La représentation de la jeunesse de Lorsque nous vivions ensemble à Solanin

Les parcours de Kazuo Kamimura et Inio Asano se ressemblent, du moins dans leur début. Si Parada, le premier manga de Kazuo Kamimura, a marqué les esprits de la profession en 1968, ce n’est qu’en 1972 que l’auteur acquiert la reconnaissance du public. La série Lorsque nous vivions ensemble, publiée dans les pages de la revue Manga Action de Futabasha, est un succès, à tel point qu’elle est transposée sur les écrans télévisés sous forme épisodique. La carrière de dessinateur de mangas de Kazuo Kamimura est alors lancée. Inio Asano, lui, se fait remarquer au cours de l’année 2003 avec Un monde formidable. C’est deux années plus tard, grâce à Solanin, que sa notoriété explose. Publié dans le magazine Young Sunday de Shogakukan, le manga connaît même une adaptation cinématographique.

Si Lorsque nous vivions ensemble et Solanin ont lancé les carrières de leur auteur, les similitudes ne s’arrêtent pas là. En effet, les deux œuvres traitent de la vie en couple à leur époque. Ainsi, dans cet article, nous allons nous poser la question suivante : en quoi Solanin est-il une ré-actualisation de Lorsque nous vivions ensemble ?

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Les chroniques transgressives d’un couple des années 70

Dans Lorsque nous vivions ensemble, Kazuo Kamimura raconte l’histoire de Kyoko et Jiro, un jeune couple non marié vivant dans un petit appartement. Le premier réflexe qu’on doit avoir lorsqu’on évoque le récit est de le replacer dans son contexte : il s’agit d’une situation marginale pour l’époque. Effectivement, au moment où débute le manga, en 1972, le Japon se remet des importants mouvements contestataires des années 69 et 70 (révoltes étudiantes, actions terroristes). Pendant que l’idéologie de l’Armée Rouge japonaise prend de l’ampleur, les mœurs commencent à se libérer. Mais à cette époque, le phénomène se développe dans les marges de la société. Vivre en concubinage est encore mal perçu par les parents, les chefs d’entreprises, et même les amis. Contrairement aux groupuscules qui se révoltent contre le pouvoir en place, Kyoko et Jiro font leur révolution de leur côté, par le simple fait de vivre ensemble dans un petit appartement miteux.

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En France, Lorsque nous vivions ensemble est publié en trois tomes par les éditions Kana.

C’est donc cette jeunesse rebelle, guidée par la passion, que dépeint Kazuo Kamimura dans Lorsque nous vivions ensemble. La série fait écho à la situation de nombreux japonais, qui se reconnaissent immédiatement dans les personnages de Kyoko et Jiro. C’est à travers ce manga qu’ils prennent conscience du fait que leur identité ne se résume pas à être des rebuts incapables de s’adapter à la vie en société, inutiles au pays. Même si leurs proches continuent à leur faire la morale, ils découvrent qu’ils ne sont pas seuls et peuvent alors assumer leurs choix de vie.

D’autant que si Kazuo Kamimura met en scène un couple choisissant la passion à la raison, il n’en oublie pas de traiter les préoccupations de la jeunesse de l’époque ; qu’elles soient tabous ou non. L’auteur aborde évidemment la vie en concubinage, avec ses hauts et ses bas, la passion et les pressions extérieures. Mais pas seulement. Il dresse également le portrait de deux jeunes qui ne parviennent pas à trouver leur place. Ils manquent d’ambition pour percer dans le monde du travail, ils manquent de courage pour se livrer au vagabondage. Ils vivent selon leurs envies, essayant de trouver un sens à leur existence, une route qui leur est propre. C’est dans cette complexité que les lecteurs vont se reconnaître, des jeunes qui ne souhaitent ni se conformer aux codes d’une société passéiste ni se rebeller contre les institutions en place.

