Gare au manga

La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 2

Vous vous souvenez de mon article sur la nouvelle garde du manga alternatif ? Mais si, rappelez-vous, j’y parlais de trois artistes qui ne dessinent pas en suivant les principaux courants du manga. Des auteurs qu’on peut qualifier d’alternatifs, voire même d’avant-garde. Dans cette chronique j’avais présenté Inio Asano, Atsushi Kaneko et Shintaro Kago, une sélection très masculine en somme. Alors il est temps de rééquilibrer les débats, de mettre en avant trois femmes qui sont elles aussi des figures importantes de la nouvelle garde du manga alternatif. Attirer la lumière sur des mangakas modernes au féminin c’est bien gentil mais quitte à prendre le précédent article à contresens, allons plus loin : évoquons des mangakas qui ne vivent pas au Japon.


Junko Mizuno

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Vivant désormais à San Francisco, Junko Mizuno s’est faite remarquer dès la fin des années 90 grâce à son style alliant un design kawaii à un ton trash. Très influencée par Aubrey Beardsley, l’artiste est avant tout une illustratrice dont le style est reconnaissable au premier regard. Dans ses mangas, Junko Mizuno aborde certains thèmes de manière récurrente. Celui de la femme, d’abord, toujours en première ligne. Ses personnages féminins marquent autant par leur force que leur potentielle cruauté, mais aussi par l’érotisme qu’elles dégagent. L’auteure aime représenter des femmes nues à tel point qu’elles s’imbriquent naturellement dans ses compositions. Et derrière ses femmes, on trouve des décors à base de paysages de contes et même de bonbons. On pourrait les qualifier de kawaii, voire même de girly. Sauf que là, on est chez Junko Mizuno : les éléments mignons sont un prétexte pour contraster avec la grossièreté absurde son univers.

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