Les Pommes Miracle : un manga d’alerte et d’espoir.

Il est toujours agréable de feuilleter un manga qui véhicule un message d’espoir. Les Pommes Miracle fait parti de ceux-là : on peut cultiver des pommes ou tout autre végétal de manière naturelle au XXe et XXIe siècle : sans pesticides ou engrais. Il ne manque plus que les OGM pour arriver à faire bondir les grands manitous des entreprises de biotechnologie agricole et d’agrochimie. Durant ce court article, je vais tirailler ma pensée entre les faits qui ont lieu dans le manga et ceux de la vie de tous les jours. Le plus dur est de ne pas plonger dans le passionnel et l’étalage de faits…

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L’amour entre un homme et ses vergers.

Durant la lecture, on suit un jeune agriculteur japonais, Akinori Kimura, qui est un scientifique dans l’âme : ouvrir une radio, disséquer un moteur, tapoter sur un nouvel objet ou encore être séduit par une machine. Tout l’envoyait en ville et non dans un champ mais le destin n’en avait pas décidé ainsi. Suite à un concours de circonstances, cet arboriculteur de naissance reprend une exploitation agricole. La pomme est considérée comme un fruit doré : son prix reste constant et est assez élevé. Néanmoins, la culture de ce faux-fruit nécessite une importante série de pulvérisation de pesticides selon un calendrier avare de ligne blanche. Fervent défenseur du produit chimique de synthèse, Akinori va décider de basculer dans un culture naturelle. Pourquoi ? Par amour : son épouse ne supporte plus les vaporisations de pesticides, s’épuise en quinte de toux et devient de plus en plus faible physiquement. Et en plus, ça coûte des pépettes les litres de produits chimiques.

On a ici l’un des premiers problèmes de l’agriculture moderne : les pesticides de synthèse (herbicides, fongicides, insecticides, etc…). Ces produits chimiques puissants ont pour objectif de tuer tout être vivant qui parasite une culture. Il n’est donc pas anormal qu’ils aient un impact sur la santé de ceux qui en respirent à grandes bouffées. Les produits les plus connus sur le Vieux Continent sont le Roundup produit par Monsanto et le Gaucho ou le Cruiser produits respectivement par Bayer et Syngenta. Des multinationales à faire pâlir de jalousie les plus grands génocidaires de l’Histoire. Des produits à l’ardoise meurtrière : favorisent l’apparition des cancers, une action reprotoxique sur les populations en contact constant ou au massacre d’abeilles. Ces substances censées faciliter la vie de l’agriculteur sont-elles nécessaires pour cultiver des céréales, des légumes et des fruits ? Kimura nous démontre que non mais le périple sera laborieux et pénible : doute, peine et souffrance pour chemin de croix.

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Les enfants ont toujours raison !

Après plusieurs tentatives plus ou moins fructueuses, il va réussir à solutionner chaque problème un à un. Les insectes, les vers et les champignons grignotent les cultures ? S’armer de patience en retirant chaque bestiole à la main et d’ingéniosité en essayant plusieurs antiseptiques naturels (vinaigre par exemple). Les mauvaises herbes s’accumulent aux pieds des plantes ? Labourer grossièrement la terre avec des chaînes afin de casser les graines avant qu’elles ne germent. Les cultures ont besoin d’engrais artificiels pour pousser ? Parsemer les semences de fientes et renouveler le sol avec une terre molle et tiède favorisant l’expansion des racines. Les années passent, les épreuves le rident et la victoire de la nature sur l’homme est sans appel : des pommes poussent sans utiliser des agents phytosanitaires. Le message est fort de sens : la volonté et la persévérance rendent l’impossible possible. Encore plus marquant quand on apprend que les faits relatés ont vraiment eu lieu. Une leçon de vie. Néanmoins, une chose n’est pas évoqué : les OGM.

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Eurêka !

Les organismes génétiquement modifiés sont introduits dans le commerce officiellement depuis seulement vingt ans. Le laps de temps aussi court soit-il n’a pas freiné le Nouveau Continent à semer à tour de bras cette nouvelle technologie encore bien trop incomprise : maïs, soja, blé, riz, coton, tomate, tabac, … tout y passe ! Ces organismes transgéniques ont la faculté de résister à des pesticides ou bien de créer leur propre pesticides. Loin de la boutade des grosses céréales et des gros légumes américains, les produits sont gorgés de substances chimiques ayant une conséquence réelle sur un organisme vivant. Triste monde dans lequel on modifie une plante pour améliorer le rendement économique et non pour lui donner un meilleur goût, au choix.

Cette histoire permet au lecteur de se questionner sur la manière d’aborder la culture des végétaux. Le récit basé sur la vie d’Akinori Kimura véhicule une belle morale et amène une réflexion sur l’utilisation irraisonnée de la science. L’amour de la nature et du vivant est le terreau de ce manga engagé. Sans tomber dans le pathos, il nous questionne sur le monde que l’on veut laisser aux générations futures. Et ça, c’est bien !

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6 réflexions sur “Les Pommes Miracle : un manga d’alerte et d’espoir.

  1. Quelle surprise, je ne savais pas qu’il existait aussi un manga ! J’ai moi aussi été emballée par l’histoire de Akinori Kimura que j’ai pu découvrir via l’adaptation en film (réalisée par Yoshihiro Nakamura).

    Bravo pour cet article qui est certes engagé mais pas rébarbatif !

    1. Kartoon

      J’étais tombé sur les images de l’adaptation filmique en faisant des recherches, il faudra que je la visionne un jour ! Et ces deux oeuvres sont adaptées du livre qui adapte l’histoire du bonhomme : une poupée russe quoi ! (merci !)

      1. Le film vaut vraiment le détour, notamment pour l’acteur Sadao Abe qui d’habitude se cantonne à des rôles comiques et là il a su faire passer l’émotion. Wow bon il y a de quoi faire sur le sujet décidément (ça me rappelle Library Wars qui utilise plusieurs supports aussi – livre, manga, anime, film !)

  2. Bel article, tu pointes bien du doigt le côté nocif des produits utilisés dans l’agriculture.
    L’emprise des Monsanto and co est énorme mais j’ai plus retenu dans la lecture du manga le côté quasi sacrificiel de Akinori. Il est prêt à tout pour réussir, et également cette aide spontanée qui l’air de rien montre cette entraide dans le milieu agricole.

    1. Kartoon

      Je te remercie ! Parfait, ma mission est une réussite alors.
      J’ai ressenti les mêmes choses. Les émotions, du début à la fin, sont retranscrites avec talent.
      Le débordement sur les OGM et l’industrie des pesticides permet de pousser au bout du bout la démarche du titre.
      L’entraide dans le monde agricole est un peu une coutume : générosité et partage en sont les valeurs. Je n’en ai pas parlé dans l’article mais Monsanto a annihilé ces notions et a instauré à la place un climat de dénonciation et de méfiance (cf la police des gènes). De quoi rendre leur démarche encore plus vomitive au possible…

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