L’attaque des titans saison 2 : amour et révélations

  • Si vous n’avez pas vu la saison 2 de L’attaque des titans et que vous ne lisez pas le manga, cet article n’est pas pour vous. Cette série m’a passionné épisode après épisode, et l’article ici présent a pour objectif de revenir dessus point par point, de parler des différents passages, des différentes révélations. Alors il va y avoir du spoiler, du premier au dernier épisode.
  • Si vous souhaitez lire un article allant dans le même sens que le mien et surtout sans aucun spoilers, je vous redirige vers ici.
  • Par contre il n’y aura aucune comparaison avec le manga (juste un succinct détail) ni révélation sur ce qui se passe après la saison 2. Si vous ne regardez que l’anime, vous pouvez lire l’article sans crainte.

4 ans après une première saison qui aura laissé des regrets à l’équipe de WIT, L’attaque des titans revient dans un nouveau format. Cette fois-ci, 12 épisodes ont été diffusés, ce qui a permis une meilleure gestion des plannings et du rythme. De plus, l’équipe ayant fait des progrès considérables entre temps, aussi bien visuellement qu’en terme d’écriture, on pouvait s’attendre à passer de bons moments dans son canapé tous les samedis. Et le résultat a été beaucoup, beaucoup, mais alors vraiment beaucoup mieux que prévu. Explications.

attaque des titans saison 2

Premier épisode : mise en bouche

Pas le temps de respirer, l’anime reprend juste après la fin de la saison 1 (à savoir la neutralisation du titan féminin et la découverte que le mur est habité de titans en sommeil). Et, alors que nos jeunes recrues sont parquées sans leur équipement tridimensionnel… des titans attaquent ! Bon ok, le premier épisode démarre sur les chapeaux de roues. Mais heureusement pour les bleus (qui ont déjà bien l’expérience du combat), Mike est là pour retenir les titans pendant qu’ils vont évacuer les villages alentours. Qui est Mike ? Juste l’élément le plus fort du bataillon d’exploration après le charismatique Rivaille. Alors qu’il s’en sortait plutôt bien, une créature recouverte de fourrure s’en prend à son cheval et le questionne sur son équipement avant de le livrer en pâture à des titans.

Deux choses sont à retenir du final du premier épisode. La première est qu’il pose d’emblée de nouvelles questions en introduisant un titan qui parle, s’en prend aux chevaux et semble pouvoir diriger les autres monstres de son espèce. Dès lors, on nous dit que la saison sera riche en surprises et révélations. La seconde est la dramaturgie. La scène durant laquelle Mike se fait dévorer est d’une horreur à la limite du soutenable. Alors qu’il était présenté comme l’un des soldats les plus aguerris, il se fait massacrer. Ceci nous rappelle le rapport de force qu’il existe entre les humains et les titans. Personne n’est à l’abri, à aucun moment. Bienvenue en Enfer, bienvenue dans la saison 2 de L’attaque des titans.

La forteresse d’Utgard : l’horreur est humaine

Contrairement à la première saison qui offrait du répit aux personnages, celle-ci se déroule entièrement en territoire occupé par les titans. Pas le temps de souffler donc, à part la nuit, seule période durant laquelle les titans sont inactifs.

Sauf que.

