Série Z

Ce billet est un peu de la triche, car il ne me demande pas trop d’efforts. Mais ce n’est pas comme s’il n’en avait jamais demandé, puisque c’est le fruit de plusieurs jours de travail en 2009.

Cela fait donc quatre ans que j’ai écrit cette nouvelle. Elle m’avait fait remporter un petit concours amical fait sur un forum à l’époque, donc le thème était « Le Fantastique ou l’Horreur au Cinéma ».

Pour ceux qui apprécient le confort du pdf, voici le lien: http://www.fichier-pdf.fr/2012/12/03/serie-z/serie-z.pdf

Et pour les autres, ça commence quelques lignes plus bas.

***

 Série Z

Brian et Jessica couraient, tentant de ne pas percuter un arbre dans l’obscurité du crépuscule. Ils n’avaient pas le temps de faire réellement attention, il fallait éviter les obstacles à l’instinct. C’était une question de survie. Le tueur n’allait pas s’arrêter par compassion envers leur fatigue.
Même si—
Euh…
Attendez.
Oui, là, vous en train de lire le texte. Bonjour. Vous vous demandez probablement ce qu’il se passe.
Pardon ?
Qui je suis ? Ah oui, j’aurai peut-être du commencer par là… Désolé, je suis le narrateur de cette histoire. Hem, en fait je devrais peut-être changer de police quand je m’adresse directement à vous, ça rendrait le tout plus compréhensible, non ?

Comme ça c'est bon ?
Un peu moche, oui.

Bon et si on disait juste en gras, ça vous convient ? Ouais ? Nickel. Donc dès que le texte est en gras c’est que j’ai un petit truc à vous dire.
Alors j’en étais où moi… ah oui, donc je suis le narrateur. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment j’ai eu ce job vu que je n’ai qu’un tout petit rôle dans cette histoire. Enfin bref, ça fait toujours sympa sur un C.V.
Mais je ne suis pas intervenu juste pour raconter ma vie. J’imagine que vous devez vous sentir un peu décontenancé par le début de cette histoire. On arrive, et boum ! Y a deux personnes qu’on connaît pas du tout qui courent dans une forêt, un tueur, le mot « crépuscule » histoire de se la jouer romantique. En fait, c’est ce qu’on appelle un « In media res », ce qui consiste à commencer une histoire en plein milieu de l’intrigue. Une technique narrative vachement utilisée dans pas mal de bouquins, films, et séries télé. Je me suis dit que ça pourrait être marrant. Ensuite, je devrais normalement établir un moment de grande tension, puis vous raconter ce qu’il s’est déroulé avant les évènements sus-racontés.
Le problème, c’est que c’est super chiant, ce qu’il s’est passé avant.
Cette histoire n’est déjà pas géniale dans sa globalité, mais le début c’est le pire. On nage en plein revival slasher des années 90. Vous n’avez jamais eu envie de zapper le début d’un slasher ? Quand les gamins décident de partir en vacances, qu’ils trouvent un petit coin loin de tout où ils s’installent avec une vingtaine de bouteilles de vodka, de quoi se rouler des joints toute la nuit, et qu’ils commencent à baiser dans la plus grande joyeuseté (mais off screen parce que montrer des nichons à l’écran, c’est le MAL).
C’est toujours la même chose de toute façon. Donc à quoi bon vous ennuyer encore une fois avec tous ces détails inintéressants. Regardez le début de n’importe quel « Vendredi 13 », ça sera aussi bien.
Donc, voilà. Tout ce que vous avez besoin de savoir à propos du début, c’est qu’ils étaient probablement 6 ou 7 jeunes à la base, qu’il y a eu orgie, puis qu’un mystérieux tueur portant une casquette de baseball a débarqué, puis s’est mis à zigouiller tout le
monde dans l’ordre croissant d’importance des personnages. Et maintenant, on a les deux moins débiles qui ne sont pas encore morts, mais se font poursuivre par l’ersatz de Jason dans des bois.
Ah ouais, et le crépuscule.

Les muscles de Brian étaient douloureux. Il n’avait pas dormi depuis vingt-quatre heures, et le fait d’être menacé de mort à chaque instant ne permettait pas beaucoup de moments de détente. De plus, il était persuadé de s’être claqué quelque chose quand ils avaient été obligés d’escalader le toit. Un râle se faisait entendre dans sa respiration. Il voulait tourner la tête pour vérifier si le tueur les poursuivait encore, mais il avait peur de le faire. Jessica courait à un mètre devant lui, elle ne se retournait pas non plus. Malgré le danger de la situation présente, il se sentait encore excité en la regardant. Il repensa à ce « moment privilégié » qu’ils avaient eu tout les deux, quelques heures auparavant. Il était presque certain qu’elle avait été sur le point de l’embrasser. Dommage que le tueur ait choisi cette même minute pour décapiter David. Mauvais timing.

