Millenium, brûlante adaptation

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Il y a quelques semaines, le brillant Meloku, m’a proposé de venir écrire pour nostroblog, site pour lequel je voue un grand intérêt. Petite pression du coup, avec quel sujet démarrer: un jeu vidéo, un film, une série, une bande dessinée ? N’étant pas un grand lecteur, je me suis lancé le défi d’écrire sur une BD. Histoire de me faciliter la tâche (ou pas), j’ai pris une adaptation de la trilogie Millenium.

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Ecrit par le suédois Stieg Larsson décédé en 2004, la trilogie Millenium plonge le lecteur dans des enquêtes policières sombres et violentes. Si les trois tomes se sont vendus à plus de 50 millions d’exemplaires, la majorité du public retient surtout le premier épisode appelé : « Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes ». La raison vient surtout de l’histoire excellente (j’y reviendrai) mais aussi de l’adaptation cinématographique de David Fincher en 2011 avec Daniel Craig et Rooney Mara. Auparavant, entre 2009 et 2010, une trilogie suédoise est sortie et a rencontré un vif succès arrivant jusqu’en France avec la chaîne Canal+ découpant les deux derniers films sous forme de mini série.

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Venons en à cette bande dessinée édité par DUPUIS. Les deux premiers tomes traitent du premier livre de Stieg Larsson. Mikael Blomkvist est journaliste à Millénium, un magazine d’investigation suédois réputé de gauche. Et c’est sur une défaite que l’histoire démarre. Blomkvist est condamné pour diffamation après avoir publié un article accusant un grand industriel (Wennerström) suédois de détournement de biens sociaux. Le journaliste qui est réputé comme propre et intègre est roulé dans la boue et mis à l’écart de son magazine. Il va vite retrouver refuge au fin fond de la Suède au sein de la famille Vanger dont le principal membre (Henrik) est un imminent industriel et concurrent direct de Wennerström. Blomkvist est chargé d’enquêter sur la disparition tragique de la nièce d’Henrik Vanger. Sur sa route il croisera Lisbeth Salander, une enquêtrice particulière qui vit en marge de la société.

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J’ai beaucoup aimé les livres de Stieg Larsson, j’ai apprécié la trilogie ciné Suédoise et j’ai adoré le film de Fincher. L’univers Millenium me captive par sa violence, la froideur de la Suède et aussi par ce côté réaliste dans les rapports humains. Le réalisme est quelque chose qui me saisit à chaque fois. Fincher a dans son film abandonné certains éléments du premier roman pour en approfondir d’autres. Au cinéma, il est impossible (ou presque) de retranscrire parfaitement le contenu d’un livre. En écrivant cela, je pense au Shining de Kubrick par exemple ou aux adaptations de Peter Jackson concernant les livres de Tolkien. Des libertés sont prises, obligatoirement.

Ici, l’adaptation sur planche de l’univers Millenium revient aux sources. La Suède, Stockholm, la violence des crimes, la noirceur de Lisbeth Salander sont bien plus en phase avec l’histoire originale. Pour ce qui est du cadre, on doit cela à Sylvain Runberg scénariste belge qui connaît très bien le pays de Stieg Larsson. Ainsi il applique aux dialogues la coutume du tutoiement qui est une règle sociale en Suède (note de l’auteur dès la première page de la BD). Il reporte également des couleurs plus chaleureuses à ce pays nordique contrairement à la froideur de la version de David Fincher.

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A ces côtés, Runberg trouve José Homs qui a travaillé aux Etats Unis avant de rejoindre les éditions Dupuis pour dessiner sur L’angélus dans la collection Secrets. Sa collaboration avec Sylvain Runberg est brillante. Les deux hommes se sont mis au service de l’histoire, la narration est excellente et le coup de crayon de Homs renforce ce réalisme avec des corps et des regards saisissants. La lumière des planches diffère totalement que ça soit dans le présent ou dans un flashback. On s’immerge totalement dans l’aventure de Blomkvist et Salander. D’ailleurs le chara design des deux héros est très bien trouvé. Deux personnages que tout oppose. Le journaliste blondinet a une tête de premier de la classe avec un charme fou tandis que Lisbeth est plus proche d’une caricature d’un hacker punkette, oserai-je le terme de geekette ? Allez soyons fous. L’accentuation, l’exagération des caractères de chacun permet aussi de prendre cette BD au sérieux. Les thèmes sur le féminisme, l’extrême droite suédoise ou encore les complots économiques sont ici brillamment repris.

Il reste tout de même un léger soucis pour ceux qui ne connaissent pas du tout l’univers Millenium: par quoi commencer ? Romans, BD, les films ? Eternel débat de l’adaptation.

Runberg continue de bosser puisque le second roman « La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » est déjà adapté avec cette fois Manolo Carot « Man » pour le dessin. Je viendrai peut être vous en parler ici.

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