Capsules cro'

Pil, l’habit ne fait pas le punk

Encore et encore à l’affût d’une nouvelle vision, d’un nouveau faciès, d’une nouvelle idée de conception dans l’art de la case à la japonaise. Je prends un peu tout ce qui me vient en fonction des envies, du budget (eh oui, il faut serrer la ceinture) et de ce qui est disponible chez les quelques bons dealers de la ville (j’essaie d’éviter autant que possible le web qui a tendance à déplumer mon solde bancaire). Inlassable et intarissable, je continue encore mes premières fois en manga en bon testeur de l’extrême, plutôt en bon client de la nouveauté. Qu’elle vienne de temps immémoriaux ou bien qu’elle soit de dernière fraîcheur, qu’importe. Tant qu’en refermant l’ouvrage j’y ai trouvé du plaisir, c’est la satisfaction d’un médium bien consommé. Qu’il s’agisse d’une œuvre légère, complexe, austère, excentrique, sous LSD, larmoyante, qu’importe. Tant que les atomes crochus sont présents, le genre n’est que futilité. Bien sûr il en va aussi des œuvres fortes, de celles qui marquent du bout des ongles et qui arrivent à faire perler des larmes de sueurs au coin des tempes.

Pas le genre de truc facile qui bouleverse, qui fait pleurer quand on le lit…moi je veux que la vie elle-même de celui qui le lit en soit bouleversée. Pas un manga qui fasse oublier la réalité ! Mais un manga qui combatte cette réalité !!

Sachi (Bonne Nuit Punpun / Inio Asano)

nostroblog_pil_iconoLe nouveau venu dans mes nouvelles rencontres par le manga est une nouvelle : Mari Yamazaki. Thermae Romae fait toujours partie intégrante de mon calepin de lectures prochaines. Bloc-notes qui commence à craquer sous le poids des recommandations qui fusent de tous bords. Mais c’est du côté de son one-shot P.I.L que j’ai jeté mon dévolu faute de disponibilité. Publié lui aussi dans la même crèmerie que Thermae Romae, mais pas dans les mêmes matières grasses. P.I.L est publié dans la cour des grands de l’éditeur dans le rayon Casterman Écritures. Bien souvent le terrain de prédilection des gros calibres tels que Jirô Taniguchi ou Charles Masson, il n’a pas le monopole. L’auteure native des sixties n’a rien à envier face à de tels poissons. Preuve en est le sympathique à propos de la main de Taniguchi en personne qui lui ouvre le tapis rouge. Quoi de mieux pour s’exprimer qu’un bon 17 par 24 cm en guise d’exutoire.

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Gare au manga

En quoi Deathco est-il un manga d’Atsushi Kaneko ?

Deathco est un manga qui me tient particulièrement à cœur puisque j’ai entrepris la lecture dès le début de la série, en traduisant tant bien que mal du japonais. Aujourd’hui le manga d’Atsushi Kaneko sort chez Casterman, et c’est Aurélien Estager qui s’occupe de la traduction (ce qui a pour conséquence de rendre ma lecture plus agréable). Dans cet article, plutôt qu’une critique qui vous aurait dit à quel point j’affectionne cette série, j’ai choisi de vous proposer un angle de vue un peu plus original.

atsushi kaneko deathco critique

Affirmer qu’il existe un style Kaneko sonne comme une évidence, il faudrait être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. C’est donc avec une volonté d’approfondir cette sensation que j’ai relu les précédentes séries de l’auteur, à savoir Bambi, Soil et Wet Moon. Certaines récurrences (et pas forcément stylistiques) m’ont frappé de part leur évolution, qu’elles soient significatives ou non. De ce fait, je me suis posé une question : en quoi Deathco est-il un manga d’Atsushi Kaneko ?

(Et comme je suis gentil, je vais essayer d’y répondre.)

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L'ours qui se prenait pour un journaliste..., Ours256

Interview d’Atsushi Kaneko, l’homme qui se fait un film… noir

Le moins que l’on puisse dire est qu’Atsushi Kaneko nous a habitué à ses visites en France, et notamment au festival d’Angoulême. S’il était présent à la dernière édition de la fête de la bande-dessinée internationale, c’est à Paris, dans les locaux de Casterman que nous l’avons rencontré.

Découvert avec Bambi, connu par Soil, reconnu grâce à Wet Moon, voici l’interview d’un mangaka décidément pas comme les autres.

atsushi kaneko interview


Bonjour, pour commencer et pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez choisi de devenir mangaka ?

C’est une question que je me pose aujourd’hui et qui provoque toujours des sensations un peu bizarres chez moi. Avant la fin de mes études à l’université, j’ai eu besoin de survenir à mes besoins et donc j’ai réfléchi à ce que je pouvais faire et l’idée de devenir mangaka m‘est venue. Pourtant, le monde du cinéma m’a toujours intéressé et à un moment de mes études, je me suis dit que j’allais m’orienter vers le monde du cinéma et j’ai même réalisé un film tout seul dans mon coin.

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Gare au manga, Meloku

Atsushi Kaneko : Fly me to the wet moon

Un étrange manga se dissimule dans nos librairies préférées. Conclu en trois volumes, il se distingue dans les rayons grâce à ses couvertures alliant une influence punk et une iconographie cinématographique. Un homme au visage scarifié rappelant Memento. Une lune, un obus dans l’œil, faisant directement écho à Georges Méliès. Vous l’aurez sans doute compris, ce manga atypique est Wet Moon d’Atsushi Kaneko.

Mais avant tout, résumons son histoire. Nous sommes dans les années 60, période durant laquelle les USA et l’URSS se disputent la lune. D’apparence éloignée de cette conquête lunaire, la série prend place quelque part au Japon, dans une station balnéaire fictive du nom de Tatsumi. Sata, un jeune inspecteur zélé et culotté poursuit sans relâche une femme. Cette dernière aurait découpé son amant… Mais alors qu’il lui court après, il s’évanouit. A son réveil, il découvre qu’une mystérieuse plaque métallique est insérée dans son crâne. Celle-ci semble lui provoquer des pertes de mémoire, des troubles de conscience et des hallucinations. Rien que ça.

Wet Moon, sous forme d'affiche de cinéma, à l'honneur dans le magazine Comic Beam.
Wet Moon, sous forme d’affiche de cinéma, à l’honneur dans le magazine Comic Beam.

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