Galatruc

My Lesbian Experience with Loneliness : un peu de fesse et beaucoup de difficultés

Ce mois-ci chez l’éditeur américain Seven Seas a été annoncée la sortie de My Solo Exchange Diary, la suite du manga autobiographique My Lesbian Experience With Loneliness, de Nagata Kabi, chez le même éditeur. En plus d’être une bonne nouvelle, cette publication est aussi un témoin du succès que cette autobiographie remporte parmi le lectorat anglophone (et japonais, bien sûr). Vous avez d’ailleurs probablement déjà vu sa couverture rose à rayures quelque part, et ce manga a déjà remporté plusieurs prix plus ou moins officiels, au Japon et aux États-Unis. Rien d’officiellement annoncé en France pour l’instant, mais c’est un titre que j’attends avec impatience.

Comme le titre l’indique, il s’agit d’une autobiographie touchant à des sujets très intimes dans les détails, c’est donc une œuvre très personnelle. Et pourtant, c’est aussi une œuvre très universelle par sa clarté et son large éventail de thèmes.

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L’édition américaine chez Seven Seas Entertainment

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Blogception, Damien

Nostroblog a 5 ans : champomy topinambour et kebab vegan pour tout le monde !

3 mars 1096 : Des hordes de bouseux fanatisés se regroupent, depuis le Berry jusqu’à la Lorraine, avant de partir courant avril pour libérer Jérusalem du joug seldjou(g)kide en compagnie de Pierre l’Ermite et de Gautier Sans-Avoir.

3 mars 1792 : Assassinat du maire d’Étampes Jacques Guillaume Simonneau sur fond de révoltes rurales contestant les fortes hausses du prix du blé.

3 mars 1817 : Hugues Duroy de Chaumaray, capitaine de la célèbre frégate La Méduse, est condamné à 3 ans de prison pour avoir abandonné son navire et son équipage.

3 mars 1983 : Hergé, père de Tintin, Quick & Flupke ou encore Jo, Zette & Jocko meurt à la clinique Saint-Luc de Woluwe-Saint-Lambert.

3 mars 2013 : Nostroblog déchire l’espace-temps et montre ses crocs.

Jaws Blue Cake by Scott Hove
5 ans et toutes ses canines ! (Création de Scott Hove)

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bandes dessinées, Kevo42

Megg, Mogg & Owl : Sexe, drogue et dépression nerveuse

Toujours à la recherche de nouveautés croustillantes, le Nostroblog vous présente cette semaine la série Megg, Mogg & Owl. Une bande dessinée en plein dans notre ligne éditoriale, drôle et glauque à la fois.

Megg, Mogg & Owl est une bande dessinée australienne, traduite en France par un petit éditeur appelé Misma et découverte par Stéphane Beaujean qui arrive toujours à glisser des perles de chaos dans la sélection du festival d’Angoulême.

Cette série a débuté par accident. Simon Hanselmann, artiste et auteur de fanzines peint pour une exposition une sorcière et son chat, qu’il nomme en hommage aux personnages d’albums pour enfants Meg, Mog & Owl.  La toile plaît tant qu’il en tire une série d’histoires courtes sur le tumblr http://girlmountain.tumblr.com. La suite est une success story comme Internet les aime, avec édition aux États-Unis chez Fantagraphics et une vraie reconnaissance critique et publique en France.

De quoi parle-t’on ? Megg la sorcière et son conjoint de chat Mogg passent leurs journées à picoler, baiser et se droguer, tandis que leur colocataire Owl essaie tant bien que mal de joindre les deux bouts entre deux boulots dans des call-centers. Ils croisent des personnages pittoresques tels que Mike le roi de la glande et surtout Werewolf Jones, loup-garou dealer, père indigne et agent du chaos de manière générale.

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Gare au manga

Rendez-vous à Udagawachou : regards sur le travestissement

Présentée en France au 43e Festival International de la Bande Dessinée lors d’une exposition dédiée à la naissante revue de prépublication de mangas Hibana, il aura fallu attendre décembre 2016 pour que Hideyoshico soit enfin publiée chez nous. Et avec quel titre ! Rendez-vous à Udagawachou, un manga en six chapitres (et une courte histoire bonus) parus dès 2012 dans le magazine On Blue. C’est certainement son œuvre la plus emblématique. Son retentissement au Japon fut tel que, outre divers prix, elle a été adaptée en film en 2015, sous la direction de Noriko Yuasa.

