Sense8, c’est sensate !

Voici venu le dernier bébé des frère et sœur Wachowski, et aussi de J. M. Straczynski (créateur de Babylon5 et scénariste de comics) avec qui ils se sont associés. Après l’excellent et innovant Cloud Atlas et le magnifique mais caricatural Jupiter Ascending, j’étais impatient de découvrir Sense8. Les douze épisodes de la première saison sont tous disponibles sur Netflix (j’ai créé un compte exprès), ce qui fait quand même une demie-journée de programme. Et c’est une bonne chose, car le rythme calme et posé de Sense8 (un jeu de mot avec le terme anglais « sensate » qui signifie « conscient ») pourrait en démotiver certains. Le trailer que je n’avais pas vu avant (volontairement) laissait croire à un blockbuster bourré d’action et d’explosions alors qu’en réalité, le ton et l’ambiance sont calmes, très posés, voire intimistes. Il y aurait de quoi se sentir floué. Et pourtant, quoiqu’on en pense, Sense8 vaut largement le coup d’œil.

[Avertissement : spoils mineurs disséminés un peu partout.]

Je considère que les deux premiers épisodes font figure d’introduction, plutôt longue, à l’univers de la série. Une intro de deux heures, oui, mais pourquoi se presser quand on a 12 heures devant nous et qu’il n’y a pas à attendre une semaine pour voir la suite ? Les Wachowski conseillent quant à eux de regarder la série en trois fois, par salve de quatre épisodes formant chacun une partie de cette saison en trois actes. Perso, j’ai tout enchaîné (binge-watching comme on dit maintenant) et je trouve que Sense8 trouve ses marques et démarre réellement avec l’épisode 3 (même si les deux premiers sont très très biens).

Après une première scène mystérieuse qui nous montre brièvement son sujet sans trop l’expliquer, Sense8 nous présente longuement les huit personnages centraux qui ne se connaissent pas et vont tout d’un coup être connectés entre eux, enchaînant scènes d’exposition sur scènes d’exposition. On a donc, dans un ordre totalement aléatoire :

– Lito (Miguel Ángel Silvestre), le beau gosse latino, acteur à succès de telenovelas, gay mais pas assumé car potentiellement risqué pour sa carrière (Mexique) ;
– Sun (Doona Bae), femme d’affaire, boxeuse, qui se retrouve impliquée dans une sombre affaire de détournement de fonds (Corée du Sud) ;
– Will (Brian J. Smith), policier qui va se retrouver petit à petit à enquêter sur les « sensitifs » (ou sensates) (USA) ;
– Riley (Tuppence Middleton), DJ, elle a fuit son Islande natale pour d’obscures raisons (Angleterre) ;
– Kala (Tina Desai), chimiste dans une industrie pharmaceutique, future mariée, scientifique mais aussi très croyante (Inde) ;
– Wolfgang (Max Riemelt), petit malfrat qui a des problèmes avec un peu tout le monde sauf son meilleur ami (Allemagne) ;
– Nomi (Jamie Clayton), hacktiviste, femme trans et en couple avec Freema Agyeman, euh, Aminata, et va involontairement découvrir la menace qui pèse sur eux tous (USA) ;
– Capheus (Aml Ameen), conducteur de bus, aide autant qu’il le peut sa mère malade (Afrique, euh… Kenya).

Nomi & Aminata ♥

Voici donc pour le cercle (cluster en vo) de sensitifs. Huit personnes, quatre hommes, quatre femmes, d’origines et de cultures différentes. Les deux premiers épisodes les introduisent en douceur (en se focalisant plus sur certains, évidemment), contrairement à un Cloud Atlas qui avait à peine plus de deux heures (je veux une version longue !) pour développer cinq histoires différentes. Et il est impossible de ne pas penser à Cloud Atlas au vu du résumé de Sense8. Sauf qu’au lieu d’un méli-mélo spatio-temporel, on a « juste » un enchevêtrement émotionnel de huit hommes et femmes dispersées sur toute la planète (attention aux fuseaux horaires !). Cela peut paraître plus simple, et pourtant…

Bien que toutes ces personnes soient d’horizons différents, éparpillées sur la planète bleue, ils parlent malheureusement tous en anglais, ce qui casse un peu le réalisme de la chose. Car les réalisateurs ont tenu à respecter le plus possible l’environnement et la culture de chacun des sensates,  au point de prendre des acteurs et actrices de la nationalité concernée (exceptée pour Riley…), de tourner dans les huit villes où vivent les persos plutôt qu’en studio, se voulant le plus fidèle à la réalité possible. Sauf, donc, pour les langues parlées. C’est quand même dommage, puisque c’est étrange de voir, par exemple, des gamins allemands parler en anglais, alors qu’on aurait pu avoir des sous-titres. Cela dit, j’aime bien entendre tous ces accents anglais différents, c’est rigolo. Mais alors que le but premier est de montrer les liens entre les différentes et nombreuses cultures humaines, on a pour le coup l’impression que l’anglais, envahissant, est hégémonique.
Aparté : mais peut-être est-ce fait exprès, afin que l’on ressentent la même chose que les sensitifs, qui se comprennent sans parler la même langue ? Cette explication tient la route, en tout cas.