attaque des titans ost.png

Ymir, Christa, Bertolt, Reiner, Conny et quatre soldats d’expérience (et surtout équipés) se réunissent dans un repaire de brigands pour passer la nuit, la forteresse d’Utgard. Dans ce lieu se créera une tension horrifique sans précédent dans la série, je vais expliquer comment. Tout d’abord, il faut se souvenir du début de la saison. Si les jeunes recrues sont enfermées dans une résidence sans équipement, c’est pour une raison : un complice d’Annie est suspecté parmi eux. En somme, les têtes pensantes du bataillon d’exploration et les spectateurs les plus attentifs pensent qu’Annie n’est pas la seule humaine à pouvoir se transformer en titan. Ayant ceci en tête, on se met à suspecter chacun des personnages à la moindre de leur parole. Deux recrues portent l’attention sur elles. Tout d’abord Reiner, qui change de sujet (avant la scène de la forteresse) lorsque Conny évoque que le titan retrouvé chez lui ressemble à sa mère. Ensuite, au sein de la forteresse cette fois, c’est Ymir qui se moque de lui sur le même sujet comme si elle voulait détourner l’attention. Les soupçons pèsent sur les deux donc, lorsque Ymir se vend à Reiner à cause d’une boîte de harengs écrite dans un dialecte qu’elle n’est pas censée savoir lire. L’étau se resserre autour d’elle, on comprend qu’elle cache un lourd secret et au moment de le découvrir, l’horreur débute. Envoyées par le titan bestial, les créatures géantes s’en prennent aux hôtes de la forteresse. Si ce huit-clos aurait pu en être un parmi d’autres, la suspicion qu’on éprouve pour les protagonistes le rend à la fois fascinant et effroyable. On se raccroche à n’importe quel indice pour savoir si un tel ou un tel est en réalité un ennemi. De ce fait, on est plus que jamais absorbé par l’horreur qui est en train de se dérouler sous nos yeux. On se sent proche de l’action et concerné par le sort des protagonistes. Jusqu’à ce que la révélation éclate, autrement dit qu’Ymir se transforme en titan.

Petite note sur la mythologie nordique : Utgard est le nom de la demeure des géants et Ymir en fait partie, il s’agit du premier géant. En lisant le passage dans le manga, j’ai trouvé le clin d’œil très bien pensé, étant donné que le lieu abrite trois titans dont on ignore à ce stade l’identité.

Ymir et Historia : aux premiers rôles

Si Ymir se transforme en titan, c’est uniquement dans le but de protéger Christa. Ainsi, sans que l’on s’en rende compte, le petit couple de personnages secondaires est passé au premier plan de L’attaque des titans. Car si Ymir cachait le fait qu’elle soit un titan, Christa également avait un secret. Son identité est Historia Reiss, elle est liée à la famille royale.

S’il saute aux yeux que l’une soit amoureuse de l’autre, j’avais du mal à les imaginer en couple en lisant le manga à cause d’un détail qui pourrait laisser penser qu’elles soient de la même famille. Malgré un illustration officielle représentant la Pietà (qui est, je le rappelle, une figure maternelle), l’anime a balayé mon doute non seulement en explicitant le plus possible leur relation et surtout en prenant à revers toutes théories possibles grâce à un curieux flashback (qui n’est pas censé exister à ce moment si on s’en réfère au manga) sur le passé d’Ymir. Bref, les deux amoureuses et leurs lourds secrets sont au centre de la saison.

attaque des titans ymir christa.png

Et ça fait du bien. Déjà parce que je les adore (bon ok, j’adore quasiment tous les personnages de la série). Mais aussi parce que je trouve génial de casser le fait qu’on nous promettait un trio de personnages (Eren, Mikasa et Armin) au départ du manga. Ici, les personnages secondaires ne font pas office de décoration. Ils peuvent à tout moment prendre les devants et jouer les premiers rôles. Si cette saison m’a fait adorer Ymir et Historia, je n’ose pas imaginer ce que sera la saison 3, qui adaptera les passages ayant fait devenir Historia mon protagoniste préféré du manga. J’ai trop hâte.

(Bon, deux ou trois tomes après les scènes en question, mon personnage préféré a encore changé. Je les aime tous je vous dis.)

Colossal et cuirassé : mythes en péril

Ymir et Historia ne sont pas les seuls personnages secondaires à se retrouver au premier plan, puisque c’est également le cas de Bertolt et Reiner qui se trouvent être respectivement (grosse révélation) le titan colossal et le titan cuirassé. Rien que ça. Tout comme les deux filles, ils prennent une importance capitale dans le récit, reléguant les protagonistes de la première saison que sont Mikasa, Armin et Rivaille (on ne parle même pas d’Annie) au second plan.

