Keijo!!!!!!!! : Hip, Hip, Hip, …

Dis-moi Twitter, qu’as-tu donc de beau à me faire découvrir ?

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©HIRAMOTO Akira / Kôdansha

Tiens, un tweet du site Natalie Comics annonce une adaptation animée du manga Keijo!!!!!!!! – Hip Whip Girl. Ce titre m’est parfaitement inconnu. Voyons voir le site de l’éditeur… oh, une série sportive entièrement dédiée aux fesses !? Voilà qui est très très intére… ssant !

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Désolé jeunes gens, je suis sur un dossier urgent qui ne peut souffrir d’être traité en retard. Merci donc de bien vouloir patien… ter ! – © HIRAMOTO Akira / Kôdansha

***** Mises à jour autour de la version animée *****

Le studio Xebec, en charge de la production de cette série, a diffusé le 24 juillet une première bande-annonce à l’occasion du Tokyo Wonder Festival qui se déroule tous les ans à Chiba. L’anime, constitué de 12 épisodes, a débuté le 6 octobre et s’est terminé le 22 décembre avec une flopée de moments grotesques et abracadabrants qui font honneur à celles déployées dans le manga.

Un second trailer est diffusé lors du Comiket 90 (12-14 août) avec la présentation de l’opening et de l’ending de la série. Le premier, 「DREAM×SCRAMBLE!」 est chanté par AiRI tandis que le générique de fin, 「Fantas/HIP Girlfriends!」, est assuré par les principales seiyuus de l’anime : Lynn (Nozomi), M.A.O (Miyata), Kaede Hondo (Kazane) et Saori Ônishi (Non). Ces deux chansons ont respectivement été mises en vente les 26 et 19 octobre. Par ailleurs, l’ending est vendu avec 4 pochettes différentes représentant chacune une fille de la chambre 309 dans le centre d’entraînement pour devenir keijoka professionnelle.

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Mais quelle est donc cette série dans laquelle notre respectueux proviseur semble totalement s’immerger ? Pour le savoir, nous allons également nous pencher sur les balconnets en béton armé de ces demoiselles dotées d’un déhanché si terrifiant qu’un simple coup de postérieur peut vous expédier 20 mètres plus loin ! J’exagère ? Comme ce manga : complètement !

Avec ses huit mystérieux points d’exclamation, Keijo!!!!!!!! est un shônen de Daichi Sorayomi, prépublié depuis juillet 2013 dans l’hebdomadaire Shônen Sunday aux éditions Shôgakukan. La série y côtoie plusieurs titres notoires dont Silver Spoon, Magi ou encore Détective Conan (à noter que le magazine abritait récemment Area D et Bestiarius). Le 9 février 2016, l’auteur annonce sur son blog l’arrivée de la version animée ainsi que la publication du 10e volume de Keijo!!!!!!!! (18 février). Outre le sentiment d’être devenu un professionnel reconnu dans le milieu, le mangaka s’interroge sur les moyens que l’équipe de production va déployer pour parvenir à retranscrire, aussi bien au niveau de la technique qu’autour de la censure, les scènes « d’asstion » où de jeunes filles se « butt » à tour de « bra » et au « string » des pages. J’en fais trop sur les mots ? Pas plus que cette série qui semble tendre vers un nekketsu extravagant et grotesque…

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L’histoire se déroule de nos jours, à Kobé. Nozomi Kaminashi est une lycéenne de 17 ans (18 ans dans la version animée) aussi talentueuse en gymnastique qu’exempte de modestie et de charité. Un jour, elle est abordée par un de ses professeurs pour intégrer une prestigieuse école située en ville et y parfaire ses talents aux agrès, s’ouvrant ainsi la porte à la renommée internationale et au succès olympique. Quelles gymnastes rêvent d’emporter une médaille d’or et 30.000 euros ? Beaucoup, mais certainement pas Nozomi qui considère cette somme franchement risible et souhaite davantage pour s’extirper de sa basse condition. Elle est en effet issue d’une famille pauvre et a commencé toute petite à faire le coursier (et ainsi se faire les muscles, comme le boxer Ippo) pour rapporter de quoi nourrir son frère et sa sœur, plus jeunes qu’elle. Son père, un magicien itinérant, est rarement à la maison et sa mère ne semble plus être de ce monde. Elle joue donc le rôle de tutrice et tous les trois vivent dans un cloaque tout en espérant ardemment se dépêtrer un jour de ce marasme financier.