Mais reprenons : les sensitifs découvrent leurs pouvoirs. Ainsi, leur environnement auparavant si tranquille devient de plus en plus perturbé du fait de leur nouvelle connexion. Will qui entend de la musique alors qu’il n’a pas de voisin immédiat, Kala qui ressent la pluie fraîche de Berlin alors qu’il fait super beau et chaud chez elle, Sun qui voit une poule sur son bureau… Il y a de quoi se croire devenir fou !

On se doute qu’avec autant de personnages, il va être difficile de créer autant d’intrigues intéressantes et de tout lier à une trame principale (et que l’on risque d’avoir nos petits préférés, mais c’est un autre sujet). Et, léger drame, c’est bien le cas. Mis à part le duo habitant aux USA, allié à Riley dont le fil rouge la mène de plus en plus au centre de l’histoire, les cinq autres sensitifs vivent leurs vies de leurs côtés, interagissant plus ou moins volontairement avec les autres, sans prendre conscience des enjeux plus globaux entourant leurs existences.

En effet, plusieurs exemples. L’intrigue de Kala est digne d’une série romantique pour midinette, heureusement compensée par une mise en scène et une cinématographie magnifique : décors, costume, musique & ambiance, c’est du Bollywood ! Et puis ça amène un peu de légèreté au milieu d’intrigues plus sombres et sérieuses. Autre cas : autant j’aime Doona Bae, autant le rôle d’une asiatique experte en arts martiaux fait grossièrement cliché. Sans compter son histoire qui la mène en prison, légèrement over the top. Et c’est un peu le cas de tous les persos, qui ont chacun une ou des caractéristiques susceptibles d’être utiles au sein du groupe dans des situations dangereuses et désespérées. L’hacktiviste qui peut accéder à toute information confidentielle du moment qu’elle a le matériel adéquat (et on est loin du ridicule de </Scorpion> !)(si vous ne connaissiez pas cette dernière série, tant mieux), le conducteur de bus habitué à une conduite agressive en cas de course poursuite, tous auront leur moment de gloire, évidemment. Et aucun d’entre eux n’a une vie tranquille et bien rangée. Non, Kala va se marier au fils du riche patron de l’entreprise qui l’emploie mais qu’elle n’aime pas (le fils, pas le patron), Capheus doit affronter une bande de tueurs habiles de la machette, Wolfgang se retrouve bien embêté après avoir volé des diamants, et j’en passe, etc., on a compris la leçon. Ces storylines et protagonistes peuvent paraître un brin caricaturaux, mais ils se révèlent beaucoup plus fouillés et complexes avec les épisodes. Et puis, avouons-le, Sense8 n’aurait pas eu la même tête si on avait eu un professeur de français, un comptable, une factrice, bref, des personnes plus ordinaires aux métiers et occupations plus communes.

Mais pour survivre, il fallait bien des gens un peu hors du commun. Même si on n’est pas dans Heroes avec des supers pouvoirs et des capacités extraordinaires genre immortalité, télékinésie, ou encore voir l’avenir… Car oui, en dehors de leur connexion, les héros de Sense8 sont des gens normaux. Et pourtant, il vont devoir se battre. Rapidement des mystères, des menaces et des enjeux sont exposés. Sans répondre à toutes les questions qui se posent au visionnage des premiers épisodes, mais en dévoilant tout de même des indices, la série instaure un méchant énigmatique aux motivations toutes aussi énigmatiques. Résultats, on a le droit à des cliffhangers haletants, des scènes d’action et des cascades incroyables, des fusillades sanglante et gore, des combats violents et sublimement chrégraphiés, des course-poursuite à vélo et même des explosions au bazooka, me rappelant l’une des meilleures scènes de Torchwood saison 4 !

Il faudra attendre la saison 2 pour, vraisemblablement, en savoir plus sur les sensitifs de la génération précédente (si on peut dire ça ainsi), sur les autres cercles existants (s’il y en a), leurs allégeances et leurs buts, ou avoir des réponses à des questions du genre « y aura-t-il un sensitif ou une sensitive français-e dans la suite ? ». Mais déjà, les quelques pistes lancées sont prometteuses. En effet, les Wachowski et Straczynski ont planifié 5 saisons (et les acteurs auraient aussi signé pour cinq saisons), avec déjà un plan bien détaillé pour la deuxième (une trentaine de pages !), et cela se ressent dans l’avancée de ces 12 épisodes : ce premier arc peut se voir comme une introduction globale à longue saga à venir des sensitifs, jusqu’à la formation d’un groupe de héros soudé et coopératif, prêt à en découdre et à se venir mutuellement en aide.

