Discussion autour de PNL, Part. 1 : Je leur chante ma haine et ils applaudissent

Après un bon millier d’écoutes des trois projets de PNL (Peace N’ Lovés) puis quelques discussions passionnées et passionnantes portant sur ce groupe de rap français, j’ai eu la bonne idée de proposer à Enwyn une discussion argumentée sur Nostroblog.

C’est donc sur la narration qui s’étend sur les trois projets (Que la Famille, Le Monde Chico et Dans la Légende) que cette conversation portera.

De gauche à droite : Que La Famille (2015), Le Monde Chico (2015), Dans La Légende (2016)

N (Neer) : Avant d’entrer dans le vif du sujet, Enwyn, pourrais-tu nous raconter ta découverte de PNL et quelles ont été tes impressions à la première écoute ?

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Le Mbira Nyunga Nyunga : à fleur d’acier

En rangeant mes affaires, je suis retombé sur ceci :

 

Mon vieux mbira nyunga nyunga. Késako, me direz-vous ?

Si je vous demande de me citer un instrument traditionnel d’Afrique, plusieurs mentionneront l’incontournable (voire insupportable lorsqu’il est mal employé) djembé. De fait, notre inconscient collectif tend à croire que la musique africaine se résume à des percussions accompagnant quelques instruments à cordes. Mais, comme souvent, ce continent est mésestimé sur bien des aspects culturels et retrouver mon instrument est une bonne occasion d’y remédier modestement.

(En revanche, n’attendez pas de ma part une démonstration vidéo : mes ongles sont trop courts et mes phalanges sacrément rouillées…)

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Kids on the slope : l’espace pour exprimer les sentiments

« La peinture et le jazz ont des points communs, j’en suis sûre. La peinture joue sur l’espace, le jazz joue sur le temps. Mais c’est toujours exprimer ce qu’on est dans le lieu présent et l’instant actuel, ici et maintenant. »

En empruntant ces mots à Junichi, Yurika dévoile au lecteur quelque chose qu’il peut retrouver dans le manga de Yuki Kodama : à travers ses compositions, l’auteure joue sur la distance et la gestion de l’espace afin de mieux lui faire comprendre ce que ressentent les personnages. Après avoir évoqué la notion de s’ouvrir au monde, nous allons nous plonger dans les dessins de Kids on the slope à travers quelques exemples pour en comprendre l’essence.

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Kids on the slope : s’ouvrir au monde

Débutée en 2007 dans les pages de la revue mensuelle Flowers, Kids on the slope est la première série de Yuki Kodama, auteure jusque-là cantonnée à des histoires courtes. Succès d’estime dont la reconnaissance arrive en 2012, soit l’année de la fin de sa publication, grâce au gain du Prix Shogakukan et a une adaptation en série d’animation réalisée par Shin’ichiro Watanabe.

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Il faut dire que l’œuvre a de quoi marquer les esprits. Brillant par la justesse de ses relations entre les personnages, le thème du jazz dans le Japon de la fin des années 60 et le divin coup de crayon de Yuki Kodama, Kids on the slope regorge de qualités afin d’attiser la passion des lecteurs. Plus finement de par leur traitement, des thématiques d’ordre social ou culturel sont abordées à travers le manga. Elles sont en retrait tant les protagonistes et leurs états d’âme occupent le devant de la scène, quand bien même elles font partie d’eux. Cet article a donc pour objectif de se pencher sur la manière dont l’auteure nous convie à élargir notre horizon et s’enrichir d’autres cultures.

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Une alternative à la Kpop

Souvent lorsqu’on aborde la musique coréenne, la kpop surgit en premier lieu, presque instinctivement, dans l’esprit d’autrui. A tort ? Il faut dire que celle-ci est une industrie toujours florissante dans son pays d’origine, omniprésente dans les tops musicaux, mais aussi dans le quotidien des coréens avec nombre d’idoles prêtant leur image pour nombre de marques.