Cette jeunesse en perdition, qu’on pourrait presque qualifier d’égocentrique, on la retrouve dans la liste des thèmes abordés dans Lorsque nous vivions ensemble. La question sur les sentiments a une place importe. Jiro et Kyoko s’aiment-ils vraiment ? Seront-ils encore ensemble dans un an ? Kazuo Kamimura met en doute l’existence de l’amour tout autant qu’il sublime la passion. Mais l’incertitude sur les sentiments et l’avenir ne sont pas les seules thématiques à travers lesquelles la jeunesse japonaise peut enfin se reconnaître. Le mangaka met en lumière les tabous de son époque et évoque des réalités trop souvent passées sous silence. Si la maladie, la stérilité, les déviances sexuelles ou encore le harcèlement en sont des exemples, deux sujets sont bien plus frappants. L’avortement d’une part et la dépression d’autre part. Kazuo Kamimura brise la loi du silence, s’attirant ainsi la reconnaissance d’un public jusque là trop peu représenté.

Le mal-être d’un couple des années 2000

A travers Solanin, Inio Asano met lui aussi en scène un couple : Meiko et Naruo. L’histoire débute lorsque la jeune fille donne sa lettre de démission. Bien que récent, il est important de remettre le manga dans son contexte pour en parler. Lorsque Solanin débute, le Japon est en paix, la catastrophe de Fukushima n’a pas encore eu lieu. Les japonais évoluent dans un environnement serein, si bien que pour la jeunesse il est difficile de se lamenter. Eux qui n’ont pas connu la bataille des Philippines, la bombe atomique, le terrorisme de l’Armée Rouge ou même celui de la secte Aum, de quoi se plaignent-ils ? Non seulement se morfondre est faire preuve d’égoïsme, mais en plus il n’existe aucun sujet qui vaille la peine d’être contesté. Une route bien droite se présente aux jeunes, un avenir autant normal que banal.

C’est cette jeunesse étouffée par la société contemporaine que représente Inio Asano. Dans la volonté de se rebeller bien que ce soit inutile ainsi que dans le sentiment d’oppression, les lecteurs se reconnaissent autant dans Meiko que dans Naruo. L’auteur capte le malaise d’une certaine frange de ses contemporains et s’impose avec Solanin comme la voix d’une génération. Un lectorat, alors constitué de jeunes en perdition, se reconnaît dans la série, dans la parole d’Inio Asano, et peut désormais sortir de sa solitude.

Solanin kana
La version française de Solanin, publiée aux éditions Kana, compte deux volumes.

Tout cela étant bien évidemment accentué par les thématiques que le mangaka aborde. Solanin raconte avant tout l’histoire d’un couple inadapté à la société qui vit et agit à l’encontre de la raison. Tandis que Meiko démissionne de son travail ennuyeux d’employée de bureau, Naruo reforme son groupe de rock dans le but de vivre de sa passion. Le monde du travail n’est assurément pas fait pour eux. Néanmoins, la réalité les rattrape, et elle s’avère cruelle. Meiko doit travailler, car elle ne peut plus continuer à vivre en se basant sur ses économies. Naruo, quant à lui, doit adapter sa musique aux carcans commerciaux, sans quoi les maisons de disques refusent de le diffuser. En choisissant de vivre déraisonnablement, les personnages d’Inio Asano s’exposent aux doutes liés à leur avenir. Combien de temps notre situation va durer ? Suis-je sur la bonne route ? Et si je retournais vivre chez mes parents ? Les questions s’enchaînent, faisant directement écho aux situations des lecteurs.

Et pourtant des thèmes encore plus personnels sont mis en évidence par Inio Asano. Dans Solanin, l’auteur développe le sujet du passage à l’âge adulte. Complexe et effrayante, cette transition est la cause du mal-être de nombreux jeunes. Trop grands pour être des adolescents, trop petits pour être des adultes. Comment devient-on un adulte, et à quoi bon le devenir ? Un questionnement sur lequel le mangaka s’étend dans Solanin. Dans la continuité, Inio Asano aborde un thème comme le rêve, et plus précisément son échec. Les personnages ont beau avoir de grands projets pour leur avenir, ils sont toujours rattrapés par la dure réalité. Un constat sombre dans lequel une touche de lumière apparaît. Le mangaka fait du désir un moment éphémère et place le souvenir comme un besoin essentiel de la construction personnelle. Ainsi concrétiser ses rêves revêt moins d’importance que tout mettre en œuvre pour les réaliser. Une motivation pour tous les jeunes égarés entre le monde ennuyeux du travail et une passion difficile à assouvir.