Hello. Désolé, c’est encore moi.
Je tenais juste à préciser que même si je ne tiens pas du tout à vous raconter le début, je poursuis le récit comme si je l’avais fait. Donc c’est normal si certaines références sont faites à propos de passages dont vous ne vous souvenez pas.
C’est plus simple pour moi.
Et puis c’est pas comme si ça allait gêner quelqu’un dans la compréhension de l’histoire, soyons francs, ce n’est pas Citizen Kane.

Brian aperçut quelque chose par-delà les arbres, à une cinquantaine de mètres. Cela ressemblait à un chalet. Jessica l’avait apparemment vu également puisqu’elle courait à présent dans cette direction. Quand ils y arrivèrent elle tourna la poignée, mais la porte était fermée. Sous la pression elle commença de nouveau à pleurer, et tira sur la poignée en geignant. Brian jeta un coup d’oeil derrière eux, et vit soudain le tueur. Il portait une sorte de robe noire à capuche, et un masque blanc à la bouche déformée.
Scream, pensa-t-il machinalement.
Il se mit à tambouriner à la porte en hurlant qu’on les laisse entrer. Il ne savait même pas si le chalet était habité. Mais c’était leur dernière chance. Si personne ne leur ouvrait, ils étaient finis.
Heureusement, quelqu’un finit par ouvrir la porte. C’était un homme dans la quarantaine, vêtu d’un vieux t-shirt et d’un caleçon, avec une bedaine travaillée à la bière pendant de nombreuses années.
Les deux jeunes gens s’engouffrèrent dans la cabane avant que le propriétaire ait le temps de réagir, puis Brian verrouilla à nouveau la porte derrière lui. Il jeta ensuite un coup d’oeil à l’extérieur par la fenêtre la plus proche, mais le tueur n’était plus visible. C’est à ce moment qu’il sentit quelque chose de froid et métallique sur sa nuque.

– Ok, garçon, maintenant tu te retournes lentement et tu m’expliques pourquoi tu es rentré chez moi.

Brian fit ce qu’on lui dit, et remarqua que l’individu au ventre proéminent le tenait en joue avec un fusil à canon scié. Et, à sa grande surprise, c’est Jessica qui prit la parole.

– Pourquoi on est rentré chez vous ?! Parce qu’un tueur nous poursuit depuis plus d’une journée ! Parce qu’il a déjà tué tout nos amis ! Parce que j’en peux plus, et que vous êtes le seul être humain assez taré pour vivre dans ces bois ! Merde ! Merde ! Merde !

Puis elle s’effondra en larmes pour la quatrième fois de la journée. Brian commençait à penser que c’était un moyen de survie du métabolisme féminin.

– J’en peux plus, continua-t-elle entre les sanglots. Je suis fatiguée ! J’ai faim ! Je sens que mes règles vont arriver. Et je ne veux plus jamais voir un déguisement.

À ce moment, l’homme au fusil tiqua.

– Déguisements ?

Il baissa même son fusil légèrement. Brian pensa que c’était le bon moment pour intervenir.

– On était avec des potes. Une soirée camping. Enfin, surtout une soirée pour picoler peinards. Mais en pleine nuit, on s’est fait attaquer par un mec. Il a d’abord tué Gordon. Puis il nous a harcelés pendant des heures, butant les autres petit à petit. Et… à chaque réapparition, il portait un costume différent.

– Quel genre de costumes ?

– Bah… je vous préviens, c’est bizarre. La première fois qu’il est apparu, il portait un masque de hockey. La seconde, c’était un pull rayé rouge et vert, et une sorte de gant avec des lames. Là, il est habillé comme le taré dans Scream. Et je suis pas certain, mais quand on est arrivé hier, j’ai aperçu une fille de loin, avec de longs cheveux bruns qui lui cachaient le visage, je pense que c’était lui aussi.

Non, à cet instant précis, Brian n’est sous l’emprise d’aucune drogue.

Le canon du fusil était à présent dirigé vers le sol. Même si l’homme tenait toujours fermement son arme.

– Écoutez, monsieur, je sais que ça a l’air dingue.

– Éloigne-toi de la fenêtre, le coupa l’étranger.

Brian obéit silencieusement. Toujours faire ce que dit le porteur d’arme, ça devait être une règle implantée dans l’ADN humain.

– Je vous crois, dit l’homme à Brian.

