The Human Centipede

C’est un film. The Human Centipede est un film d’horreur, ou plutôt, devrais-je dire, un film horrible. Datant de 2009, il a été commis par Tom Six, avec un casting d’acteurs tous plus inconnus les uns que les autres. The Human Centipede, c’est clairement pas la meilleure chose que nous aura apporté le Pays-Bas.

Bon, en soit, un scientifique fou qui récupère chez lui deux demoiselles perdues dans les bois en pleine nuit n’a rien de révolutionnaire. Et les vingt premières minutes du film ne font que mettre dans l’ambiance, plutôt angoissante, laissant présager de bons moments. Quel optimisme !

Non, ce qui change, voire choque, c’est la folie du projet de ce médecin.

Mais pour le moment, Lindsay et Jenny, les deux étudiantes américaines qui n’auraient pas dû choisir l’Allemagne comme destination touristique (quelle idée !), sont prisonnières de notre bon docteur fou, et ne savent rien de ce qui les attend. Nous non plus (sauf si on a lu le résumé ou compris le titre)(parce que l’anglais, ouhlala, c’est dur).

Alors le bon docteur Heiter se décide à leur présenter son projet tout aussi fou que lui. Je sens que vous éructez d’impatience. En attendant, le point Godwin est atteint par la troisième victime, un japonais dont on ne sait pas trop comment le savant l’a trouvé. Mais on s’en fout aussi, en fait.

Comme le monsieur est plutôt vieux (il est en retraite), il n’a pas de PowerPoint pourri, mais il utilise un rétro-projecteur aussi pourri que ceux de ma fac. C’est peu dire. Bisous quand même, Unicaen, hein.

Bon, allez, je le dis : Dr. Heiter compte relier la bouche du monsieur à l’anus de la première mademoiselle, et procéder de même avec l’anus de cette dernière et la bouche de la dernière. C’est beau, c’est poétique et c’est surtout d’une intelligence rare à valoir un Prix Nobel. Carrément.

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Cela dit, il faut attendre la moitié du métrage pour en arriver à l’opération chirurgicale proprement dite, ce qui est plutôt long, quand l’on pense que c’est, quand même, le seul intérêt du film.

Ensuite, on se farcira avec déplaisir le calvaire de nos trois-en-un, relié par l’opération du Saint-Esprit. Ou d’un type qui se voudrait comme tel. Bon, c’est un peu long, et il faut attendre la fin pour avoir un peu d’action à se mettre sous la dent. Par contre, pour qui cherche du gore, ça va, c’est bon, le contrat est plus que rempli.

Bon, d’habitude, je ne suis pas du genre à pointer du doigt les incohérences, c’est même le genre de détails qui me passe par-dessus la tête. Mais bon, là, quand même, le type est chirurgien, il doit avoir des bases en médecine, au minimum, et donc le cycle de digestion ne devrait pas lui être totalement inconnu.

Donc quand le japonais va manger ses croquettes, il mettre environ 24h à les digérer. La fille du milieu devra donc attendre une heure avant de pouvoir, hum, manger (on va dire ça comme ça)(faute de mieux). Sauf que, lors de la digestion, tous les nutriments essentiels et utiles auront été gardé par cet égoïste de japonais. La suivante n’aura donc rien à réellement digérer, et la dernière, en bout de file, pas plus.

Tout ça pour dire que cette expérience ne peut qu’être un échec, les maillons 2 et 3 de la chaîne ne pouvant survivre à l’opération sans compléments nutritifs en intraveineuse.

A noter que le film à reçu le Prix de Public 2012 au Samain du cinéma fantastique de Nice. Comme quoi.

Passons ensuite, si vous le voulez bien, à The Human Centipede : Second Sequence. C’est la suite du premier. Logique, me direz-vous. Pourtant, on aurait largement pu se passer d’une telle suite, surtout que l’on sait pertinemment que les suites sont rarement au niveau de l’original. Or, comme on partait déjà de bien bas, peut-on vraiment creuser plus profond ?

La réponse est oui. On peux. Alors, allons-y gaiement !

