Salles obscures

L’intention à travers le documentaire – interview de Kazuhiro Soda

Holà holà ne partez pas. Ce qui va suivre est des plus intéressants, tant d’un point de vue cinéphilique qu’intellectuel. Vous êtes bien sur Nostroblog, une rédaction qui s’intéresse à des sujets très divers.

Il existe toutes sortes de documentaires, du reportage pour la télévision aux travaux un peu plus scriptés pour le cinéma. Le réalisateur Kazuhiro Soda plaide pour une mise en scène minimaliste du documentaire, qui doit saisir l’inconnu et transmettre un témoignage au plus près de la réalité. Auréolé du Soleil d’or du Festival Kinotayo pour OYSTER FACTORY  (ex-æquo avec HAPPY HOUR), nous l’avons rencontré, avec son épouse, Kiyoko Kashiwagi, productrice du film. Notre échange s’est avéré très riche en réflexion sur le documentaire, sa place dans les archives de l’humanité, et à travers l’intention de M. Soda, on peut même déceler un vrai sens de la cinématographie, avec des obsessions et la transmission d’un message.

Nostroblog : Quand on regarde votre filmographie, on voit que vous êtes essentiellement un documentariste. Qu’est-ce qui vous attire tant dans les documentaires, que voulez vous faire passer comme message ?

Kazuhiro Soda : Eh bien, je suis devenu réalisateur de documentaires par accident. Je n’en avais pas l’intention à la base. J’ai déménagé à New York pour étudier la réalisation en 1993, à l’école de cinéma. En quatre ans, j’ai appris comment faire des films de fiction. Je ne m’intéressais pas aux documentaires à cette époque. Je n’ai pris aucun cours de documentaire !

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Gare au manga

La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 2

Vous vous souvenez de mon article sur la nouvelle garde du manga alternatif ? Mais si, rappelez-vous, j’y parlais de trois artistes qui ne dessinent pas en suivant les principaux courants du manga. Des auteurs qu’on peut qualifier d’alternatifs, voire même d’avant-garde. Dans cette chronique j’avais présenté Inio Asano, Atsushi Kaneko et Shintaro Kago, une sélection très masculine en somme. Alors il est temps de rééquilibrer les débats, de mettre en avant trois femmes qui sont elles aussi des figures importantes de la nouvelle garde du manga alternatif. Attirer la lumière sur des mangakas modernes au féminin c’est bien gentil mais quitte à prendre le précédent article à contresens, allons plus loin : évoquons des mangakas qui ne vivent pas au Japon.


Junko Mizuno

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Vivant désormais à San Francisco, Junko Mizuno s’est faite remarquer dès la fin des années 90 grâce à son style alliant un design kawaii à un ton trash. Très influencée par Aubrey Beardsley, l’artiste est avant tout une illustratrice dont le style est reconnaissable au premier regard. Dans ses mangas, Junko Mizuno aborde certains thèmes de manière récurrente. Celui de la femme, d’abord, toujours en première ligne. Ses personnages féminins marquent autant par leur force que leur potentielle cruauté, mais aussi par l’érotisme qu’elles dégagent. L’auteure aime représenter des femmes nues à tel point qu’elles s’imbriquent naturellement dans ses compositions. Et derrière ses femmes, on trouve des décors à base de paysages de contes et même de bonbons. On pourrait les qualifier de kawaii, voire même de girly. Sauf que là, on est chez Junko Mizuno : les éléments mignons sont un prétexte pour contraster avec la grossièreté absurde son univers.

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