Le garçon sembla quelque peu étonné.

– Ah ? Euh, ok. Tant mieux.

Silence.

– Mais pourquoi ?

– Parce que l’homme qui vous poursuit, c’est mon frère.

Ouais, ouais, je sais ce que vous pensez.
« Bonjour l’effet nawak. Déjà, genre ils tombent sur un chalet par hasard. Encore par hasard, il y a quelqu’un dedans qui va pouvoir les protéger pendant quelque temps (histoire que l’histoire ne s’arrête pas trop brusquement). Et comble de toutes les putains de coïncidences, ce mec est le frangin du maniaque qui les poursuit. Attendons maintenant l’explication totalement débile qui va suivre sur le pourquoi des déguisements. »
Et je suis totalement d’accord avec vous. Mais n’oubliez pas que je ne fais que raconter cette histoire, hein, je l’ai pas inventé. J’ose espérer que j’aurai été un peu plus imaginatif si ça avait été le cas.
Bref, ne tirez pas sur le messager.
Pretty please.

Jessica sortit de sa léthargie pleurnicheuse.

– Votre frère ? dit-elle.

L’homme s’assit sur le lit miteux installé du côté opposé à la fenêtre. Il semblait dix ans plus vieux que quelques secondes auparavant. Il posa le fusil sur ses genoux et se passa une main sur la joue, comme pour essuyer une larme imaginaire.

– Oui, mon frère. On a grandi dans un petit village, pas loin d’ici. Jean – c’est son nom – en a pas mal bavé à l’école. C’était un, ah comment vous appelez ça les jeunes aujourd’hui… ah oui, un geek. Il collectionnait les bande-dessinées, allait au cinéma toutes les semaines pour voir des films d’horreur ou de science-fiction, écrivait des histoires à propos de super-héros et tout ça. Il s’est fait harceler et tabasser de la maternelle jusqu’au lycée. Oh, j’ai bien essayé de le protéger, mais je ne pouvais pas être là tout le temps.

Il soupira. Une larme bien réelle coulait à présent sur son visage, mais il ne s’en rendait pas compte.

– Un jour, alors qu’il était au collège, il y a eu… un accident. Un élève a été retrouvé mort. Il avait été éventré. Et on avait retrouvé un serpent en caoutchouc à moitié inséré à l’intérieur de son corps.

Brian haussa les sourcils.

– Alien, chuchota-t-il.

– Oui. La police n’a jamais mis la main sur le coupable. Mais je savais. Même si je n’osais pas me l’admettre, je savais que c’était lui qui l’avait fait. Jean. Bref. Après le lycée, il a disparu. Je n’ai pas entendu parler de lui pendant des années, je ne savais même pas s’il était encore en vie. J’ai moi-même pas mal voyagé pendant ce temps. Je ne suis revenu dans le coin qu’à la mort de mes parents. Ils ont été poignardés, des témoins disent avoir vu un homme masqué trainer près de la maison au moment des faits, mais vu que c’était le soir d’Halloween, la piste n’a pas vraiment été creusée.
Alors, je suis revenu, les ai enterrés, puis je me suis installé dans la région. Je me suis vite rendu compte que le meurtre de mes parents n’était pas une exception ici, il y’en avait au moins un par an. Et vu les mises en scène, j’ai vite compris que mon frère ne s’était pas arrêté à son camarade de lycée, il était devenu totalement fou. Et j’ai essayé de protéger certains touristes, mais je—je ne p, pouvais pas l’arrêter !

Et il fondit en larmes. Brian commençait à se demander si ça allait bientôt être son tour de pleurer, à moins que celui du tueur soit prioritaire.

Il a pas tort le petit. Tout le monde chiale dans cette histoire. Apparemment, c’est le seul moyen qui a été trouvé pour faire naître une certaine émotion. Et comme vous le pensiez, on a bien eu droit à une explication débile sur le background du tueur.
Allez maintenant, on va sauter quelques minutes de l’histoire et directement passer à une scène d’action, afin d’oublier un peu toutes ces conneries.

Alain

Ah oui, merde ! Alain c’est le nom du type au fusil. J’ai oublié que son prénom était évoqué pour la première fois dans la scène qu’on vient de sauter. Désolé.

Alain sortit en premier. Il tenait sa lampe torche collée au canon du fusil, comme Brian avaient vu certains flics le faire à la télévision.

– Restez bien derrière moi. La voiture est de l’autre côté de la maison.