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Le film est sorti deux ans après le premier, avec le même réalisateur mais une nouvelle clique d’acteurs.

Ce deuxième opus commence par la fin du précédent, au cas où ne s’en rappellerait plus (mémoire courte, tout ça…), mais en noir et blanc, pour faire flash-back. Sauf que, en fait, tout le reste du film est sans couleur. Dommage pour le sang rouge qui gicle dès les cinq premières minutes, avec déjà deux meurtres pour le compte de notre nouveau psychopathe.

Le problème c’est que cette fois-ci, le fou n’est pas médecin, encore moins savant. C’est juste un nain asthmatique chargé de la surveillance de nuit d’un quelconque bâtiment avec parking souterrain. Ce qui lui permet de repérer aisément ses victimes; ses pulsions malsaines réveillées par le premier film qu’il visionne en boucle, et le voilà désormais à poursuivre l’oeuvre de son maître dans la vraie vie réelle. Mais cette fois-ci avec non pas trois mais douze personnes. Quel défi passionnant !

Contrairement au dernier film, la capture des futures victimes se fait dès le début. Mais comme il en en faut plus, ça prend plus de temps. Et contrairement au docteur Heister qui prenait, malgré tout, soin de ses victimes en les nourrissant en intraveineuse sur des lits d’hôpital, Martin, lui, les abandonne dans un hangar miteux, après les avoir déshabillé. Alors que dans The Human Centipede~First Sequence, les victimes portaient de belles culottes blanches.

Passée la première demi-heure, on a donc huit personnes à poil et scotchées de partout qui ne mangent ni ne boivent depuis plusieurs jours (au moins deux).

Notons qu’il a tué le propriétaire du hangar, mais que personne ne semble s’en inquiéter et que la police n’a même pas cherché à savoir ce qu’il y avait dedans. Bon. Normal, quoi.

Il faut attendre quasiment une heure pour que l’expérience commence véritablement. C’est long. Et c’est rudement gore, puisque Martin n’anesthésie personne et les massacre avec des outils de bricolage rudimentaires et non stérilisés. J’te parle pas des infections qu’ils vont se choper, s’ils survivent à tout cela.

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Au sujet de la nourriture que le premier maillon aura mais que les suivants et dernier mettront un temps fou avant de pouvoir enfin l’avoir via le transit, Martin a trouvé la solution en leur injectant un laxatif. Génial. S’ensuit donc une longue scène de bruits digestifs et de rires machiavéliques.

Mais bon, si vous vous rappelez mon paragraphe sur la digestion, on se rend compte que tout cela est juste stupide.

Mais ce n’est pas fini, non, loin de là, puisque le fond n’est pas encore atteint. Puisqu’on a, après, une scène répugnante et scatologique, un accouchement dans une voiture avec un nouveau-né qui se fait écraser sous la pédale de frein, et la séparation du centipède en deux. Ce dernier point provoquant la folie destructrice de Martin.

Fin.

Bon. Encore une belle daube. Et dire que le réalisateur renchérit pour bien finir sa trilogie et évoque le doux rêve d’un centipède constitué de… 500 personnes. Ben voyons.

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12 réflexions sur “The Human Centipede

  1. Des fois, c’est tellement mauvais qu’on veut voir jusqu’où ça peut aller.
    C’est con, mais ça m’a donné envie de les voir. Juste pour voir de mes propres yeux à quel point c’est pas bon.

  2. Maerlyn

    J’avais vu le premier quand il était sorti et j’ai vu le second y a pas longtemps. Et je ne sais toujours pas si Tom Six essaye de d’aller le plus loin possible dans la provoc’ et le dégueu façon « A Serbian Film » ou si c’est juste une grosse farce.

    1. J’ai pas vu « A Serbian Film », mais ça ne saurait trop tarder, vu tout le bien qu’on m’en dit. Ou le mal, je sais plus. :3
      Vivement le troisième, en tout cas…

  3. Du coup, si je dis que ce film tient du génie et que ça m’a fait penser à du Shintaro Kago (en moins bien, faut pas déconner quand même), dois-je m’apprêter à recevoir des pierres ?

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