Gare au manga

Kids on the slope : la relation Sen / Bon

Qualifier Kids on the slope d’œuvre marquante est assurément le moins que l’on puisse faire tant la série de Yuki Kodama brille par bien des thématiques. Manga sur la jeunesse japonaise des années 60 qui se réunit autour du jazz, il évoque aussi bien l’ouverture au monde que l’expression des sentiments. La musique, le mélange culturel et l’amour constituent donc le cœur de cette merveille. Pourtant, l’ingrédient principal n’a toujours pas été abordé… Parce que oui, ce qui marque avant tout dans Kids on the slope c’est cette amitié si puissante entre deux garçons : Sentaro et Kaoru.

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Si vous avez lu Kids on the slope en version française, vous êtes passés totalement à côté du diminutif donné par Sentaro à Kaoru : Bon. Et pour cause, la traduction française de Ryuko Sekiguchi et Patrick Honnoré a pris le parti d’adapter ce terme par « blanc-bec ». Le surnom d’origine est donc un dérivé de bonbon-dono, une expression venue du dialecte du Kansai pour qualifier Kaoru de petit gars naïf de bonne famille. Ce qualificatif est employé dès le second chapitre du manga, c’est-à-dire lorsque les deux garçons se retrouvent pour la première fois en salle de classe, et apparaît de nouveau tout au long de la série. Central dans l’histoire donc, il représente une des deux parties d’un lien que l’on appellera Sen / Bon, amitié indéfectible que nous allons expliquer dans ses moindres détails au cours de cet article.

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Damien, Quod reliquum est

Le couvent des Damnées : Unter die frömmigkeit, die raserei !

Lors de la sortie du tome 1 du Couvent des Damnées, premier titre de la mangaka Minoru Takeyoshi, beaucoup de lecteurs et lectrices se sont probablement dits qu’il s’agirait d’un manga historique sérieux traitant de la sorcellerie dans le Saint-Empire romain germanique du Moyen-âge tardif. Un essai sur les confrontations entre catholiques « alcooliques » et protestants « un instant ! » ou tout simplement une tranche de vie (découennée) chez les bonnes sœurs ? Ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. L’infrastructure du couvent est effectivement présentée sous couvert d’une documentation soignée mais le fil conducteur laisse place à une grande liberté de ton et surtout d’action autour d’un électron libre chargé en gigowatts qui n’a qu’une seule idée en tête : éliminer la bourrelle d’une proche.

Tonight, we dine in hell !

[竹良実] 辺獄のシュヴェスタ 1_00095
Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà dans mon collimateur… – © 2015 Minoru TAKEYOSHI / SHOGAKUKAN
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Gare au manga

Kids on the slope : s’ouvrir au monde

Débutée en 2007 dans les pages de la revue mensuelle Flowers, Kids on the slope est la première série de Yuki Kodama, auteure jusque-là cantonnée à des histoires courtes. Succès d’estime dont la reconnaissance arrive en 2012, soit l’année de la fin de sa publication, grâce au gain du Prix Shogakukan et a une adaptation en série d’animation réalisée par Shin’ichiro Watanabe.

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Il faut dire que l’œuvre a de quoi marquer les esprits. Brillant par la justesse de ses relations entre les personnages, le thème du jazz dans le Japon de la fin des années 60 et le divin coup de crayon de Yuki Kodama, Kids on the slope regorge de qualités afin d’attiser la passion des lecteurs. Plus finement de par leur traitement, des thématiques d’ordre social ou culturel sont abordées à travers le manga. Elles sont en retrait tant les protagonistes et leurs états d’âme occupent le devant de la scène, quand bien même elles font partie d’eux. Cet article a donc pour objectif de se pencher sur la manière dont l’auteure nous convie à élargir notre horizon et s’enrichir d’autres cultures.