Nos yeux d’occidentaux voient également en premier à travers elle, grâce à un fandom très présent sur les réseaux sociaux, à de multiples reportages qui en parlent comme d’un phénomène, à des événements qui font grand bruit chez nous comme la KCON qui remplit une salle aussi grande que Bercy ainsi qu’à un contenu toujours plus fréquent.

Même dans une industrie jeune où la Kpop est omniprésente, il y a la place pour d’autres styles. Les uns existent avec les autres et représentent un enchevêtrement. La musique coréenne est un monde où les artistes se croisent constamment.

Mon envie aujourd’hui est de vous présenter des artistes coréens hors de l’univers Kpop, une façon de s’initier à la musique coréenne autrement. Pour compléter ce bref article, une playlist vous attend à la fin, car rien ne vaut mieux que l’écoute pour découvrir !

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Cinq autres groupes de new wave

Et c’est un nouvel épisode musical, après l’article de Neer sur le rap français ! Souvenez-vous, il y a quelques temps maintenant, je vous avais présenté cinq groupes pour appréhender le post-punk/new wave. Mais il existe pourtant tellement d’autres groupes qui valent coup, et qui d’ailleurs, sont parfois oubliés ! Je vais donc vous en présenter cinq autres, toujours accompagnés de références musicales. Let’s start the music !

depeche mode

Depeche Mode

Je ne l’avais pas cité la dernière fois, car si on estime que les groupes de l’époque ont d’abord eu un ton post-punk (musique rock teintée de synthé, tendance à l’introspection, etc) pour arriver à la new wave (prédominance electro, tendance à l’introspection mais aussi à quelques envolées lumineuses), Depeche Mode n’est pas passé par la première étape et est arrivé directement dans le train new wave. Ils qualifient de grands-pères spirituels Kraftwerk, pionnier de la musique au synthétiseur, et de pères, OMD, que je vous avais décrit la dernière fois. Lire la suite

« Le RAP cette musique d’illettrés »

« Le Rap c’est juste des mecs qui savent pas chanter », « le Rap c’est misogyne et homophobe » Il m’arrive souvent d’être confronté à ce genre de remarques et ce sont des préjugés très répandus encore en 2017, si bien qu’il est courant d’entendre cette phrase : « j’écoute de tout sauf du rap [et du metal] ». Très bien, j’annonce la couleur. Ce que je vais dire paraîtra extrême mais j’ose prendre position dans cet article. Ceux qui revendiquent ne pas aimer le rap sont victimes de préjugés pouvant être jusqu’à racistes. Pour ces personnes, la bonne musique ne peut pas être faite par des gens de la cité, ils ont une idée préconçue de ce que doit être un chef-d’œuvre de musique. Si ce n’est pas quelqu’un de parfaitement lettré élevé en lisant du Victor Hugo, et s’il s’agit de quelqu’un qui s’habille en survêtements et crache de gros mollards par terre, sa musique sera obligatoirement moins bonne que celle d’un artiste possédant une culture pointue et une plume irréprochable. C’est donc cela l’art ? C’est donc cela la musique ? C’est donc cela la poésie ?

Le rap est un genre musical né aux États-Unis dans les années 70 et s’inscrit dans le mouvement culturel qu’on nomme hip-hop. C’est une musique populaire dont il est même possible de faire remonter ses origines à la musique des troubadours du Moyen-âge (voire même bien avant) avec laquelle le rap entretient bien des points communs. Le rap se caractérise par ses couplets en rimes entrecoupés le plus souvent par des refrains et qui se pose sur un rythme (principalement un beat). Cet article propose une porte d’entrée au rap français, car c’est le plus abordable pour un francophone même si le rap US et celui des autres pays du monde sont très riches et ne demandent qu’à être explorés. Voici donc une sélection de rappeurs français possédant chacun leur style et qui maîtrisent leur art. Cette sélection n’est pas un classement.

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