Comme dans Cloud Atlas, on brasse ici des thèmes chers aux Wachowski : identité, racisme, sexisme, sexualité, genre, religion et libertés individuelles. Pour la religion, il faudra voir avec Kala, dont la dualité entre ses croyances et sa rationalité scientifique la rend plus intéressante que son histoire de mariage. Eh oui, les personnages sont plus complexes que les clichés auxquels les réduisent une présentation succincte en quelques mot trop réducteurs. Si la série continue de développer l’aspect « liberté de culte » par la suite, cela promet d’être enrichissant.

Parmi les personnages les plus au centre de l’intrigue, on a Nomi, femme trans et lesbienne jouée par Jamie Clayton, elle-même transgenre. C’est si rare à l’écran de voir des femmes trans pas incarnées par des hommes cis… Bref. Son histoire est un écho de celle de Lana Wachowski, et les premiers épisodes ont des aspects autobiographiques (notamment le passage à l’hôpital où Nomi n’a plus aucun contrôle sur sa situation, où les autres – la société – veulent décider à sa place de ce qui est bon pour elle et avec sa propre mère qui insiste pour la genrer au masculin). Par ailleurs,  la transidentité de Nomi n’est pas le seul élément de sa personnalité mise en avant, elle est aussi avant tout une hackeuse de talent (et une sensitive, mais ça, c’est valable pour tous les persos de la série). Si l’on ajoute à cela Lito, l’acteur gay mais dans le placard (qui là encore n’est pas définit que par son orientation sexuelle et romantique, même s’il s’agit de son arc scénaristique principal)(beaucoup moins cliché, plus subtil et plus fun que prévu, par ailleurs), puis la Lesbian Gay Bisexual Transgender Pride de San Francisco qui apparaît en toile de fond dans les deux premiers épisodes, les drapeaux arc-en-ciel dans le générique et le bisou langoureux de deux barbus autour d’une glace, il n’en faudra pas plus à certains pour parler de « gay agenda« . Tout comme moi je parle de « straight agenda » dès que je vois des hétéros dans un média (tout le temps, en gros), ras-le-bol de voir de la propagande hétéro tout partout.

Pour certains, il faudrait que la transidentité de Nomi et l’homosexualité de Lito soient nécessaires pour ou justifiées par l’histoire, alors que l’hétérosexualité n’a jamais a être nécessaire, et que non, être hétéro n’est pas une sexualité par défaut. Nopity nope. Après, je l’accorde, Sense8 ne va pas dans la dentelle avec les scènes de sexe, lesbiennes, gay ou hétéro. Suffit de voir l’orgie psychique pansexuelle genderfluid totalement lyrique et assumée (et narrativement utile !). #SocialJusticePorn

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Graou ♥

Surtout que si l’on veut parler de scènes choquantes, ce ne sont pas les scènes de sexe ou de nudité (ouais, on voit de beaux boobs et un joli pénis – pas en même temps) qui me viendront à l’esprit en premier. Sense8 sait surprendre à des moments inattendus. Certes, ces scènes sont exposées de manière explicite, mais la violence et la souffrance le sont aussi, et aussi cruement. Et là, personne pour s’en plaindre ? Pour exemple, je choisi cette fin d’épisode ahurissante, où la musique magistrale se mêle à l’intensité des images, terriblement crues et belles à la fois, où les Wachowski ont allègrement repoussé les limites de ce qui était montrable dans une série. Une séquence époustouflante qui n’aurait peut-être pas pu être possible autrement que sur une plateforme telle que Netflix. Ce qui ont vu Sense8 comprendront à quoi je fais référence ici (enfin… j’espère). Et les autres iront voir la série de ce pas  pour  voir d’eux-même cette fameuse scène (j’espère aussi).

Si le rythme des premiers épisodes est assez mou, la suite prend rapidement de l’ampleur, au fur et à mesure que l’histoire avance et que la mythologie autour des sensitifs s’éclaircit. Néanmoins, c’est parfois dans ses moments les plus posés que la série trouve son charme, lorsque les sensitifs se découvrent mutuellement, comme cette scène toute simple entre Kala et Capheus, dans laquelle ils regardent un film de JCVD. Jean Claude Van Damme et son célèbre « aware », au sens subtilement proche de sensate. Rien n’est présent par hasard dans cette série, tout est pensé et réfléchi en amont (il y a par exemple des références régulière au chiffre 8). Ou encore, autre exemple, la balade de Sun à travers Séoul et Nairobi, où elle croise Capheus, encore dubitative face à ce qu’elle considère comme étant des hallucinations. Ou même, cette longue scène de karaoké partagée entre les huit sensitifs : majestueuse (ouais, je ne suis pas avare en adjectifs mélioratifs aujourd’hui). Pour la première fois, le cercle est émotionnellement connecté en même temps, autour d’une chanson au sens et à la symbolique fortes, en rapport direct avec les événements qui touchent chacun d’entre eux, troublant leur vie pour toujours : what’s going on ?

