10 Cloverfield Lane

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Qu’il est agréable de retrouver le chemin de nostroblog pour y causer cinéma de qualité. Après de longues semaines d’absence, je me suis enfin décidé à mettre à jours mes brouillons et publier au milieu de la culture underground propre à la nostroteam. Rapprochons nous un peu plus de la sphère mainstream et discutons de 10 Cloverfield Lane.

J.J Abrams est un homme avec une énorme paire de co*****s. Devenu une cible facile et un peu trop mis dans la lumière avec la réalisation de Star Wars, l’homme a réussi à tenir secret un projet attendu jusqu’à deux mois avant sa sortie en salle. Précisons que si personne n’attendait vraiment 10 Cloverfield Lane une suite à Cloverfield surprise de 2008 excitait de nombreux fans.

Ce nouveau film sorti en mars dernier vient s’inscrire dans ce qu’il semble être aujourd’hui le Clover-verse. Abrams producteur sur ce projet explique que le film n’est pas une vraie suite mais qu’il possède un lien de sang avec son prédécesseur de 2008. En effet, si le contexte que l’on découvre plutôt à la fin du film est amorcé dans Cloverfield, beaucoup de choses ont changé. A l’image de ce qu’est The Walking Dead, la raison qui pousse à survivre n’est que le décor pour raconter des histoires d’hommes et de femmes.

Tout d’abord la réalisation est bien différente. Adieu le found footage original et bonjour la mise en scène à la photographie léchée et les cadres larges et fixes. Abrams et sa boite de production Bad Robot sont allés chercher Dan Trachtenberg, réalisateur ricain responsable du génial Portal No Escape que je vous invite à découvrir ci dessous.

En proposant un court métrage Live Action du jeu de Valve, Trachtenberg montre déjà (en 2011) qu’il est capable d’apporter de l’intensité dans un huis clos et qu’il gère très bien le lense flare. Il est donc naturellement choisi pour 10 Cloverfield Lane. Au scénario, trois hommes se sont mis à l’ouvrage. Josh Campbell et Matthew Stuecken sont à l’origine du film et ont fait appel à Damien Chazelle à qui l’ont doit un certain Whiplash.

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Mais si le film est différent de Cloverfield et s’inscrit dans le même univers où est l’originalité ? Non elle ne se trouve pas dans mon fondement mais dans l’histoire. Michelle (Mary Elizabeth Winstead – The Returned) est une jeune femme qui après une rupture sentimentale décide de fuir en voiture avec laquelle elle va avoir un accident. Après quelques tonneaux brutaux, elle se réveille dans une pièce, sur un matelas au sol et face à une porte de cellule de prison. Howard Stambler (John Goodman – Big Lebowski, Treme) qu’elle prend au début pour son geolier et en réalité son sauveur. C’est lui qui l’a récupéré sur le bord de la route et qui a soigné ses blessures. Elle va également rencontré Emmett (John Gallagher Junior)- The Newsroom) un jeune homme qui connait Howard et qui a participé à la construction du bunker dans lequel ils se trouvent tout les trois. Isolés du monde, ils pensent se protéger d’un danger qui a mis les Etats Unis à genoux si ce n’est la planète entière.

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L’écriture et la narration de 10 Cloverfield Lane sont brillantes car jusqu’à sa conclusion, nous sommes loin d’imaginer l’issue. D’abord il y a l’introduction de Michelle dès les premières secondes qui semble en perdition sentimentale et dont le personnage est briallement écrit. De son métier qui va lui servir dans l’intrigue à sa personnalité fragile et lâche, toute son écriture représente un enjeu. Le spectateur va suivre son évolution et la voir se confronter à des choix cornéliens. Face à elle, Howard se propose en père de substitution, ultra protecteur et survivaliste inquiétant. Enfin Emmett lui est un peu moins intéressant mais son personnage n’a rien de bâclé. Il est là pour survivre et a le rôle du side kick rigolo.

Tous rejoignent l’accroche de l’affiche du film : « un monstre peut avoir plusieurs formes » Michelle en est un, celui de la lâcheté au début du film puis du courage en conclusion. Howard lui est celui de la paranoia et de l’isolement. Emmett lui ressemblerai plus à celui du suiveur incapable de prendre la moindre décision. D’ailleurs tel un vrai monstre, il accepterait d’évoluer, (il serait prêt à se faire tatouer tout le corps pour devenir un monstre de foire) de muter pour s’affirmer dans une société qui n’a plus rien à perdre.

Enfin il y a l’entité qui veille dehors et il y a le film qui inquiète par son silence audacieux. A ce propos, le traitement du son prend une place importante avec des coupes franches pour souligner la brutalité ou surligner l’angoisse. Il en est de même pour la VF qui est loin d’être désagréable.

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Beaucoup de thèmes sont abordés dans 10 Cloverfield Lane avec essentiellement la survie et Howard flippant survivaliste qui a construit un abri anti atomique avec des stocks de provision, un générateur de secours, de l’eau potable, un système de ventilation etc. En le voyant organiser une vie paisible dans son bunker, Howard rappelle Desmond de la série LOST qui vit sous terre en attendant la fin du monde. Une série créée et produite par JJ Abrams et Bad Robot (TROP META CE FILM).

Pour en revenir au survivalisme, c’est aujourd’hui une sous culture presaue bafouée par son intégration dans les arts comme le cinéma, la littérature voir la musique. A la base, il s’agit surtout d’envisager les crises, les catastrophes etc. Rien de choquant dans le fond. La forme quand à elle interpelle car on trouve souvent chez les survivalistes des illuminés inquiétants. Dans ce long métrage, Howard adopte un comportement agressif continue et ne perd pas de vue que ces « invités » peuvent tout tenter à n’importe quel moment. La psychologie de ce personnage est brillamment écrite puisqu’elle sème le doute dans notre esprit concernant ses intentions.

Michelle désigne à elle seule le chemin de la rédemption. En fuyant sa vie de couple et en comprenant que chaque personne a un rôle à jouer dans ce nouveau monde, elle va s’émanciper de son caractère lâche et filer tout droit vers …. la badasserie.

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On en vient au plus gros défaut du film : sa fin. Huis clos impérial pendant 1h30, le film envoi balader la subtilité et justifie les actions de Michelle par l’annonce du Clover-Verse. Sa relation avec Howard et le CLIMAX avec Emmett sont expédiés trop rapidement ce qui casse la narration et peut exclure du film le spectateur trop concentré. De plus la fin questionne quand à la direction prise. Le dernier choix de Michelle qui lui permet d’enterrer son passé ressemble à s’y méprendre au cliffhanger putassier de Resident Evil avec Milla Jovovitch et son shotgun.

Heureusement, le talent se trouve plus du côté de la sphère J.J Abrams que des adaptations de la série horrifique de Capcom. Il ne fait aucun doute que si enrichissement du Clover-Verse il doit y avoir, la qualité sera préservée. Les deux premiers films en sont des arguments criants.

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