Bref.

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Vous avez entendu ? Les titans les plus emblématiques sont en réalité le type le plus discret et non-charismatique du manga et un valeureux guerrier schizophrène. Rien que ça, j’ai dit. On ne parle même pas de la manière dont leur identité est révélée…

Quoique si, on en parle. La plus grosse révélation de la saison se fait… en arrière-plan, en fond sonore. Pendant que des personnages avancent et discutent au premier plan, Reiner avoue a Eren qui il est, dénonce son complice, et demande au héros de le suivre hors des murs. Alors là, même si on a lu et relu le manga (qui reprend le même procédé, comme l’explique très bien cette vidéo), c’est l’incompréhension. On est perdu, totalement perdu.

Et c’est l’effet voulu, car on se trouve dans la même situation qu’Eren qui ne comprend pas ce qui se passe. Arrive à point nommé un flashback nous expliquant que l’égaré protagoniste et les têtes pensantes avaient de gros doutes sur Reiner et Bertolt, quand bien même Eren se refusait à accepter la culpabilité de ses compagnons, un peu comme aurait pu penser un spectateur attentif ayant entrevu les gros indices planant sur les deux hommes depuis le début de la série.

attaque des titans reiner cuirrassé.png

En somme, cette révélation tient du génie pour trois raisons. Tout d’abord, en la faisant se dérouler au second plan, l’anime prend à contre-pied ce que le public attend d’une grosse révélation, c’est-à-dire qu’elle arrive en grande pompe. Mais ce n’est pas tout, il ne s’agit pas d’un contre-pied juste pour être original. Il existe un véritable but narratif visant à faire ressentir au spectateur toute l’ampleur de l’incompréhension d’Eren. Pour finir, cette révélation participe à démystifier les figures du manga puisqu’on comprend peu après que Reiner sombre dans la folie, ne parvenant plus à faire la distinction entre le titan qu’il est et le rôle qu’il joue. Dans le même ordre d’idées, Bertolt révèle ne pas tuer par plaisir et qu’il souhaite que quelqu’un mette fin à leurs agissements. Plus que jamais, ce que l’on considérait comme acquis dans L’attaque des titans ne l’est pas.

L’Axe : renverser l’univers

Eren est en détresse. Après s’être fait capturer par Annie lors de la saison 1, cette fois ce sont Reiner et Bertolt qui s’emparent de lui (et d’Ymir) afin de l’amener hors des murs. Dirigée par Erwin en personne, une escouade se lance à leur poursuite. Quitte à sacrifier de nombreuses vies humaines y compris la sienne, le charismatique major lance ses troupes entre les titans, servant même d’appât à ceux-ci afin de les rabattre sur le titan cuirassé.

Shinzo wo sasageyo !

Le salut militaire d’Erwin avant la charge (qui lui coûtera un bras, au sens propre) symbolise parfaitement la dimension épique de l’anime. L’opening qu’on chantonnait tous prend dès lors une dimension guerrière et tragique. On en comprend ainsi que mieux sa portée héroïque.

shinzou wo sasageyo Erwin.png

L’Enfer promis dès le premier épisode est plus que jamais palpable. Les humains se retrouvent impuissants face aux titans, même le valeureux Erwin baisse les bras. Eren, pas remis de son combat contre Reiner, et Mikasa, blessée, tombent nez à nez face à un titan qu’ils ne connaissent que trop bien : celui qui a dévoré Carla Jäger. C’est alors que Hannes vient à leur secours, et décide d’affronter le titan qu’il avait autrefois fuit. Malheureusement, il n’est pas de taille… Et pendant qu’il se fait tuer, Eren ne parvient pas à se transformer en titan.

C’est alors que l’univers bascule.