Et puisque l’on parle musique, la bande-son est composé par Tom Twyker et Johnny Klimek, tout deux déjà présents sur Cloud Atlas. Et effectivement, c’est beau. Le générique, avec ses images style documentaire, est assez intriguant, reflète le propos de l’oeuvre, mais est un peu longuet (une caractéristique essentielle de Sense8 en fait). Cela ne m’a pas transporté autant qu’un All Boundaries Are Conventions, mais cette bo reste un bon accompagnement. Le choix des musiques d’artistes est aussi judicieux, toujours dans le bon ton par rapport aux scènes à l’écran.

Je m’éparpille dans mon article, revenons-en aux sensitifs. Le trailer et le synopsis laissaient entendre qu’ils étaient tous connectés les uns aux autres, tous ensemble. Et ce n’est que rarement le cas (du moins dans cette première saison). Déjà, il faut le temps que les huit prennent conscience de leurs liens psychiques, ensuite certains sensitifs ont tendance à « apparaître » ou à ressentir des émotions communes plus facilement avec les uns que les autres. Par exemple, Kala voit régulièrement Wolfgang, quasiment à chaque épisode, mais très peu les autres membres du groupe. Pourtant, un lien pour le moment resté à l’état de simple information a été fait entre elle et Capheus, dont le pays souffre d’un problème d’accès au soin à cause de la contrefaçon de médicaments. D’ailleurs, l’entreprise de la famille de Sun semblait aussi avoir des liens avec l’industrie pharmaceutique… Reste à voir si ce n’était qu’un clin d’œil ou quelque chose susceptible d’être exploré par la suite ou moi qui surinterprète et cherche des connexions qui n’existent pas. Mais je soupçonne les Wachowski et Straczynski d’avoir bien préparé le terrain pour la suite, d’avoir fait en sorte que des détails anodins et des histoires en apparence déconnectées de la trame principale gagnent de l’ampleur lors des saisons suivantes.

Evidemment, les protagonistes recevant le plus d’attention sont ceux dont l’histoire se centre autour du mystère des sensitifs : Will, Riley et Nomi. Cela se fait malheureusement au détriment des autres (de mon point de vue). Mais c’est aussi un moyen de faire ressortir le pauvre Will, archétype même du héros (comprendre « homme blanc cis hétéro » pour ceux dans le fond de la salle qui ne voyaient pas où je voulais en venir), rôle qu’il endosse sans hésiter. Si son histoire personnelle n’était pas autant liée aux mystères des sensitifs, il n’aurait rien pour lui (contrairement à Nomi et Riley). C’est triste (mais je l’aime bien quand même, hein). Néanmoins, la lenteur d’avancée du scénario déjà évoquée maintes fois (ne dites pas ne pas avoir été prévenus !) permet d’explorer plus méticuleusement chacun des sensitifs et chacune de leurs backstories, et ce, grâce notamment à des personnages secondaires hauts en couleur. Je pense notamment à Aminata, incarnée à l’écran par Freema Agyeman, ou encore à Hernando (Alfonso Herrera) et Daniela (Erendira Ibarra). Quelque soit l’histoire narrée, un soudain ménage à trois pétillant de bonne humeur ou un recel de diamants qui risque de mal tourner, les personnages secondaires apportent du relief et de la profondeur à nos huit sensates. Ils permettent de mieux les comprendre, leur passé, leur présent, leur personnalité, tout leur être, auquel on s’attache. Alors qu’ils n’avaient rien en commun, ils vont tout partager, mémoires et émotions. Et c’est exactement cela qui rend ces histoires ordinaires, ces tranches de vie légèrement saupoudrées de SF, si captivantes.

La promenade de Sun & Capheus

Sense8 est ainsi dans la continuité directe de la filmographie des Wachowski, suite spirituelle de Cloud Atlas, comme une sorte de version longue et sérialisée de ce dernier, abordant des thématiques complexes et matures de manière intelligente, le tout avec des dialogues confondant de naïveté et ne s’embarrassant pas de nuances, comme seules Lana et Andy Wachowski savent le faire. Touchant, prenant aux tripes, long mais intense. Je comprends que la dernière oeuvre des Wachowski puisse désarçonner voir même décevoir. Sense8 n’est pas une série facile d’accès, quelque chose d’encore rare dans le paysage télévisuel, inédit et innovant. J’en redemande, encore et encore.

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