Gare au manga

Rendez-vous à Udagawachou : regards sur le travestissement

Présentée en France au 43e Festival International de la Bande Dessinée lors d’une exposition dédiée à la naissante revue de prépublication de mangas Hibana, il aura fallu attendre décembre 2016 pour que Hideyoshico soit enfin publiée chez nous. Et avec quel titre ! Rendez-vous à Udagawachou, un manga en six chapitres (et une courte histoire bonus) parus dès 2012 dans le magazine On Blue. C’est certainement son œuvre la plus emblématique. Son retentissement au Japon fut tel que, outre divers prix, elle a été adaptée en film en 2015, sous la direction de Noriko Yuasa.

Rendez-vous à Udagawachou est un boy’s love, c’est-à-dire un manga mettant en scène une relation homosexuelle masculine. L’auteure est connue pour ses romances gays, si bien que l’éditeur français Hana Yaoi continue à la publier avec des titres comme Gentleman et Sadistic ou encore Nennen Saisai. Mais elle ne dessine pas uniquement des BL, comme pouvait en témoigner la présentation de Romeo ga Rival (une comédie entre un jeune asocial et un cheval) à Angoulême. Elle est également active dans le milieu amateur avec ses nombreux dojinshi dédiés à L’attaque des Titans ou même une sublime histoire dans l’univers de Yotsuba.

rendez-vous à udagawachou - hideyoshico.jpg

Au cœur de son manga, Hideyoshico s’empare de la thématique du travestissement. Ce sujet fort faisant le charme de Rendez-vous à Udagawachou, il convient de s’attarder dessus et de l’analyser selon une question : que nous dit ce manga sur la représentation du travestissement ?

Lire la suite « Rendez-vous à Udagawachou : regards sur le travestissement »

Publicités
Gare au manga

Quand le manga s’empare des problématiques LGBT

Aujourd’hui encore, il existe de nombreuses personnes qui n’ont rien de mieux à faire que s’occuper de la sexualité des autres. Pour elles, un couple se compose d’un homme et d’une femme, et tous les schémas différents sont considérés comme anormaux, voire contre-nature. Oui l’homosexualité fait peur, à tel point que certains voudraient que cela reste un sujet tabou. Ces mêmes personnes manifestent contre le mariage pour tous, sont outrées par des campagnes de prévention mettant en scène des couples gays, peuplent les réseaux sociaux de commentaires homophobes pour expliquer pourquoi leur sexualité vaut plus que celle des autres.

Parce qu’on a aimé une personne de son sexe, parce qu’on est mal dans sa peau et qu’on désire changer de sexe, on peut se faire oppresser, agresser, tuer ! Le quotidien peut vite devenir une horreur, d’autant plus que les homophobes n’ont plus peur de revendiquer leur haine.

le-manga-lgbt

Alors dans cet article on va parler de mangas, comme d’habitude. Et plus précisément, nous mettrons en avant la manière dont certaines bandes dessinées japonaises traitent de l’homosexualité ou du changement de genre. Il s’agit d’un billet engagé qui n’a pas pour objectif d’aborder des œuvres qui dénigrent la communauté LGBT. Il a plutôt vocation à pousser à la réflexion et analyser comment des auteurs abordent le sujet. L’heure n’est pas à la victimisation. Et si ça dérange l’homophobe qui sommeille en vous : tant pis.

Lire la suite « Quand le manga s’empare des problématiques LGBT »

Gare au manga

La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 3

On ne prend pas les mêmes et on recommence. Après un premier article sur la nouvelle garde du manga alternatif, puis un second, voici le retour d’une rubrique visant à vous faire découvrir des auteurs. Ce ne sont pas forcément ceux dont on entend le plus parler en France et pourtant ils ont du talent à revendre et brillent par leur style aussi unique que personnel. Il n’y a pas vraiment de thématique précise pour la liste du jour, si ce n’est que les auteurs présentés dans cet article sont publiés depuis peu chez nous. L’occasion de les découvrir plus en profondeur, en espérant que des éditeurs se penchent un peu plus sur leurs travaux.


Asumiko Nakamura

asumiko nakamura photo

Publiée dès le début des années 2000, Asumiko Nakamura se fait remarquer par ses boy’s love au style inimitable qui pourrait paraître comme naturel chez elle tant il est au point dès ses premiers mangas (La respiration de Copernic et J no Subete en tête de liste). Emprunt d’une certaine élégance, c’est le sens artistique développé de l’auteure qui apparaît en premier lieu. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il cache une noirceur sans fond capable de mettre mal à l’aise bien des lecteurs. L’artiste aime mettre en scène des prédateurs sexuels, elle ne rechigne jamais à dessiner des actes incestueux ou pédophiles. Tout cela en fait une auteure atypique qui s’est constituée une base de lecteurs en dehors même du cercle des amateurs de boy’s love.