Ils marchèrent en procession serrée, Alain jetant un œil derrière le mur à contourner, pendant que les deux autres inspectaient les bois avec les lampes torches qu’il leur avait passées. Brian n’était plus qu’une masse de tension vivante, s’attendant à se faire attaquer à tout moment. Il fut d’autant plus étonné d’arriver à la voiture en un seul morceau. Mais son stress finit par être servi. Au moment où Alain ouvrait la voiture, le pare-brise explosa. Des projectiles commencèrent à fuser, autour d’eux. Alain se mit à tirer vers le bois, un peu à l’aveuglette.

– Montez à l’intérieur, hurla-t-il.

Brian et Jessica s’exécutèrent, cette dernière criait à plein poumons. Alain entra à son tour après avoir tiré un dernier coup de feu. Il enclencha le contact, et démarra au quart de tour, les roues crissant sur le chemin de gravier qui faisait le lien entre le chalet et la route de terre. Brian regarda derrière lui, mais le tueur restait invisible, enveloppé par la nature et l’obscurité de la nuit.

Je m’emballe par moments sur mes phrases, je sais. Faut pas m’en vouloir, c’est la première fois que je narre. Et vu cette bouse, ça sera sûrement la dernière. Je tiens aussi à m’excuser pour la « léthargie pleurnicheuse » un peu plus haut, je ne sais pas ce qui m’a pris.
Et puis je me suis rendu compte qu’il y avait une autre information nécessaire dans les passages qu’on a sauté (à se demander combien de temps ils sont restés dans ce foutu chalet), c’est l’endroit où ils se dirigent. En fait ils ont décidés d’aller chez le tueur, qui n’habite pas loin (comme par hasard), car son frère sait qu’il y garde plein d’armes dont ils pourront se servir comme moyen de défense.
Ils comptent peut-être nous faire un remake tout pourri d’Assault On Precinct 13, sans le commissariat…

Brian était assis à l’avant (à la place du mort pensa-t-il), et Jessica toute seule à l’arrière.

 – Eh, petit. J’ai été touché. Tu pourrais m’enlever ce truc de l’épaule.

Brian se tourna vers Alain. Il avait en effet quelque chose de planté dans l’épaule.

– Je sais pas si je peux. Bredouilla-t-il.

– C’est bon. Tire juste d’un coup sec.

L’engin ressemblait à un shuriken avec des lames bizarres. Il n’était pas trop difficile de trouver une prise pour tirer, il fallait juste faire attention à ne pas se couper. Brian y parvint avec juste une petite éraflure. Alain broncha à peine. Le jeune homme regarda ensuite l’instrument de plus près, il semblait être fait à partir d’os, il y avait même ce qui ressemblait à une dent humaine en son milieu. Il lâcha l’objet, de dégoût.
Plusieurs minutes passèrent dans un silence total. Même Jessica ne pleurait plus. À la place, elle était tombée dans un profond mutisme. Puis Brian commença à discerner des formes au bout du chemin. Plus ils s’approchaient, plus ces formes avaient quelque chose de familier. Lorsque la voiture s’arrêta et que les phares éclairèrent la scène, il réalisa la nature de ce qu’il voyait et se sentit comme transporté dans un de ces vieux films de la Hammer.
La « maison » du tueur n’était rien d’autre que les ruines d’un vieux château. Sur la droite, il y avait les vestiges d’une tour qui ne devaient pas mesurer plus de deux mètres à présent. Tout un tas de pans de murs étaient visibles. De vieilles pierres trainaient dans les hautes herbes. Alain coupa le contact, mais bizarrement, l’éclat de la lune illuminait le terrain presque aussi bien que les phares. Les deux jeunes gens le suivirent vers les restes de la tour. Brian ouvra grand les yeux quand il vit comment l’intérieur était aménagé. Il y avait un générateur pour l’électricité, un mini-frigo, un ensemble douche et toilette portables comme il en avait déjà vus en camping, mais surtout, un écran plasma, un lecteur dvd, et une collection d’au moins 2000 films à vue d’œil.

– Sa cache d’armes est par là, dit Alain en se dirigeant vers quelques pierres maladroitement entassées.

Il commença à déplacer les pierres sur le côté, pour révéler le coffre gigantesque qu’elles cachaient. Le coffre n’était pas verrouillé, et il l’ouvrit sans effort.

On se demande en fait pourquoi il était caché (mal, en plus), ce coffre mais bon, on est plus à ça près. Ah, et comment Alain savait-il où chercher ?

La voix de Jessica se fit alors entendre, étonnement calme.

– Il y a un cadavre, là.

Les deux hommes se retournèrent brusquement dans la direction qu’elle montrait, et en effet, un corps était allongé sur le sol. Son visage était tout sauf reconnaissable, sauf si quelqu’un avait voulu le comparer à un énorme morceau de pâtée pour chiens aplati, et mélangé à des os de poulets.