Mais c’est aussi et surtout grâce à des thèmes chocs qu’Inio Asano a su capter l’attention de la jeunesse. Dans un Japon pacifié, l’auteur crée des problèmes graves autour de ses héros. Il aborde de cette manière des sujets lourds tels que la dépression, la mort, le bonheur et surtout son absence. Autant de soucis susceptibles de tous nous toucher, du jour au lendemain, et même en temps de paix. Solanin représente ainsi autant les faiblesses de certains que les craintes des autres.

La place des arts

Lorsque nous vivions ensemble est un manga proche du monde des arts. Jiro, le personnage principal, est un illustrateur. Tout comme Kazuo Kamimura, bien évidemment. A travers son œuvre, il met en lumière sa propre situation, ses propres expériences, et le tableau n’est pas beau à voir : il décrit un métier précaire dans lequel l’ambition prime sur le talent. Il en est de même pour Solanin. Naruo vit de petits boulots liés au graphisme, ce qui permet à Inio Asano de traiter de la profession avec un regard juste et amer. Le jeune homme abat un boulot colossal, enchaînant les nuits blanches, et, pour autant, il gagne un salaire de misère. Inio Asano va même jusqu’à le décrire comme vivant aux crochets de sa copine. Son travail de dessinateur semble l’écœurer à tel point qu’il rêve viscéralement de vivre d’un autre art : la musique.

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Si la musique occupe une place importante dans Lorsque nous vivions ensemble…

Autant chez Kazuo Kamimura que chez Inio Asano, représenter des dessinateurs donne un impact supplémentaire à l’œuvre. En effet, les mangakas parlant de leur profession, de ce qu’ils connaissent, une touche de crédibilité est ajoutée aux ouvrages. Et, aux yeux des lecteurs, cette crédibilité est perçue comme de la sincérité. De cette manière, c’est le poids de l’ensemble des propos tenus dans ces deux mangas qui est accru.

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… son rôle est essentiel dans Solanin.

Mais qu’on ne se trompe pas, les deux auteurs aiment avant tout dessiner des personnages qui leur ressemblent. De Folles passions à La plaine du Kanto, les dessinateurs ne manquent pas dans la bibliographie de Kazuo Kamimura. Inio Asano, lui aussi, se plaît à mettre en scène des artistes dans ses mangas. On pense notamment à des œuvres telles que Bonne nuit Punpun et Le quartier de la lumière dans lesquelles il représente des mangakas débutant dans la profession.

Des auteurs de mangas hors normes

La structure de Lorsque nous vivions ensemble est particulière à bien des égards. Tout d’abord dans la manière de raconter l’histoire. Kazuo Kamimura se démarque par l’utilisation d’un narrateur qui décrit, analyse ou donne des pistes de réflexion sur l’action du manga. Des textes forts et lyriques qui marquent les esprits. Si la poésie de l’auteur semble lui être personnelle, c’est principalement par son style graphique qu’il dénote de la production de son époque. Par l’élégance de son trait, premièrement. Des dessins légers et précis rappelant les estampes ukiyo-e. Un coup de crayon propre à l’auteur qui sublime les personnages dans des compositions remarquables. Mais l’art de Kazuo Kamimura ne se limite pas à ça, l’auteur excelle également dans la mise en scène. Son travail sur le mouvement et le découpage des cases est unique. Une touche personnelle, contrastant avec la méthode moderne de faire du manga, qui consiste à donner du rythme à l’œuvre par la succession d’images fixes et la répétition des cases et non en introduisant une notion d’animation à l’intérieur même de celles-ci.

Solanin aussi a des qualités intrinsèques en tant que bande dessinée. Inio Asano impose sa manière de narrer un récit aux lecteurs, et ça fonctionne. Le principal attrait structurel de la série se situe dans ses textes écrits sur des cases noires. De manière générale, ils dépeignent les pensées les plus fortes des personnages. Provocant un impact puissant, ces phrases sur fond noir sont l’ADN du travail narratif du mangaka. Si bien que dans Bonne nuit Punpun, plus tard dans la bibliographique d’Inio Asano donc, le personnage principal s’exprime uniquement de cette manière. Et s’il est aisé de reconnaître un manga de l’auteur à sa narration, sa patte graphique est tout aussi singulière. Un contraste se crée entre l’arrière-plan urbain réaliste et l’expressivité presque cartoonesque des personnages. Assurément un style qu’on reconnaît entre mille.