Rendez-vous à Udagawachou est un boy’s love, c’est-à-dire un manga mettant en scène une relation homosexuelle masculine. L’auteure est connue pour ses romances gays, si bien que l’éditeur français Hana Yaoi continue à la publier avec des titres comme Gentleman et Sadistic ou encore Nennen Saisai. Mais elle ne dessine pas uniquement des BL, comme pouvait en témoigner la présentation de Romeo ga Rival (une comédie entre un jeune asocial et un cheval) à Angoulême. Elle est également active dans le milieu amateur avec ses nombreux dojinshi dédiés à L’attaque des Titans ou même une sublime histoire dans l’univers de Yotsuba.

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Au cœur de son manga, Hideyoshico s’empare de la thématique du travestissement. Ce sujet fort faisant le charme de Rendez-vous à Udagawachou, il convient de s’attarder dessus et de l’analyser selon une question : que nous dit ce manga sur la représentation du travestissement ?

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Gare au manga

Quand le manga s’empare des problématiques LGBT

Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses personnes qui n’ont rien de mieux à faire que s’occuper de la sexualité des autres. Pour elles, un couple se compose d’un homme et d’une femme, et tous les schémas différents sont considérés comme anormaux, voire contre-nature. Oui l’homosexualité fait peur, à tel point que certains voudraient que cela reste un sujet tabou. Ces mêmes personnes manifestent contre le mariage pour tous, sont outrées par des campagnes de prévention mettant en scène des couples gays, peuplent les réseaux sociaux de commentaires homophobes pour expliquer pourquoi leur sexualité vaut plus que celle des autres.

Parce qu’on a aimé une personne de son sexe, parce qu’on est mal dans sa peau et qu’on désire changer de sexe, on peut se faire oppresser, agresser, tuer ! Le quotidien peut vite devenir une horreur, d’autant plus que les homophobes n’ont plus peur de revendiquer leur haine.

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Alors dans cet article on va parler de mangas, comme d’habitude. Et plus précisément, nous mettrons en avant la manière dont certaines bandes dessinées japonaises traitent de l’homosexualité ou du changement de genre. Il s’agit d’un billet engagé qui n’a pas pour objectif d’aborder des œuvres qui dénigrent la communauté LGBT. Il a plutôt vocation à pousser à la réflexion et analyser comment des auteurs abordent le sujet. L’heure n’est pas à la victimisation. Et si ça dérange l’homophobe qui sommeille en vous : tant pis.

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Damien, Mirabilia

MURAKAMI Takashi : le chewing-gum collé à la carie de l’humanité

Fin novembre 2000 : tandis que plusieurs d’entre vous dormaient en classe ou chouinaient en public pour que maman vous offre votre kinder surprise à l’Intermarché du coin, je visitais une exposition qui m’a bouleversé sur bien des points. Intitulée Au-delà du spectacle, elle s’est tenue au Centre Pompidou jusqu’au 8 janvier 2001. J’en ai retenu deux éléments primordiaux :

  • Le concept d’esthétique relationnelle de Nicolas Bourriaud. Esthétique rela-quoi ? Je m’explique : il s’agit d’une théorie élaborée en 1998 expliquant la manière dont l’art met en jeu de plus en plus d’interactions humaines, faisant parfois naître une œuvre. Les années multimédia se concentrent autour du désir collectif de créer de nouveaux espaces de convivialité et d’instaurer de nouveaux types de transactions face à l’objet culturel. Ces derniers sont des vecteurs et des producteurs potentiels de sociabilité où le dialogue et l’intersubjectivité confèrent à l’œuvre l’opportunité de montrer et de suggérer son processus de fabrication, sa position dans le jeu des échanges (références, impact, réciprocité) et la fonction qu’elle assigne au « spect-acteur ». L’iconologie panofskienne (le jeu des références dans l’histoire de l’art) demeure mais est reléguée au second plan par l’expérience personnelle du visiteur qui imbrique ses connaissances sur l’œuvre comme autant de briques légitimant à ses yeux son existence et l’éducation qu’il a reçu et se fabrique.
  • Les provocations ero-kawaii de l’artiste japonais Takashi Murakami. Et il va me falloir plus d’un paragraphe car j’en ai pris plein la vue. Retour sur les deux œuvres sulfureuses présentées dans cette exposition… Attention, article NSFW !!