Page couleur chapitre 29
©空詠大智・小学館

Elle décide alors de se plonger dans l’apprentissage d’une pratique sportive (fictive) appartenant depuis 2003 à la catégorie des paris sportifs et où l’on peut gagner des millions si l’on parvient à se détacher du lot : le keijo. Le principe est simple : des filles en maillot de bain sont placées sur un espace flottant au milieu d’une grande piscine, le tout entouré de gradins remplis de spectateurs et parieurs essentiellement masculins. Seules ou en équipes, les keijoka (on parle bien de judoka et de karateka) doivent s’affronter et parvenir à faire tomber leur(s) adversaire(s) dans l’eau ou au sol pour remporter le match. Mais pas à n’importe quel moyen : les seules parties du corps autorisées pour attaquer et se défendre sont la poitrine et les fesses. Si les bras, les jambes et les mains touchent l’adversaire debout ou à terre, la keijoka est éliminée. Même sanction si une combattante pose un genou ou une main à terre. Sous ses airs attractifs provoquant quelques fractures de la rétine, ce sport très éprouvant engendre bon nombre de blessures (parfois même allant jusqu’à la mort) et ne doit donc pas être pris à la légère (contrairement aux tenues de combats).

Keijo Kobe Stadium
©空詠大智・小学館

Nozomi passe et remporte un test contre Miyata, une autre aspirante-keijoka issue du monde du judo et aussi avide d’argent que notre protagoniste. Nos deux « rivales », ainsi que 200 autres filles déterminées à faire carrière dans le keijo, s’inscrivent à l’examen d’entrée pour intégrer le centre de formation Keijo Setôchi situé sur l’île Awaji, non loin de Kobé. Les 40 sélectionnées pourront alors apprendre et pratiquer ce sport durant toute une année au cours de laquelle elles voyageront à travers tout le pays pour parfaire leur entraînement et effectuer des matches officiels. Le scénario étant posé, il ne reste plus qu’à le garnir de tests, d’entraînements, de duels, d’amitiés, de coups fourrés, de tactiques géniales, de surprises, d’échecs, de joies, de frustrations, de fanservice acrobatique, de paris astronomiques et surtout de combats tous aussi improbables les uns que les autres !

120 chapitres plus tard, force est de constater que la série parvient à tenir et retenir l’attention uniquement sur des attaques de postérieurs et de buffets. La monotonie pourrait guetter la trame mais ce serait vite oublier que l’on se trouve dans un shônen avec tous les codes graphiques et les ingrédients scénaristiques qui le composent, lui permettant de varier son éventail et ainsi conserver sa popularité. Plus on avance dans la série, plus l’auteur élabore des techniques et des entraînements qui poussent Maurice dans des situations qui n’ont rien à envier à celles observées dans Captain Tsubasa ou encore Hajime no Ippo (arrachage de navets, combats contre des lutteurs de sumo, poissons dresseurs de chikubi, déplacement de blocs de marbre, etc.). Certains coups portés paraissent aussi dévastateurs dans leur déploiement graphique que ceux rencontrés dans des séries comme Saint Seiya (apparition d’animaux/totems liés à une attaque) ou Hokuto no Ken (multiplication des attaques). Toute la série ne tourne pas autour de l’évolution de Nozomi, qui sait combien le talent ne suffit pas pour percer, puisque l’auteur donne du temps d’antenne aux autres filles (notamment Miyata) de la même manière que pour les comparses d’Ippo. Daichi Sorayomi n’hésite d’ailleurs pas à caler ses joueuses sur un schéma similaire à la boxe avec les catégories infighters (Nozomi et Kawai), outfighters (Kazane et Miyata elle, pas lui -) et les counters (Non). Enfin, la plupart des combattantes sont soutenues par des flashbacks salvateurs (« Souviens-toi de ce que je t’ai enseigné… ») et par les copines (eh oui, le pouvoir de l’amitié) depuis les gradins ou au bord du bassin tout en y allant de leurs commentaires techniques et parfois capillotractés (« Bon sang, elle s’apprête à utiliser la technique ancestrale interdite de la torpille hongroise ! Son pelvis va subir des dégâts irréversibles… . C’est dangereux, ne fais pas ça !! »).