En outre, il est important de noter que les deux mangas reprennent une rythme épisodique. C’est à dire qu’un chapitre équivaut à une tranche de vie. De cette manière, on entre dans le quotidien des personnages, et on lit au rythme où ils vivent. Les scènes se suivent donc, les auteurs insufflant plusieurs fils rouges à leur histoire. Autant chez Inio Asano que chez Kazuo Kamimura, les personnages vieillissent et leurs relations évoluent. Cette structure similaire est fondamentale dans la comparaison des œuvres présentées dans cette chronique.

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Exemple de narration graphique selon Kazuo Kamimura.

Au long de son œuvre, Kazuo Kamimura n’a de cesse de recourir à des symboles pour transmettre à ses lecteurs des émotions que les yeux ne suffisent pas à percevoir. Autrement dit, il incite à la réflexion sur le choix des images afin de mieux toucher notre cœur. De cette manière, il met à contribution le regard du lectorat et lui retire une certaine forme de passivité consistant à lui faire subir les actions telles qu’elles sont dépeintes. Par exemple, l’auteur utilise fréquemment les fleurs et leur langage pour exprimer une idée ou une émotion. De ce fait, ses planches ressemblent à des compositions, il dessine le manga comme un artiste peindrait un tableau. Il va plus loin dans les symboles en utilisant également des figures animales : un papillon se posant sur le ventre d’une femme pour nous indiquer qu’elle est enceinte, des oiseaux qui sont tués pour suggérer la frustration sexuelle. Dans le même ordre d’idée, les éléments naturels ont une importance considérable dans Lorsque nous vivions ensemble. Le feu témoigne de la destruction, souvent salvatrice, intérieure d’un personnage. Le vent évoque la confusion, le doute. La mer quant à elle n’a pas bonne figure, puisqu’elle symbolise la fin et, par extension, la mort. Pour finir, la neige représente la pureté et l’innocence, et plus précisément leur perte, car elle finit souvent souillée par l’homme. Au bout du compte, chaque détail a son importance, a été pensé et travaillé afin d’apporter au lecteur bien plus qu’un élément esthétique.

Dans une moindre mesure, du moins dans Solanin, Inio Asano se sert de figures de style pour transmettre des émotions à ses lecteurs. Cela passe par le ciel par exemple, des nuages bas pour représenter l’oppression de la société ou un ballon qui s’envole pour témoigner du désir d’émancipation de Meiko. L’auteur va encore plus loin en personnifiant les sentiments de Naruo, ce qu’il est au fond de lui, afin de révéler la confusion qui règne en son esprit. Mais le symbole le plus marquant du manga est la blessure de la protagoniste. Elle végète, se sent mal et c’est lorsqu’elle prend conscience de la vivacité de sa douleur qu’elle se blesse d’une entaille à la joue. Ainsi, la cassure qu’elle a en elle est rejetée sur son visage, à la vue de tous, le lecteur en tête de liste. Elle porte un pansement dont la portée symbolique est forte et c’est lorsqu’elle parvient à aller de l’avant, à s’accomplir donc, que ses amis le lui retire. En somme, Inio Asano montre plus que ce que les yeux peuvent voir. Il se sert de la forme pour appuyer le fond et des symboles pour mettre à contribution la capacité de réflexion de ses lecteurs.

Plus qu'une coupure, cette blessure symbolise le mal-être de Meiko.
Plus qu’une coupure, cette blessure symbolise le mal-être de Meiko.

