Linkin Park: la théorie de l’hybride

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La chronique qui défile sous vos yeux ne devait pas se composer ainsi. A la base j’avais pour ambition de faire un petit pot pourri musical sur les sorties du mois de juin. Et puis est arrivé The Hunting Party. La hype m’a envahit. Ce sentiment qui utilisé par un homme normalement constitué permet d’oublier toute remarque négative et de survendre l’objet qui rend joyeux. Le nouvel d’album de Linkin Park est cet objet.

Nous sommes en 2000, un petit groupe américain vient envahir les ondes. A l’époque j’écoute Europe 2 et je me fais des compilations via ma chaine hif-i et un lecteur cassette. In The End est un des premiers singles que j’ai enregistré. L’album Hybrid Theory est une vraie pépite néo-métal ou rock fusion comme vous voulez. Savant mélange de métal, avec des phases rappées et un soupçon d’électro juste ce qu’il faut. En terme de composition ce n’est pas la folie mais ça reste efficace et terriblement bandant.

Avant de passer à Meteora, Linkin Park se permet un petit album remix appelé Réanimation. L’idée est sympa, l’intérêt pour l’opus un peu moins. En 2003, le second vrai album du groupe sort (Meteora donc). En trois ans, le loup est sorti du bois et s’est un peu adouci. Tout aussi intéressant que son prédecesseur, Meteora permet au groupe de rester dans la lumière et de ne pas trop s’éloigner de ses intentions originelles. Pas de bol, le matraquage radio fait du sale boulot. On ne retient qu’un seul titre : NUMB alors qu’il est loin d’être représentatif du contenu de l’album. Rapidement estampillé COMMERCIAL, Linkin Park ne vas pas passer par 4 chemins pour donner à bouffer aux cochons qui les ont salis.

En 2004, arrive sans doute l’association la plus surprenante qu’on puisse imaginer. Diamatrélement opposé en terme d’univers, Linkin Park et Jay-Z vont créer l’évènement. Ensemble ils vont reprendre et réadapter leurs titres. Collison Course voit le jour. Concept plutôt génial à condition d’adhérer à ce rock fusion. Les scènes rap et métal sont souvent montrés comme éloignées alors qu’en fait elles peuvent parfaitement se compléter. Citons : Hed Pe ou Skindred par exemple.

Linkin Park a souvent tenté dans ses titres d’aller explorer les territoires voisins. La prise de risque est souvent là puisque le groupe tente toujours de sortir de sa zone de confort. Le plus bel exemple est Minutes To Midnight (2007). Le son mute une nouvelle fois, on quitte le métal, on rentre dans du rock plus posé, les thèmes sont plus sombres, les compositions plus mélodieuses. Seule Bleed It Out et Given Up sont gardiennes de l’esprit de Linkin Park (dynamique et agressif).

Après avoir bosser sur Minutes To Midnight, le génial producteur Rick Rubin remet la main à la patte pour The Thousand Suns. L’album est conceptuel traite de la guerre nucléaire et se blinde d’ambiance électro. Totalement déroutant.

rick rubin
Trio gagnant ???

Les expérimentations se terminent. En 2012, Living Things sort et selon le groupe, le son proposé est le meilleur depuis longtemps. Ils ont enfin atteint l’objectif désiré. Discutable selon les fans. Selon votre auteur, on retrouve un peu plus Linkin Park mais ça reste encore un peu mielleux. Passons le très moche RECHARGED, ça ne vaut pas le coup d’écrire une ligne à son sujet si ce n’est pour dire que le meilleur est à venir.

Depuis l’arrivée sur les ondes, Linkin Park n’a pas cessé de faire muter ses sonorités. Très métal à ses débuts, les compositions sont arrivées à maturité grâce à l’insertion de pop, de rock et d’électro. Seulement en 2014, les groupes de rock se regardent trop le nombril ou alors plagient un peu trop leurs voisins. « For me, rock music has gotten a little herbivorous ». Mike Shinoda a raison, le rock est bien trop mou aujourd’hui. Son envie de retourner aux sources et grande et le groupe vient donc proposer The Hunting Party. Qu’avons nous là ?

the_hunting_party

12 titres, 45 minutes de rock bien plus subversif que les trois derniers albums. Des riffs old school, le retour des hurlements de (Leo) Chester, le rap de Shinoda omniprésent et surtout on assiste là (enfin) à la diminution des séquences électro de Joe Hahn. Linkin Park a toujours voulu fusionner différents sons, genres. Il aura juste fallu produire 4 albums pour y arriver parfaitement. Non les autres opus ne sont pas merdique mais ressemblent à s’y méprendre à ce qu’on trouve sur la scène rock de l’époque. Ici The Hunting Party marque un nouveau tournant dans le son de LP. Brutal et de nouveau bandant.

Les trois premiers morceaux permettent de plonger l’auditeur dans ce nouvel univers. All For Nothing en présence de Hamilton (Helmet) est taillé pour la scène. Until it’s Gone, Guilty All The Same et Wastelands sortent du lot par leur fougue et par leur similitude avec ce que faisait le groupe par le passé. De l’énergie et de la mélodie.

Linkin Park a su s’entourer des bonnes personnes. Hamilton, Rakim, Tom Morello ou encore Daron Malakian sur Rebellion qui aurait pu être largement signé sur un album de System Of A Down. Final Masquerade et A Line In The Sand clôturent l’album d’une manière douce et reposante après une tempête métallique éprouvante.

Percutant, agressif, old school. Les mots ne manquent pas pour qualifier ce nouvel album de Linkin Park. Plus tard, on s’interrogera encore et toujours sur les décisions artistiques en terme de composition et d’orientation musicale. Et on pourra presque tout répondre que The Hunting Party a mis tout le monde d’accord.

La discographie recommandée:

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