique Tagame dans Massive – Gay Erotic Manga and the Men who make it, il s’agit en fait d’un terme insultant utilisé par les hétéros japonais pour qualifier les homos. Ces derniers se sont réappropriés le terme dans les années 60 avec la publication d’un magazine gay du même nom, avant qu’ils ne tombent dans l’oubli (le mag’ et le mot). Avec l’arrivée d’internet des années plus tard, le terme est revenu d’entre les morts et les mangas gays se sont vu qualifiés de « bara », et ce malgré sa connotation négative dans son pays d’origine. Si certains mangakas se moquent un peu (façon de parler) de ce retour inattendu, ce n’est pas le cas de Gengoroh Tagame qui préfère ne pas voir ce mot associé à son travail (il semble cependant avoir mis un peu d’eau dans son vin à ce sujet depuis la sortie de Massive en 2014) (la conférence que j’ai linkée vaut le coup d’être lue/écoutée sinon). Le terme est cependant trop ancré dans la culture internet pour espérer sa disparition à court ou même long terme. Au Japon, ce type de mangas est plutôt désigné sous le nom de gay/gei (ゲイ) manga.ototo no otto 7 p6

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Sense8, c’est sensate !

Voici venu le dernier bébé des frère et sœur Wachowski, et aussi de J. M. Straczynski (créateur de Babylon5 et scénariste de comics) avec qui ils se sont associés. Après l’excellent et innovant Cloud Atlas et le magnifique mais caricatural Jupiter Ascending, j’étais impatient de découvrir Sense8. Les douze épisodes de la première saison sont tous disponibles sur Netflix (j’ai créé un compte exprès), ce qui fait quand même une demie-journée de programme. Et c’est une bonne chose, car le rythme calme et posé de Sense8 (un jeu de mot avec le terme anglais « sensate » qui signifie « conscient ») pourrait en démotiver certains. Le trailer que je n’avais pas vu avant (volontairement) laissait croire à un blockbuster bourré d’action et d’explosions alors qu’en réalité, le ton et l’ambiance sont calmes, très posés, voire intimistes. Il y aurait de quoi se sentir floué. Et pourtant, quoiqu’on en pense, Sense8 vaut largement le coup d’œil.

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Yuri Kuma Arashi – Lesbien raisonnable d’en arriver à ça ?

J’ai vu Utena, la fillette révolutionnaire, j’ai vu Mawaru Penguindrum, et j’ai désormais vu Yuri Kuma Arashi, sous-titrée Love Bullet. Et du coup j’ai plein de choses à dire de cette dernière série d’animation mais il me sera impossible de faire l’impasse sur les deux autres étant donné qu’elles sont nées, du moins à l’écran, du même papa et qu’elles ont été chacune en quelque sorte les prémices du dernier travail de ce cher Kunihiko Ikuhara.

La chasse est ouverte.
La chasse est ouverte.
NB : j’ai volontairement omis des détails « importants » ou des pans entiers de l’histoire pour ne rien gâcher. Cette analyse évite au maximum de ruiner l’expérience de ceux et celles qui n’ont encore pas vu la série. Ce n’était pas facile et pas forcément parfait, mais je pense avoir protégé pas mal des rebondissements de la série. 

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