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Quod reliquum est

Berserk : Je crois en la violence multiple, démoniaque, angélique et apostolique…

Bien avant Berserk, les délices infernaux d’Hiéronymus Bosch ou encore la géomancie autobiographique et les rêves fantasmagoriques de Salvador Dali, il existait déjà un bestiaire fantastique depuis l’antiquité mésopotamienne. Après le sexe et la mélancolie, il est temps d’effectuer une petite incursion tératologique des créatures humaines devenues monstrueuses, un peu comme la métamorphose des ennemis de Guts

Si vous êtes mélomanes, voici une musique d’ambiance à écouter durant votre lecture. Elle a été concoctée par le groupe de black métal finlandais Beherit.

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© 1989 by Kentaro Miura / HAKUSENSHA, Inc.

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Analyse et ineptie

Symbolisme religieux dans Eden de Hiroki Endo

Dans cet article, nous allons examiner comment la portée symbolique d’une œuvre enrichit le récit. Pour se faire, nous prendrons l’exemple du manga de Hiroki Endo, Eden: it’s an endless world et plus particulièrement de son prologue. Eden: it’s an endless world (qu’on abrègera en Eden tout court, hein) fait partie de ces mangas dont dire qu’il est immensément riche est un euphémisme. Effectivement, par la multitude des thèmes traités que ce soit au fil de toute l’histoire ou seulement au cours d’un arc en particulier, Eden surprend par sa perspicacité permanente. Parmi tous ces thèmes, deux sont particulièrement récurrents à l’ensemble de l’œuvre : la science et la religion. En réalité, ces deux sujets forment les pierres angulaires de tout le manga. Tout d’abord, la science. Elle est le principal fil conducteur à travers le virus (« Closer Virus »). Cette thématique est également présente via la cybernétisation du monde crée par Hiroki Endo. Aux questions sur la science, l’auteur y ajoute souvent des questions théologiques. Habituellement, ces deux idées (la science et la religion) sont émises comme diamétralement opposées, or, Endo comprend que ces questions ne peuvent pas être posées indépendamment de l’autre. Il admet que les questions théologiques vont de paire avec les questions scientifiques et par conséquent, à travers ce processus, il pose tout simplement des questions éthiques car, comme il le dit lui-même, il « essaie de réfléchir sur ce qui est vraiment universel pour nous ». Comme dit précédemment, je vais me concentrer particulièrement sur le prologue car c’est le commencement, le moment où l’auteur pose le contexte et la symbolique qui vont être reconduits durant tout le manga.

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Gare au manga

Les nouveautés manga de 2015 en 7 thématiques

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année 2015 a été riche en nouveautés manga de qualité. Après avoir dressé un petit top de mes œuvres préférées, j’ai décidé d’écrire un bilan de mes lectures les plus marquantes de cette période. Ici, pas de compte-rendu chiffré (vous trouverez mieux ailleurs) ni même personnel (enfin si, un peu quand même), le maître-mot sera thématique. Effectivement, j’ai décidé de mettre en avant des sujets qui m’ont passionné à travers des mangas, tous débutés en 2015, qui les abordent sous des angles différents.

Pour m’aider dans l’écriture, j’ai réuni une équipe de choc, les Foo Fighters du blog manga, j’ai nommé Bobo, Damien, Eck, Enwyn et Raismith.

bilan manga 2015

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Gare au manga, Meloku

Saru : et si la fin du monde débutait dans le Poitou-Charentes ?

Après Les enfants de la mer, les éditions Sarbacane publient en France un nouveau manga du talentueux Daisuke Igarashi : Saru. Singe en japonais. Débuté au Japon en 2009 dans le mensuel Ikki, deux tomes formant une histoire complète paraissent au cours de l’année 2010. En France, le manga est édité sous la forme d’une intégrale de plus de 440 pages. Rien que ça.

saru critique

L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois

Du ciel viendra grand Roi d’effrayeur

Resusciter le grand Roi d’Angoumois.

Avant après Mars régner par bon heur.

Michel de Nostradamus, Prophéties.


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