Quant aux noms employés pour les techniques, il y a matière à s’amuser pour les traduire. Voici des exemples dénichés dans les chapitres 119 et 120 (divulgâchons, mes bons !) :

  • 反鏡尻 (Hankyouketsu) : « Cul réfesse-chissant »
  • 真空烈尻 (Shinkû Rekketsu) : « Cul Violent du Vide » (dit « cul-bute du Néant »). On notera que le shiri/ketsu (cul) remplace le ken (poing) dans les noms d’attaques rencontrés dans certains shônen d’action.
  • 乳コプター (Chichi Koputâ) : « Nichon-coptère »
  • 最古にして最強の宝尻 (Saiko ni shite saikyô no hôketsu) : « Trésor cul-time et ancestral » (feat. Amènenosfesses III)
  • 最古にして最強の尻技 (Saiko ni shite saikyô no shiriwaza) : « Technique cul-time et ancestrale »
  • 加護を得た尻の槍 (Neito Ketsu Borugu) : « Lance cul-sacrée de Neith« . Au cours du combat, il est dit (et pas avéré, fort heureusement) qu’il s’agit d’une technique issue de la magie noire égyptienne permettant d’esquiver toutes les protections. Le cul prend une forme pyramidale et frappe comme une lance. Le rapport avec Neith ? Aucun, si ce n’est que la forme de l’attaque évoque vaguement la couronne rouge portée par les pharaons de la Basse-Égypte et dont est dépositaire la déesse. Tant qu’à rester dans l’analyse capillotractée, on peut également rapprocher cette lance du Gae Bolga (Borugu) utilisé par Cúchulainn, donc par Lancer… !
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Keijo!!!!!!!! – Toujours plus con, toujours plus haut ! – ©空詠大智・小学館

L’aspect « hip-pique » de ce sport pourrait rebuter certains lecteurs et lectrices très « à cheval » sur l’image de la femme dans le manga (et/ou ayant une aversion prononcée pour le fanservice) : ces gladiatrices en bikini tendraient à donner au tout premier abord une image faussée de pin-up écervelées plongées dans une bataille à posteriori sans fondement de postérieurs pour le plaisir lubrique de spectateurs-parieurs en manque de sensations fortes et qui en veulent pour leur argent. Toutefois, l’auteur parvient assez vite à placer l’aspect pécuniaire au second plan pour se concentrer sur Nozomi et beaucoup d’autres filles en les présentant non pas comme des numéros mais comme des jeunes femmes qui cherchent un sens à leur vie et aspirent à briller dans l’exercice de leur passion (et leur rêve d’être richissimes pour certaines, puisque tout travail mérite rétri-butt-ion).

A présent, laissons les attributs de ces demoiselles s’exprimer au travers d’une palette d’illustrations représentatives du manga :

尻で応えたる!!
©空詠大智・小学館

Quelques tests et entraînements :

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Quelques techniques :

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Quelques clins d’œil et références à des œuvres cultes :

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Si un éditeur français a su bondir promptement sur Kiss My Ass, les chances d’assister en France aux rebondissements dans Keijo!!!!!!!!, un titre « hip-notique », « téton-nant » et parfaitement « ass… umé » qui mérite 5 chairmen, ne sont pas totalement nulles ! L’arrivée de l’anime a eu son petit succès sur la plate-forme de Crunchyroll et a probablement suscité quelques intérêts avec une publication en 2017…  尻で応えたる!!

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D’s©

Un grand merci à C.S. pour son aide dans la traduction de plusieurs attaques !

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18 réflexions sur “Keijo!!!!!!!! : Hip, Hip, Hip, …

    1. Hé hé :)
      122 chapitres très exactement. Ne jamais sous-estimer le pouvoir du mangaka de shônen : faire preuve d’une extravagance illimitée avec 50 Duracell® dans son backpack… !

      D’s©

  1. ialda

    Faut avouer que la manière dont tu t’es investi dans le sujet force l’admiration.

    En plus, j’adore ce genre de jeux de kanjis complètement crétins :D

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