Si Lorsque nous vivions ensemble et Solanin ont marqué les esprits de la jeunesse de leur génération, c’est donc aussi par leurs qualités en tant que manga. Des œuvres abouties dans lesquelles on trouve les touches personnelles de leur auteur, qu’elles soient d’ordre esthétique ou scénaristique. On obtient avec ceci les ingrédients principaux pour faire des mangas qualitatifs, mais pas seulement. Le fait de développer un univers artistique propre tend à donner du crédit autant aux propos d’Inio Asano qu’à ceux de Kazuo Kamimura. Les auteurs apparaissant comme sincères dans leur démarche car leur manga leur ressemble. Seul Inio Asano aurait pu dessiner Solanin et seul Kazuo Kamimura aurait pu dessiner Lorsque nous vivions ensemble. Dès lors, l’impact des messages passés à travers ces œuvres gagne considérablement en puissance.

Témoins de leur époque

Malgré les nombreux points communs évoqués dans cet article, le rapprochement entre Lorsque nous vivions ensemble et Solanin ne saute pas aux yeux. Des différences fondamentales apparaissent, qu’on peut incomber au sens artistique de chacun des auteurs mais aussi, et surtout, à l’époque dans laquelle chaque série a été publiée. La principale nuance entre les deux mangas se situe sur le ton de l’œuvre. Lorsque nous vivions ensemble aborde des sujets graves avec un air mélancolique et une certaine insouciance propre aux années 70. Le couple mis en scène par Kazuo Kamimura va de l’avant et surmonte tant bien que mal les épreuves. Les deux protagonistes font face aux difficultés ensemble, que ce soit en vivant dans le même appartement ou par une relation épistolaire. Dans Solanin par contre, le ton est plus léger, mais tout aussi mélancolique. Cependant une cassure intervient dans le récit, un problème qui semble insoluble, insurmontable. Inio Asano invente un mal là où il n’y en avait pas besoin. Soudainement, il assombrit un avenir qui semblait tout tracé, qui paraissait autant pour le lecteur que pour les personnages plat et banal. Et, en cela, l’auteur capte toute la problématique de la jeunesse égarée des années 2000.

En définitive, les principales différences entre le manga de Kazuo Kamimura et celui d’Inio Asano relatent que ces deux auteurs sont des témoins de leur époque. Les lire signifie observer le miroir d’une part importante de la société japonaise, celle de la jeunesse, à une période donnée. De plus, si les deux mangas sont très ancrés dans la culture de l’archipel, ils peuvent avoir une résonance forte sur nous, les lecteurs occidentaux. En effet, Lorsque nous vivions ensemble rappelle sans mal les films de la nouvelle vague du cinéma français, là où Solanin fait écho aux questionnements de la fameuse génération Y. Il est aisé d’affirmer que les deux auteurs ont une potentielle portée internationale, ce qui tend à rendre leurs œuvres (et principalement les deux évoquées dans cette chronique) encore plus profondes et intéressantes à analyser.

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Meiko, une jeune femme des années 2000.

A travers la manière dont est décrite la jeunesse, les thèmes abordés, l’implication des auteurs et les qualités intrinsèques des deux mangas, on peut en déduire que Solanin est une version modernisée de Lorsque nous vivions ensemble. Comme son aîné, Inio Asano saisit précisément le mal-être et les interrogations de ses contemporains. Mais pour autant, il ne le copie pas. En effet, le jeune mangaka adapte à son époque la tranche de vie à la manière de Kazuo Kamimura plus qu’il ne s’en inspire. Au final Lorsque nous vivions ensemble et Solanin sont deux mangas qui traitent de jeunesse, d’amour, de contestation, d’art et donc de vie en imputant la forme à l’auteur et le fond à l’époque.

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6 réflexions sur “La représentation de la jeunesse de Lorsque nous vivions ensemble à Solanin

  1. sachi3l

    Magnifique article de bout en bout ! Tu sais faire partager ton amour pour ces deux manga et ça se ressent. Lorsque nous vivions ensemble est un prévu dans les prochains achats et j’espère avoir le même ressenti que toi :)

    Grâce à toi, je découvre des œuvres sur lesquels je ne me serai jamais arrièré et je t’en remercie :3

  2. Ping : Critique – Solanin : Il était une fois la jeunesse – Hey World, What Happens ?

  3. KaraiKaree

    superbe analyse ! Vraiment une chouette idée de faire ce rapprochement
    J ai envie de relire les deux oeuvres maintenant (っ´▽`)っ

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