Lire la suite « La nouvelle garde du manga alternatif, numéro 3 »

Manga

Gengoroh Tagame & le manga gay

Gengoroh Tagame fut (et est encore à vrai dire) l’ambassadeur du manga gay en France et dans le monde. Au Japon, il a été le premier à mélanger pornographie homo et sadomasochisme dans un même manga. En effet, en plus de dessiner des messieurs musclés ou bien en chair mais pratiquement toujours poilus, le mangaka a aussi un style de récit bien à lui, rempli de BDSM (acronyme mixant plusieurs abréviations en une : Bondage & Discipline, Domination & Soumission, Sado-Masochisme), de violences sexuelles et de tortures physiques (on est à ça près de l’eroguro)(voir le futur article de Meloku pour plus de précisions sur le sujet #TEASING). Pour faire bref, ses histoires sont souvent assez dures, parfois horribles, et finissent rarement bien (euphémisme).

Note : je n’emploie pas le terme « bara » (le « hentai homo ») contrairement à l’usage habituel en Occident, puisque, comme l’explique Tagame dans Massive – Gay Erotic Manga and the Men who make it, il s’agit en fait d’un terme insultant utilisé par les hétéros japonais pour qualifier les homos. Ces derniers se sont réappropriés le terme dans les années 60 avec la publication d’un magazine gay du même nom, avant qu’ils ne tombent dans l’oubli (le mag’ et le mot). Avec l’arrivée d’internet des années plus tard, le terme est revenu d’entre les morts et les mangas gays se sont vu qualifiés de « bara », et ce malgré sa connotation négative dans son pays d’origine. Si certains mangakas se moquent un peu (façon de parler) de ce retour inattendu, ce n’est pas le cas de Gengoroh Tagame qui préfère ne pas voir ce mot associé à son travail (il semble cependant avoir mis un peu d’eau dans son vin à ce sujet depuis la sortie de Massive en 2014) (la conférence que j’ai linkée vaut le coup d’être lue/écoutée sinon). Le terme est cependant trop ancré dans la culture internet pour espérer sa disparition à court ou même long terme. Au Japon, ce type de mangas est plutôt désigné sous le nom de gay/gei (ゲイ) manga.ototo no otto 7 p6

Lire la suite « Gengoroh Tagame & le manga gay »

Avis d'un bédéphile, Raismith

Les genres de mangas sont-ils voués à disparaître ?

Shônen (jeune garçon), shôjo (jeune fille), seinen (jeune adulte homme), josei (jeune adulte femme), yaoi (mise en scène de relations homosexuelles masculines), yuri (mise en scène de relations homosexuelles féminines), kodomo (enfant) : voici la très grande majeure parties des types de classification de manga.

Death Note en couverture du Weekly Shônen Jump
Death Note en couverture du Weekly Shônen Jump

La règle est simple : un magazine de prépublication, un genre attribué et basta. Death Note, manga à tendance anthropo-sociologique, est publié dans le Shônen Jump : c’est un shônen. Chi – une vie de chat, manga kawaii montrant un petit chat qui s’amuse de tout avec un vocabulaire d’enfant est publié dans Morning : c’est un seinen. Chihayafuru, manga bourrés d’effets rosaces comme dans plein de séries shôjo et mettant en scène des jeunes qui se surpassent dans un jeu à compétition comme dans pleins de séries shônen est publié dans Be Love : c’est un josei. Si vous fréquentez les forums et les réseaux sociaux, vous avez peut-être un peu débattu avec d’autres internautes qui ne sont pas d’accords avec votre vision de la classification d’une série. « Il faut l’acter maintenant : il n’y a pas de bagarre dans Death Note, ni de surpassement de soi, mais c’est quand même un shônen ! » ou au contraire « ce n’est pas possible que Chi soit un seinen, ça saute aux yeux que c’est un manga enfantin ! ».

La réalité est plus nuancée.

Lire la suite « Les genres de mangas sont-ils voués à disparaître ? »

L'hikikomori est de sortie, Meloku

Un samedi au TGS

Une jeune fille fait tomber une pomme à l’arrêt de bus. Je la ramasse et lui tend. Elle la prend et la replace dans son papier. Je me rends alors compte qu’il s’agit de Holo…

Un Toulouse Game Show qui s’achève ainsi ne peut-être qu’un bon Toulouse Game Show. Et pourtant ce n’était pas gagné d’avance… Les deux derniers TGS que j’ai fait étaient en tout point catastrophiques, alors je n’attendais pas grand chose de celui-ci. De plus, le fait que le prix du billet augmente d’année en année ne m’a pas franchement donné envie de m’y rendre… Et pour finir, j’ai failli m’étouffer en voyant la programmation: youtubeurs, journalistes stars du jeu vidéo, animateurs de No-life… Au secours !!

tgs

Lire la suite « Un samedi au TGS »