Ce que j’adore dans L’attaque des titans est le fait de renverser constamment un univers que l’on croyait connaître, en redéfinissant sans cesse des règles que l’on pensait établies. Cela débute dès le premier tome du manga lorsque le téméraire Eren se fait avaler avant de réapparaître plus tard sous la forme d’un titan. Ici, d’un simple cri poussé en donnant un coup de poing en direction de celui qui a tué sa mère, il ordonne aux titans aux alentours d’attaquer leur congénère. Simple hasard ? Pas vraiment, puisque après s’en être pris verbalement à Reiner et Bertolt, voilà que les titans se mettent à se jeter sur eux. Eren aurait donc un pouvoir s’appelant l’Axe lui permettant ni plus ni moins de… contrôler les titans.

eren et mikasa (snk).png

Voilà qui redistribue les cartes pour cette fin de saison. D’autant plus qu’une autre révélation (dont on se doutait depuis un moment) arrive : les titans seraient donc des êtres humains. Pas de cliffhanger mais on se quitte plein de questions pour lesquelles il faudra attendre la troisième saison annoncée pour 2018 afin d’entrevoir des éléments de réponse.

(Ou alors lire le génial manga, hein.)

Une seconde saison brillante

Au final, cette saison aura eu son lot de révélations et d’horreurs pour marquer à jamais les esprits, à commencer par le mien. Mais toutes ces qualités, on les doit à Hajime Isayama, l’auteur du manga.

Pour autant, si l’anime en reprend les bonnes idées, qu’elles soient narratives ou visuelles (ou les deux d’un coup), il aura réussi à imposer une marque de fabrique, une identité visuelle forte. Si l’on pouvait se prêter à penser que le design des personnages signé Kyoji Asano lisse le trait de Hajime Isayama pendant la saison précédente, la brutalité de ces nouveaux épisodes pousse à entrevoir les choses différemment. Tout le travail esthétique offre en réalité un nouveau langage, rendu sublime par la réalisation sans faille de Tetsuro Araki. Pendant tout mon visionnage, j’ai été immergé dans le monde de L’attaque de titans, si bien qu’il m’a été très difficile de le quitter lorsque l’ultime épisode est venu.

De plus, l’écriture de chaque épisode est travaillée d’une façon si particulière que j’ai davantage eu l’impression de regarder une série américaine dans le genre de Game of Thrones ou Walking Dead qu’un anime japonais. Je ne compare évidement pas les séries US et japonaises, je dis juste que je ressens une ouverture au niveau des influences que je trouve bienvenue. En somme, chaque épisode est parfaitement structuré, il y a une gestion des événements faisant en sorte que la série ne laisse aucun temps mort au spectateur. Entre les révélations, les flashbacks, les scènes d’action, les explications, la psychologie des personnages, il y en avait des choses à gérer, et ils n’ont failli à aucun moment. Aucun.

Pour conclure avec les qualités propres à l’anime, je suis obligé de glisser un petit mot sur la magistrale OST de Hiroyuki Sawano. Épique à souhait, à l’image de cette saison, mais aussi émouvante et même mystique, le compositeur nous a livré une bande-son à la hauteur de ce qu’on pouvait en attendre. Certains morceaux, écoutés en boucle, resteront gravés dans ma tête encore longtemps et me remémoreront certaines scènes avec une émotivité forte.

ymir et historia (snk).png

En définitive, j’ai été sous le charme de cette seconde saison de L’attaque des titans, si bien que j’ai regardé chaque épisode une dizaine de fois. Je me suis laissé emporter par l’univers, je me suis pris de passion pour les personnages. À bien y penser, grâce aux sensations que m’a procuré le visionnage de l’anime, je suis persuadé d’aimer le manga plus que jamais (si on ajoute l’excellence des tomes 20 et 21 à cela, c’est clairement devenu l’un de mes univers de fiction fétiches). Je pense très sincèrement que la série apporte quelque chose de plus à la création de Hajime Isayama et qu’elle mérite qu’on s’y attarde. Moi, en tout cas, j’ai été pris de passion comme jamais. Vivement 2018 pour la prochaine saison !

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