Terra Incognita

Le Mbira Nyunga Nyunga : à fleur d’acier

En rangeant mes affaires, je suis retombé sur ceci :

 

Mon vieux mbira nyunga nyunga. Késako, me direz-vous ?

Si je vous demande de me citer un instrument traditionnel d’Afrique, plusieurs mentionneront l’incontournable (voire insupportable lorsqu’il est mal employé) djembé. De fait, notre inconscient collectif tend à croire que la musique africaine se résume à des percussions accompagnant quelques instruments à cordes. Mais, comme souvent, ce continent est mésestimé sur bien des aspects culturels et retrouver mon instrument est une bonne occasion d’y remédier modestement.

(En revanche, n’attendez pas de ma part une démonstration vidéo : mes ongles sont trop courts et mes phalanges sacrément rouillées…)

Lire la suite « Le Mbira Nyunga Nyunga : à fleur d’acier »

Publicités
Mirabilia

Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 2/2)

Dans la précédente partie, nous avions évoqué plusieurs caractéristiques du théâtre kyôgen : ses origines, son jeu scénique et son matériel (masques, accessoires et costumes). Après un bref aperçu des pièces jouées, nous allons nous intéresser aux acteurs qui, en les « réactivant », contribuent à la perpétuation d’une tradition vieille de 4 siècles, classant ainsi certaines familles d’acteurs au rang de « Trésor national Vivant ».

Lire la suite « Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 2/2) »

Mirabilia

Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 1/2)

Introduction

Issu d’un terme en bas latin (masca, « spectre, sorcière »), le masque est un objet souple ou rigide couvrant (partiellement ou intégralement) le visage et représentant lui-même une face (humaine, animale, imaginaire, etc.). Cette notion démoniaque est associée dans l’imaginaire populaire au fait que le masque suscite généralement l’effroi mais aussi la surprise (la Toussaint au Mexique, les carnavals en Europe, etc. ). Toutefois, le masque en lui-même n’est qu’un objet, une œuvre plastique qui vaut autant par la démarche de son support que par sa forme : il arrive parfois qu’il ne soit pas dans l’obligation de représenter un personnage particulier, puisqu’il est le symbole animé d’un groupe, d’une communauté. Le masque doit donc être perçu comme une transmutation évanescente de l’identité qui tente de franchir un domaine divin, révéler une personnalité enfouie, s’enfoncer dans la féerie de la danse ou encore se projeter dans le monde du théâtre.

transmutation
Non, nous n’allons pas parler de cette transmutation-ci, même si un sujet sur la théâtralité et le masque dans les tokusatsu peut s’avérer très intéressant.

Parlons justement du théâtre et intéressons-nous, notamment au travers du masque, à une de ses formes pratiquée au Japon mais plutôt méconnue en Occident. Tout le monde connaît, ne serait-ce que de nom, le ou encore le kabuki. Mais qu’en est-il du kyôgen ?

Lire la suite « Kyôgen : la folie maîtrisée (partie 1/2) »

Gare au manga

Chiisakobé : l’art délicat d’exprimer ses sentiments selon Minetaro Mochizuki

Il existe des mangakas qui sont des monstres sacrés dans leur pays et qui n’arrivent pourtant pas à trouver un public en France. C’est le cas de Minetaro Mochizuki. Lauréat du Kodansha Award en 1997, puis du Prix Tezuka en 2000, décrit par Katsuhiro Otomo (le papa d’Akira s’il vous plait) comme « le mangaka le plus doué de sa génération », les classiques de l’auteur sont boudés par le public francophone. Même son Dragon Head, une œuvre d’une puissance sans égale, a été un échec, bien que publié par Pika (et Manga Player, son ancêtre) en deux éditions.

Malgré tout, aujourd’hui, Le Lézard Noir donne une nouvelle chance à l’auteur dans nos contrées en publiant son dernier manga : Chiisakobé. Alors qu’elle était publiée dans la revue japonaise Big Comic Spirit depuis 2012, la série s’est terminée il y a peu. Au total, le manga compte donc quatre tomes. Chaque volume de l’édition française coûte 15€ et la traduction du japonais est assurée de main de maître par Miyako Slocombe.

chiisakobé tome 1 critique Lire la suite « Chiisakobé : l’art délicat d’exprimer ses sentiments selon Minetaro Mochizuki »