Désolé.

Alain s’approcha du défunt. En plus des dégâts à son visage, ses pieds et ses mains avaient été découpées.

– Sûrement un autre touriste, dit-il. Je ne sais pas pourquoi il a gardé le corps.

Brian aurait bien eu envie de lui dire « Parce que votre frangin est un gros taré ! » mais il se retint.

Eh, au fait ! C’est moi ! Le cadavre, c’est moi ! Je vous avais bien dit que j’avais un petit rôle. D’ailleurs à la base, ce cadavre était supposé avoir un rôle bien plus important dans l’histoire. Car, en fait c’est moi (enfin le cadavre) le frère d’Alain. Le vrai tueur. Le mec qui poursuit les trois protagonistes n’est qu’un copycat jaloux de mon talent qui a réussi à me zigouiller quelques jours avant le début de cette histoire (je m’étais profondément endormi après m’être violemment masturbé, il n’a aucun mérite), puis qui a décidé de reprendre le flambeau. Mais devant tous les éléments insensés déjà relatés dans ce récit, il a été décidé en haut-lieu d’évincer cette partie.
Et là, vous vous demandez à nouveau « c’est quoi ce bordel ?! L’autre c’est le narrateur, un cadavre, le tueur-mais-personne-ne-le-sait… Il nous raconte ça un coup comme si c’était de la fiction, et un autre comme si les évènements étaient basés-sur-des-faits-réels©. On pige plus rien. »
Et moi, ce que je me dis, c’est que si vous vous posez déjà autant de questions sur une histoire comme celle-ci, ça devait être un sacré bordel dans votre tête le jour où vous avez maté Matrix.
I’m Schrödinger’s cat, baby !

Alain était toujours penché sur le défunt, mais Jessica regardait Brian. Et ce fut la dernière chose que Brian vit. Le tueur se trouvait juste derrière lui, et il trancha la gorge du jeune homme en un seul mouvement. Son accoutrement était à présent constitué d’un vieux chapeau de cow-boy et d’un poncho brun déchiré.

Apparemment il y a des caches de fringues secrètes dans la forêt…

Jessica ne hurla pas. Mais Alain, oui. Il poussa un cri plein de colère et de douleur tout en se jetant sur le tueur. Les deux hommes roulèrent par terre, coups de poings alternant avec coups de lames. Le sol terreux se teintait de rouge, se nourrissant du sang des deux combattants. Alain sentit le nez de son adversaire se briser sous la pression des ses phalanges. Mais au même moment, le tueur parvint à enfoncer son couteau dans le coeur du pauvre homme.

C’est dingue comment les victimes semblent toujours avoir des cages thoraciques en papier dans ce genre de scènes. Ah, et aussi, normalement c’est à ce moment qu’Alain devait se rendre compte que le tueur n’était pas son frère, mais comme on a coupé le reste…

Le tueur se releva, sortit le couteau de la poitrine d’Alain à présent immobile, et essuya la lame sur son poncho. Il remarqua alors que la jeune fille n’était plus dans la tour. Il était déjà excité à l’idée d’une nouvelle poursuite et se demandait quels vêtements il allait mettre cette fois, mais une voix puissante interrompit ses pensées.

– Eh, connard ! Je t’attends dehors.

La salope osait se moquer de lui. Il sortit en furie de la tour, ne remarquant pas que le coffre était ouvert, et que l’un des emplacements réservés aux armes était vide.
Quand il arriva à l’extérieur, il comprit immédiatement qu’il avait fait une erreur.
Il n’aurait pas du se précipiter.
Jessica avait un regard de défi. Aucune trace de peur. Elle semblait prête à affronter n’importe quoi.
Et surtout, elle tenait un lance-roquettes.

– Touche à ton cul, connard.

Et la simple pression d’un bouton explosa le tueur en morceaux de chair volant en plein milieu de cette chaude nuit de Juillet.

Fin.

Bah oui.
Vous voulez quoi de plus ?
La fille s’en sort. Girl Power et tout ça. Je regrette juste qu’elle n’ait pas été en petite culotte, c’est toujours plus classe avec un lance-roquettes. Y a plus de tueur. Jessica aura peut-être quelques séquelles psychologiques, mais ça on ne le saura que si une suite est entreprise.
(et entre nous j’espère que non)
En tout cas, j’espère que la dernière punchline vous a plu. Que vous y réfléchirez à deux fois avant d’aller faire du camping avec des bouteilles d’alcool. Et portez-vous bien.

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