Discussion autour de PNL, Part. 1 : Je leur chante ma haine et ils applaudissent

Après un bon millier d’écoutes des trois projets de PNL (Peace N’ Lovés) puis quelques discussions passionnées et passionnantes portant sur ce groupe de rap français, j’ai eu la bonne idée de proposer à Enwyn une discussion argumentée sur Nostroblog.

C’est donc sur la narration qui s’étend sur les trois projets (Que la Famille, Le Monde Chico et Dans la Légende) que cette conversation portera.

De gauche à droite : Que La Famille (2015), Le Monde Chico (2015), Dans La Légende (2016)

N (Neer) : Avant d’entrer dans le vif du sujet, Enwyn, pourrais-tu nous raconter ta découverte de PNL et quelles ont été tes impressions à la première écoute ?

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« Le RAP cette musique d’illettrés »

« Le Rap c’est juste des mecs qui savent pas chanter », « le Rap c’est misogyne et homophobe » Il m’arrive souvent d’être confronté à ce genre de remarques et ce sont des préjugés très répandus encore en 2017, si bien qu’il est courant d’entendre cette phrase : « j’écoute de tout sauf du rap [et du metal] ». Très bien, j’annonce la couleur. Ce que je vais dire paraîtra extrême mais j’ose prendre position dans cet article. Ceux qui revendiquent ne pas aimer le rap sont victimes de préjugés pouvant être jusqu’à racistes. Pour ces personnes, la bonne musique ne peut pas être faite par des gens de la cité, ils ont une idée préconçue de ce que doit être un chef-d’œuvre de musique. Si ce n’est pas quelqu’un de parfaitement lettré élevé en lisant du Victor Hugo, et s’il s’agit de quelqu’un qui s’habille en survêtements et crache de gros mollards par terre, sa musique sera obligatoirement moins bonne que celle d’un artiste possédant une culture pointue et une plume irréprochable. C’est donc cela l’art ? C’est donc cela la musique ? C’est donc cela la poésie ?

Le rap est un genre musical né aux États-Unis dans les années 70 et s’inscrit dans le mouvement culturel qu’on nomme hip-hop. C’est une musique populaire dont il est même possible de faire remonter ses origines à la musique des troubadours du Moyen-âge (voire même bien avant) avec laquelle le rap entretient bien des points communs. Le rap se caractérise par ses couplets en rimes entrecoupés le plus souvent par des refrains et qui se pose sur un rythme (principalement un beat). Cet article propose une porte d’entrée au rap français, car c’est le plus abordable pour un francophone même si le rap US et celui des autres pays du monde sont très riches et ne demandent qu’à être explorés. Voici donc une sélection de rappeurs français possédant chacun leur style et qui maîtrisent leur art. Cette sélection n’est pas un classement.

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GRAVE, de l’eroguro dans le cinéma français ?

Grave est un film réalisé par Julia Ducournau, une inconnue au bataillon qui se démarque clairement des réalisateurs français actuels. En effet, ce film est une œuvre singulière qui se trouve à la croisée des genres : entre film de genre, thriller, comédie et film d’horreur, il est manifestement difficile de coller une étiquette dessus. Et ceci n’est pas pour déplaire la rédaction de Nostroblog. Quitte à analyser cette œuvre, autant prendre un angle original à l’instar de son parti pris en le mettant en lien avec l’eroguro, courant artistique japonais alliant érotique et grotesque.

Dès lors, de quelle manière Grave témoigne-t-il d’une alliance entre l’érotique et le grotesque ?

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Le réalisme graphique dans les mangas

Qu’est-ce que le réalisme ? Se dit réaliste généralement ce qui est proche de la réalité. La signification varie selon le contexte dans lequel ce terme est employé ; il existe le courant pictural réaliste comme il existe le courant littéraire réaliste. Mais ici, il s’agira de se rapporter au graphisme qui se veut être une représentation fidèle du réel.

Ainsi, inutile de faire un listing des œuvres possédant un style graphique réaliste, ce ne serait pas intéressant. Et bien que, par exemple, le style graphique de Tetsuo Hara ou de Boichi puissent être qualifiés de réalistes, je ne les considère pas réalistes au sens propre dans la mesure où il y a énormément d’exagérations (muscles extrêmement saillants, déformations etc.). Ces mangakas usent également d’une abondance de codes visuels, sans parler de l’idéalisation des corps qu’ils soient féminins ou masculins. Non, ce qui nous intéresse est un réalisme qui permette au manga de s’émanciper de ces exagérations graphiques et de ces stéréotypes.

Dès lors, en quoi le réalisme peut-il permettre à un manga de s’affranchir de ses codes ?

Il s’agira donc dans cet article de comparer trois mangakas qui tentent bien différemment d’innover en usant du réalisme.

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L’Existentialisme de Sartre transposé dans Gunnm

L’existentialisme est un courant à la fois philosophique et littéraire qui date du XXème siècle. Mais des pensées existentielles ont vu le jour bien avant et parmi ses précurseurs on peut citer notamment Nietzsche ou Dostoïevski. Dans cet article je me concentrerai sur l’existentialisme de Jean-Paul Sartre tiré de L’être et le néant (toutes les citations que je ferai proviennent de cet ouvrage). Pourtant, parler philosophie sur Nostroblog est un peu hors-sujet, alors pour rester dans le thème faisons ensemble le lien avec un manga, chef-d’œuvre de science-fiction. J’ai nommé Gunnm.

gunnm analyse philosophique

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Takeshi Obata, du lyrisme poétique au sublime réaliste

Takeshi Obata est un dessinateur de mangas que vous devez sûrement connaître puisque très célèbre dans la sphère du manga. Il est principalement connu pour avoir entre autres dessiné Death Note, Bakuman et Hikaru no Go. Le succès de ces trois œuvres majeures a touché une majorité des consommateurs de mangas (et d’animes mais ça n’est pas le sujet) à travers le monde. Pourquoi ? Parce que ses œuvres permettent une identification et une immersion immédiates du lecteur. Toutefois dans cet article, nous nous intéresserons exclusivement au dessin.

Avant tout, Obata est (et se considère) professionnel. Avec tout ce que cela implique ; c’est-à-dire maîtrise de l’anatomie, des perspectives, de l’art du découpage, bref de tous les codes du dessin académique et du manga. Mais ce qui nous intéresse se situe d’un point de vue stylistique. En effet, on observe une différence cruciale en comparant le trait d’Obata dans Death Note et son trait dans Bakuman. Pourquoi ? Comment ? Dans quel but ? Y a-t-il une différence entre chacune de ses œuvres ? En quoi l’approche stylistique d’Obata se fragmente-t-elle au sein de son œuvre ?

takeshi obata art style

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