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bandes dessinées

O.M.W.O.T. , l’humour c’est sérieux

couverture

Dans un avion, un homme fume en lisant son journal. Des terroristes prennent d’assaut l’appareil mais il n’est pas impressionné. Il est le O.M.W.O.T. , One Man War On Terror (Soldat Solitaire Contre la Terreur), agent d’élite en costume et cheveux blonds impeccablement peignés, chargé de rétablir la paix à tout prix et tant pis pour les dommages collatéraux.

Quelque part entre l’hommage aux bandes dessinées de gare pour le style graphique, le Hard Boiled de Darrow et Miller pour la destruction totale, et Pascal Brutal pour la virilité paroxystique, cette bande dessinée de Benjamin Marra publiée par les Requins Marteaux en impose à son lecteur, qui ne peut qu’être fasciné par le prédateur de la terreur, véritable parangon de l’esprit Américain.

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Gare au manga

Le rôle des femmes dans Hunter x Hunter

Quand on parle de codes du manga, c’est en réalité à un genre bien précis qu’on fait allusion : le nekketsu. Cette catégorie, vous la connaissez tous car elle a connu un immense succès au Japon comme en occident avec Dragon Ball et elle a continué à nous servir des séries populaires telles que One Piece et Naruto. Mais aujourd’hui, c’est un tout autre manga qui nous intéresse.

Débutée en 1998 dans les pages de la revue Shonen Jump, Hunter x Hunter est une œuvre de Yoshihiro Togashi, un auteur alors reconnu à qui on doit l’immense succès qu’est Yuyu Hakusho ainsi qu’un titre plus expérimental nommé Level E. Hunter x Hunter débute comme le plus parfait des nekketsu, suivant à la lettre les codes instaurés par ses aînés. Et pourtant, plus on avance dans le manga et plus on se rend compte que l’auteur brise l’ossature de règles que l’on croyait établies. C’est pourquoi, à travers une série d’articles, nous allons nous pencher sur la méthode employée par Yoshihiro Togashi permettant cette déstructuration du nekketsu. De cette manière, on en apprendra plus sur le genre, le manga en question et même l’auteur. Dans cette chronique, c’est la question de la place de la femme qui sera abordée.

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Gare au manga

La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 3

On ne prend pas les mêmes et on recommence. Après un premier article sur la nouvelle garde du manga alternatif, puis un second, voici le retour d’une rubrique visant à vous faire découvrir des auteurs. Ce ne sont pas forcément ceux dont on entend le plus parler en France et pourtant ils ont du talent à revendre et brillent par leur style aussi unique que personnel. Il n’y a pas vraiment de thématique précise pour la liste du jour, si ce n’est que les auteurs présentés dans cet article sont publiés depuis peu chez nous. L’occasion de les découvrir plus en profondeur, en espérant que des éditeurs se penchent un peu plus sur leurs travaux.


Asumiko Nakamura

asumiko nakamura photo

Publiée dès le début des années 2000, Asumiko Nakamura se fait remarquer par ses boy’s love au style inimitable qui pourrait paraître comme naturel chez elle tant il est au point dès ses premiers mangas (La respiration de Copernic et J no Subete en tête de liste). Emprunt d’une certaine élégance, c’est le sens artistique développé de l’auteure qui apparaît en premier lieu. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il cache une noirceur sans fond capable de mettre mal à l’aise bien des lecteurs. L’artiste aime mettre en scène des prédateurs sexuels, elle ne rechigne jamais à dessiner des actes incestueux ou pédophiles. Tout cela en fait une auteure atypique qui s’est constituée une base de lecteurs en dehors même du cercle des amateurs de boy’s love.

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Le bazar du renard

[interlude visuel]

La beauté est inutile, et c’est précisément pour cela qu’elle est attirante. C’est sur cette base que je vous propose de perdre agréablement votre temps avec mon article. Ici, je vais vous proposer une série d’illustrateurs dont j’apprécie le travail et qui touchent à des thèmes qui me fascinent. On va éviter au maximum les textes, pour le plaisir des yeux (et plus, si affinité).

Bonne visite. Et pensez à cliquer sur les images pour les agrandir.

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